L’affaire des primes russes va hanter Trump


Pierre Martin
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Des rapports affirment que la Russie a offert des primes aux talibans en Afghanistan pour abattre des militaires américains. Peu importe l’interprétation qu’on en fait, cette affaire est embarrassante pour Donald Trump.
L’affaire a été confirmée par de multiples sources, et même si le président parle d’invention des médias, il est pratiquement seul à nier les faits.
Ces faits sont clairs : les services de renseignement américains étaient au courant des primes versées aux talibans par la Russie ; il est quasi inconcevable que le président Trump n’en ait pas été avisé ; il n’a rien fait.
L’affaire viendra plomber une campagne de réélection déjà chancelante et, comme un conducteur novice dans un banc de neige, Trump s’enfonce davantage avec chaque effort qu’il déploie pour s’en sortir.
Quand Trump a-t-il su ?
Tout revient à la fameuse question posée au sujet de Nixon au temps du Watergate : « Que savait le président et quand l’a-t-il su ? »
Plusieurs reportages corroborent les faits. Les services de renseignement avaient eu vent de ces primes dès le début de 2019 et l’information a été transmise au président.
Le président nie avoir été informé. Qui dit vrai ?
S’il savait
Si Trump a effectivement été informé, ses réactions sont un tissu de mensonges. Ce ne serait pas nouveau de la part d’un président qui a émis des milliers de déclarations fausses depuis son entrée en fonction.
Qu’il n’ait rien fait n’est pas étonnant non plus de la part d’un président qui n’a jamais émis la moindre critique à l’endroit de Vladimir Poutine, laissant libre cours aux spéculations sur la mystérieuse affection qu’il semble vouer à l’autocrate russe.
Si Trump savait, il est complice de la mort de plusieurs militaires américains et alliés aux mains des talibans, mais s’il ne savait pas, ce n’est pas beaucoup mieux.
Même si on accepte la prétention improbable du président, qui dit avoir appris cette affaire en même temps que vous et moi, il en sort écorché.
S’il ne savait pas
D’après certains reportages crédibles, ces primes étaient mentionnées dans des rapports transmis au président. S’il ne les a pas lus, c’est un aveu d’incompétence qui ne l’absout nullement de sa responsabilité.
Si ces données ne lui ont pas été transmises parce que son entourage craignait de l’indisposer avec des renseignements incommodants au sujet de la Russie, cela signalerait une atmosphère pourrie à la Maison-Blanche.
Certains émettent même l’hypothèse qu’on lui aurait caché les renseignements pour éviter qu’il les refile à Vladimir Poutine, ce qui est encore pire.
Quoi qu’il en soit, Donald Trump n’a rien fait pour sanctionner ou même semoncer la Russie avant ou après que cette affaire ait été exposée. Déjà, ses adversaires politiques ont produit des publicités qui le font passer, au pire, pour un traître, ou au mieux, pour un incompétent.
Donald Trump aura beau tweeter et blâmer les médias tant qu’il voudra, cette affaire lui collera à la peau.