Tous les résultats
Publicité

Rangers de New York: Lafrenière, vivre avec une étiquette

Photo portrait de Jean-François Chaumont

Jean-François Chaumont

2022-03-27T04:19:48Z

Partager

Alexis Lafrenière bloque un tir de Danton Heinen dans son propre territoire. Il chasse la douleur en se secouant la jambe droite. Il oublie rapidement son malaise quand Barclay Goodrow récupère une rondelle libre après un tir manqué de Chad Ruhwedel. 

Il y a une chance de relance. Lafrenière lit bien le jeu et il décampe avec Filip Chytil, qui vient de saisir une passe de Goodrow. Les Rangers profitent d’un deux contre un. 

Lafrenière capte le relais de Chytil en fonçant vers Tristan Jarry, avec Ruhwedel qui le pourchasse et Marcus Pettersson qui ne parvient pas à bloquer la menace. Il place la rondelle sur son revers, il sort une petite feinte et il déjoue Jarry entre les jambières.  

Première présence du match, premier but pour Lafrenière. Le numéro 13 célèbre son 14e filet de la saison en serrant dans ses bras ses partenaires de trio, Chytil et Goodrow. 

Les Rangers ont gagné 5 à 1 contre les Penguins, vendredi, au Madison Square Garden. Le premier de classe du repêchage de 2020 a terminé sa soirée en héritant du titre de la troisième étoile de la rencontre. Il a salué la foule avant de remettre une rondelle à un jeune partisan. 

Publicité

« Laffy, Laffy, Laffy », scandaient des fidèles des Rangers. 

C’était exactement le type de soirée que Lafrenière rêvait d’avoir dans l’uniforme des « Blue Shirts ». Depuis ses débuts l’an dernier, à Manhattan, il y a eu de beaux moments, mais probablement pas aussi souvent qu’il l’espérait. 

« C’était bon de marquer à ma première présence, a dit Lafrenière au Journal de Montréal après le match. Après ça, c’est toujours plus facile de réussir des jeux, tu as plus de confiance. Je jouais au sein d’un nouveau trio ce soir et j’ai aimé notre rencontre. »

« Alexis était très bon ce soir (vendredi), a renchéri Gerard Gallant, l’entraîneur en chef des Rangers. J’ai fait de bons changements de trios ! Mais je suis heureux pour Laffy. Comme je l’ai dit l’autre jour, il n’est pas malheureux de se retrouver au sein de ce trio. Il a connu un fort match à l’aile gauche, une position où il se sent mieux. »

La gestion des attentes

Il y a toujours des attentes pour un choix de premier tour. Encore plus pour un premier choix au total. Lafrenière doit jongler avec cette réalité. S’il a un talent indéniable, il n’est pas un talent générationnel comme les Sidney Crosby (2005), Connor McDavid (2015) et Auston Matthews (2016). 

« Il n’y a pas de doute que c’est difficile, a reconnu Gallant, deux heures avant le match contre les Penguins. Alexis a déjà marqué 13 buts (14 maintenant) et il a seulement 20 ans. Ce n’est pas une mauvaise saison. Je dirais même que c’est très bon pour un gars de cet âge. Mais les histoires sont plus souvent négatives. On dit qu’il n’est pas capable d’atteindre un autre niveau. Il y a un bon exemple au New Jersey avec Jack Hughes. C’est à sa troisième saison avec les Devils qu’il a réellement pris son envol. »

Publicité

« Pour moi, c’est une question de temps pour Laffy, a poursuivi l’ancien adjoint de Michel Therrien avec le Canadien. C’est un bon jeune, il travaille fort et il a du talent. Je ne suis pas inquiet, pas une seule seconde. Je me répète, mais il a 13 buts et il ne joue pratiquement jamais en supériorité numérique avec une équipe comme les Rangers. Parfois, il obtient les 20 dernières secondes sur la deuxième vague. C’est sa réalité. Il apprendra, il deviendra plus mature. »

Parfois un fardeau

Après l’entraînement matinal des Penguins au Madison Square Garden, Mike Sullivan a offert une analyse pratiquement identique à celle de Gallant.

« Sans aucun doute qu’un premier choix au total ajoute de la pression, a affirmé l’entraîneur des Penguins. Quand tu te fais repêcher comme premier de classe, ça vient avec des attentes. Parfois, ce n’est pas toujours juste. Mais ça fait partie de la réalité du hockey. Il y a un premier choix au total tous les ans. Que ce soit juste ou non, ça peut parfois devenir un fardeau. Tu restes toujours associé à ça. »

À sa deuxième saison dans l’univers des Rangers et de la LNH, Lafrenière n’a pas le sentiment de crouler sous cette fameuse pression. 

