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Lâchez les arbitres, ils sont tous pourris

Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2026-04-27T15:30:00Z

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« Se préparer au pire, espérer le meilleur et prendre ce qui vient. »

C’est une sage parole qui vient du philosophe chinois Confucius. Voilà, j’aurai commencé une chronique, une fois dans ma vie, en citant un personnage historique. Comme des chroniqueurs branchés. Ça n’arrivera plus.

Mais ces paroles ont vraiment un lien avec les arbitres et comment j’ai toujours considéré leur travail.

Je me suis toujours dit qu’avec les arbitres, il fallait s’attendre au pire pour ne jamais être déçu.

Je me dis ça pour plein de choses dans la vie, surtout depuis que je suis papa. Et ça rend la vie vraiment plus facile.

Par exemple, quand on a pris l’avion, ma conjointe, nos deux enfants et moi, on s’est attendus au pire. On était prêts au pire. Un a vomi dans le tunnel qui mène à l’avion avant que sa couche ne retienne pas la texture de vous savez quoi pendant qu’il dormait sur ma blonde.

L’autre a vomi partout dans le petit bus de l’aéroport. Bon déjeuner !

Ce n’était pas Guantanamo. Mais c’était un peu chiant. Néanmoins, on était zens, car on s’attendait au pire.

Le bluff intelligent

Mon père ne chialait presque jamais contre les arbitres. C’est à cause de lui, ma façon de voir ça. Il disait que les arbitres étaient pourris dans la LNH, alors il ne fallait pas s’attendre à ce qu’ils soient bons au niveau atome.

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Il bluffait évidemment et ne les trouve pas tous pourris. Mais quand il coachait et disait ça à toute l’équipe et aux parents, ça conscientisait un peu tout le monde. En se disant que les arbitres allaient être pourris, personne n’était surpris si ça arrivait.

J’aurais dû me souvenir de tout ça avant le début des séries du Canadien.

Car les arbitres me fâchent beaucoup. Ma pauvre télé ne mérite pas autant de haine.

Chaque match, il y a eu des décisions incompréhensibles, du côté de Tampa comme du côté de Montréal.

C’est difficile de croire que ceux qui sont censés être parmi les meilleurs arbitres au monde sont aussi mauvais.

Mais si c’est difficile à croire, c’est peut-être parce que, justement, ils ne sont pas pourris.

Que c’est plutôt nous, les pourris, de ne pas reconnaître qu’il s’agit du sport le plus dur à arbitrer.

Pas pourris, au contraire

Ça va beaucoup plus vite que dans les autres sports. Les infractions peuvent être partout, tout le temps. Le jeu n’arrête pas aux 10 secondes. Même durant les arrêts de jeu, il faut continuer d’arbitrer.

Combien de fois vous êtes-vous levés de votre divan, en furie, après une punition pour avoir retenu ? Et au ralenti, vous voyez l’infraction et vous vous rasseyez en prenant une gorgée.

En séries, certains joueurs se gâtent en utilisant leur talent de comédien. Nikita « DiCaprio » Kucherov en est un solide. En direct, on a vu le geste de Jake Evans et on croyait que ce dernier allait être condamné au criminel.

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Et au ralenti, on comprend mieux. C’est impossible qu’un gars aussi solide sur ses patins, comme Kucherov, puisse se faire ramasser autant par un petit coup comme celui d’Evans. Là, on voyait Kucherov sur la glace à bouger ses jambes pour être sûr qu’il n’était pas paralysé. La mascarade s’est poursuivie de longues minutes.

Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

Je regardais ça à Sportsnet, mais il y avait des pubs, alors je suis passé à TVA Sports. Il y avait des pubs, aussi, mais ça parlait en français. C’est ma langue préférée.

Kucherov, le miraculé

Mais finalement, ce n’était pas la fin de la carrière de l’attaquant du Lightning. Après quelques secondes, il était de retour pour le jeu de puissance de son équipe.

C’est ridicule. Mais je me dis que le karma va faire son travail dans un cas comme ça. Ça fait plus meute de rats que meute de loups, ce que fait Tampa pour essayer de gagner, comme m’a écrit mon collègue journaliste politique à Ottawa Guillaume St-Pierre. Une meute de rats, il sait c’est quoi.

Imaginez pour les arbitres. Ça va vite. Ça se donne des coups subtils partout. Ça joue la comédie. Il y a des règles non écrites à respecter. D’autres écrites à respecter, mais qui ne sont pas claires.

Oui, il y a un beau respect entre les joueurs et les arbitres. Mais en série, quand tout le monde vire fou, oubliez ça.

Les coachs, les joueurs et les fans crient des âneries aux arbitres, qui eux aussi doivent se tenir loin des réseaux sociaux.

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