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L’AGOA, l’accord commercial Afrique/États-Unis ressuscité

MEGA/WENN

AFP

2026-02-04T19:22:03Z

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L’accord commercial préférentiel entre les États-Unis et de nombreux pays africains, AGOA (African Growth and Opportunity Act), qui a été réactivé mardi jusqu’à fin 2026, favorise depuis 2000 les exportations africaines vers les États-Unis, maintenant à flot des secteurs entiers des économies africaines.

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Victime collatérale de l’offensive douanière du président américain Donald Trump, l’AGOA n’avait pas été renouvelé avant son expiration au 30 septembre dernier. L’accord a été relancé avec effet rétroactif, c’est-à-dire que les exportations africaines des derniers mois seront finalement également exemptées de droits de douane.

Traitement préférentiel

L’AGOA est une pièce maîtresse des relations commerciales entre les États-Unis et les pays africains.

Lancé en 2000 sous la présidence du démocrate Bill Clinton, il permet aux pays africains d’exporter de nombreux produits vers les États-Unis sans droits de douane, s’ils respectent une série de conditions (pluralisme politique, respect des droits humains, lutte contre la corruption...).

Une trentaine de pays sur la cinquantaine du continent africain bénéficient de l’accord, qui couvre un large éventail de produits allant de l’habillement à l’igname en passant par les voitures.

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En 2024, 8,23 milliards de dollars de marchandises ont été exportées dans le cadre de l’accord, dont 50 % depuis l’Afrique du Sud (automobiles, métaux précieux, produits agricoles) et 20 % depuis le Nigeria (principalement du pétrole et de l’énergie), selon la Commission américaine du commerce international (USITC).

Les principaux secteurs concernés sont les équipements de transport (2,6 milliards de dollars), l’énergie (1,9 milliard), le textile (1,2 milliard), l’agriculture (un milliard) et les métaux et minéraux (800 millions).

Chantage à l’AGOA

L’AGOA est devenu un levier de l’administration Trump pour obliger les pays africains à accéder à ses demandes.

Le ministre des Affaires étrangères du Ghana, Samuel Okudzeto Ablakwa, a admis en octobre que Washington avait notamment conditionné une prolongation de l’AGOA à l’accueil par son pays de personnes expulsées des États-Unis.

La Maison-Blanche a par ailleurs fait savoir à plusieurs reprises que, pour obtenir une prolongation de l’AGOA, «les pays africains devaient également accorder un meilleur accès à leurs propres marchés pour les produits américains».

Même si l’accord est remis sur les rails, la Maison-Blanche a indiqué mardi vouloir travailler avec les parlementaires américains pour «moderniser le programme afin de l’aligner sur la politique L’Amérique d’abord du président Trump».

– L’automobile sud-africaine en première ligne —

L’Afrique du Sud, dont les relations se sont fortement dégradées avec Washington, était confrontée à des milliers de pertes d’emplois avec la fin de l’AGOA et les droits de douane de 30 % qui frappaient ses secteurs automobile et agricole.

Dans le cadre de l’AGOA, Washington exempte de droits de douane les voitures en provenance d’Afrique du Sud. Derrière les métaux précieux, c’est le deuxième secteur d’exportation du pays à destination de Washington, d’après le fisc sud-africain.

Début 2025, Billy Tom, président de l’organisation patronale du secteur (Naamsa), indiquait que 86 000 emplois étaient directement liés à l’accord chez les constructeurs, 125 000 en incluant leurs sous-traitants.

Pretoria est dans le collimateur des États-Unis, qui lui reprochent notamment sa loi sur l’expropriation, considérée par Washington comme discriminatoire à l’égard de la minorité blanche, et sa politique étrangère (plainte pour génocide contre Israël, proximité avec la Russie et la Chine).

Des licenciements

Avant la réactivation de l’AGOA, les économies africaines qui en bénéficiaient étaient orphelines.

Au Lesotho par exemple, le textile, plus grand pourvoyeur d’emplois du pays, était particulièrement affecté. Des centaines d’employés ont manifesté dans la capitale Maseru fin octobre contre les coupes liées aux nouveaux droits de douane américains. Le Lesotho, que le président américain avait qualifié de «pays dont personne n’a jamais entendu parler», a exporté 150 millions de dollars de marchandises dans le cadre de l’accord en 2024.

Au Kenya (575 millions de dollars dans le cadre de l’AGOA en 2024), un fabricant de jeans a annoncé en septembre le licenciement d’un millier de salariés en raison du non-renouvellement de l’accord.

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