« Je me concentre sur moi, a-t-il répliqué. Je veux agir comme un pro, je m’entraîne fort et je travaille bien lors des entraînements. Je cherche à apprendre des plus vieux au sein de l’équipe. J’aime les regarder jouer et leur poser des questions. »

Publicité

Pour apprendre des plus vieux, le numéro 13 peut regarder en direction de Chris Kreider, un gros ailier et un patineur puissant. À 30 ans, Kreider connaît sa meilleure saison avec les « Blue Shirts ». Il a déjà touché la cible 44 fois et il devrait atteindre le plateau des 50 buts pour une première fois.   

Alexis Lafrenière         

  • 20 ans, ailier gauche  
  • 6 pi 2 po, 196 lb  
  • 1er choix au total en 2020 par les Rangers   

2020-2021   

  • 21 points (12 b, 9 p) en 56 matchs / -7 / 13 min 53 s        

2021-2022   

  • 23 points (14 b, 9 p) en 63 matchs / -1 / 13 min 57 s         

Jack Hughes         

  • 20 ans, centre  
  • 5 pi 11 po, 175 lb  
  • 1er choix au total en 2019 par les Devils   

2019-2020  

  • 21 points (7 b, 14 p) en 61 matchs / -26 / 15 min 52 s        

2020-2021   

  • 31 points (11 b, 20 p) en 56 matchs / -3 / 19 min 04 s        

2021-2022  

  • 52 points (22 b, 30 p) en 45 matchs / -16 / 19 min 34 s         

Derrière Panarin et Kreider      

À l’entraînement, hier matin, à Tarrytown, une banlieue bien tranquille qui borde la rivière Hudson au nord-ouest de Manhattan, Alexis Lafrenière porte un chandail vert. 

Le vert, c’est la couleur du troisième trio. Filip Chytil et Barclay Goodrow ont le même gilet. Pour Lafrenière, c’est un retour à l’aile gauche après une longue audition à l’aile droite aux côtés de Mika Zibanejad et de Chris Kreider. 

Publicité

À son retour sur le flanc gauche contre les Penguins de Pittsburgh, l’ancien prodige de l’Océanic de Rimouski a marqué un but et décoché deux tirs dans un gain facile de 5 à 1. 

« J’étais heureux de revenir de mon côté naturel, a dit Lafrenière après la rencontre. Je peux jouer à l’aile gauche et l’aile droite. Il y a plusieurs options pour nos entraîneurs, nous avons une belle profondeur. »

Quand il parle de profondeur et d’options, le Québécois fait référence à Artemi Panarin et à Chris Kreider. Le premier mène les Rangers avec 74 points et il a un contrat monstre à 11,643 millions jusqu’à la fin de la saison 2025-2026. Le deuxième a déjà marqué 44 buts.  

« Laffy joue du bon hockey, a rappelé Gerard Gallant. Je ne vois pas ça comme s’il passait du premier trio à notre troisième trio. C’est plus qu’il passe de jouer à l’aile droite à l’aile gauche. Il est plus à l’aise à gauche. Je ne peux pas tasser Kreider, qui a la saison de sa vie. Et Panarin, même s’il est droitier, aime mieux jouer sur le flanc gauche.  

« Nous sommes très forts à l’aile gauche, a-t-il enchaîné. Ce n’est pas que Laffy joue mal à l’aile droite, mais nous voulons l’aider en le plaçant de son côté fort à gauche. Nous voulons construire notre équipe. Ce n’est rien contre le jeune. »

La patience

Choix de premier tour (6e au total) des Sénateurs d’Ottawa en 2011, Zibanejad n’est pas devenu un joueur d’impact immédiatement dans la LNH. C’est quand Pierre Dorion a fait la gaffe de l’échanger aux « Blue Shirts » au mois de juillet 2016 dans un pacte pour Derick Brassard qu’il a atteint un autre niveau. 

Publicité

« J’ai déjà été un jeune joueur aussi dans la LNH, a lancé le Suédois avec un sourire dans son visage. Je sais que tu peux te promener au sein de la formation et ce n’est pas toujours facile. Alexis joue bien. Il s’améliore avec plusieurs détails dans son jeu. Il a répondu de la bonne façon vendredi avec un très bon match. Il a joué avec la même énergie et la même passion. C’est un signe qu’il peut aider, peu importe ses coéquipiers de trio. » 

« Laf est incroyable en cette deuxième moitié de saison, il a élevé son jeu, a ajouté le défenseur K’Andre Miller qui habitait avec Lafrenière l’an dernier. Nous aurons besoin de lui en séries. »

Lafrenière a écrit son nom sur la feuille de pointage à ses cinq derniers matchs, récoltant un but et quatre passes. Il s’agit de la plus longue séquence de rencontres avec au moins un point de sa jeune carrière. 

À VOIR AUSSI 

Publicité
Publicité