Lady Gaga a surclassé Kendrick Lamar!


Jean-Charles Lajoie
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Dans ces mêmes pages ce week-end, je vous disais que je mettrais mon vieux deux dollars sur Kendrick Lamar en vue du 59e Super Bowl. Mon motif : le dégoût que j’éprouve pour les Chiefs de Kansas City et les Eagles de Philadelphie.
Vérification faite, les Eagles ont été impériaux et n’ont surtout pas volé leur titre. Les Chiefs ont lamentablement échoué dans leur tentative d’écrire l’histoire à la faveur de leur meneur Patrick Mahomes. Sauf qu’aussi piètres fussent-ils, je crois que les Chiefs ont quand même été meilleurs que Kendrick Lamar.
Pas que l’icône de Compton, émancipé à partir de cette banlieue pauvre de Los Angeles ait été mauvais, au contraire.
Mais nous sommes en droit de nous attendre sur la grande scène de la mi-temps du Super Bowl à une prestation plus spectaculaire. Personnellement, j’ai envie d’une mise en scène éclatante et éclatée, d’effets visuels et pyrotechniques, j’ai envie que ce soit plus gros que gros. J’ai aussi envie que ce soit inclusif.
Depuis que la NFL a cédé le contrôle de ses mi-temps du Super Bowl à Jay-Z, j’ai davantage l’impression de subir un 13 minutes de propagande que de vivre un moment de défoulement collectif au cœur du plus gros party de football sur la planète.
Comprenez-moi bien. L’énoncé de Kendrick Lamar dimanche soir était fantastique. Sa phrase « La révolution sera télévisée, vous avez choisi le bon moment, mais pas le bon gars » valait à elle seule le quart d’heure. Et que dire de sa charge martelée à l’endroit de son rival Drake qu’il accuse d’être pédophile, Not Like Us au cours de laquelle est apparue en « C.R.I.P. walk » la légendaire Serena Williams, enfant chérie de Compton à l’instar de Lamar mais aussi... ex petite-amie de Drake !
On est loin de 2017
Kendrick Lamar a performé au centre de chorégraphies convenues dans un décor fade et dénudé d’artifices. Dans les faits, Samuel L. Jackson en Oncle Sam lui a volé la vedette. Si sur 13 minutes de concert il y a des longueurs, ledit concert doit être remis en question...
Sur le fond, par son éditorial puissant Kendrick Lamar a confirmé son statut d’icône du hip-hop. L’histoire retiendra qu’il en a même assez fait pour pousser Donald Trump à quitter le stade durant sa prestation, de quoi faire l’envie de Kamala Harris. Premier Rappeur à assurer seul la mi-temps d’un match du Super Bowl, sa performance fut toutefois loin de celle du collectif mené par Dr. Dre et Eminem qui ont tout cassé en 2022.
Et elle fut surtout à des années-lumière de celle de Lady Gaga qui en 2017 a rallié le plus gros audimat télé de l’histoire pour une mi-temps du Super Bowl avec une prestation hors-norme.
Lady Gaga était, dimanche, la tête d’affiche de l’ouverture de FOX à 18 h. Installée au carrefour de la rue Bourbon à La Nouvelle-Orléans, puissante et assumée, elle a performé au piano la chanson Hold My Hand, rendant hommage aux victimes d’épouvantables tragédies aux États-Unis. Introduite par les gloires Michael Strahan et Tom Brady, déployant toute l’émotion et la puissance de sa voix devant des citoyens de tous les horizons, des héros du quotidien, Lady Gaga a incarné ce que doivent être les États-Unis d’Amérique : unis, inclusifs, rassembleurs.
Un grand moment de télévision qui m’a donné envie de revoir la superstar de 5 pieds 2 pouces faire vibrer la planète dans un prochain spectacle de la mi-temps !