«"La Voix" a brisé les barrières que j’avais» : Isabelle Goulet est en train de «dessiner» son univers musical


Guillaume Picard
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Isabelle Goulet a été emportée dans l’univers de la Britannique Kate Bush, dimanche, à La Voix, en reprenant le succès mondial Running Up That Hill, que la série Stranger Things de Netflix a fait connaître à une autre génération.
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L’artiste de 23 ans, de Mascouche, au nord de Montréal, n’était cependant pas aussi à l’aise qu’elle l’aurait souhaité. C’est que les arrangements avaient été modifiés la veille, à sa demande, et qu’un problème avec son oreillette l’a forcée à se débrouiller pour que les téléspectateurs n’y voient que du feu.
« Je n’entendais pas bien le son de ma voix ni le beat, ce qui a fait que je n’avais pas vraiment de repères et que je n’ai pas pu livrer exactement la prestation que je voulais et que j’avais préparée. J’ai commencé avec un petit décalage. Heureusement que c’était cette chanson, car j’ai pu y aller dans la mélancolie à fond, mais oui, The Show Must Go On ! » a confié Isabelle, qui avait dessiné et confectionné elle-même la robe rouge qu’elle arborait sur scène, le design étant une autre de ses passions.

Isabelle, qui a été repêchée par France D’Amour à l’étape des duels, a reconnu qu’elle n’avait pas été autant « guerrière » que le souhaitait sa coach.
L’artiste, qui œuvre dans la boutique médiévale familiale à titre de gérante et de designer adjointe, s’est inscrite à La Voix pour explorer.

« J’étais dans un moment de ma vie où je me demandais vraiment ce que je voulais faire dans la vie. J’étais à la recherche de mon identité artistique parce que je chante un petit peu de tout, mais là ça se précise. J’aimerais avoir mon style à moi, pas exactement être juste dans le médiéval, le celtique, mais avoir une voix plus contemporaine. C’est encore à découvrir, je suis encore en “fabrication” (rires) », a dit Isabelle, qui, comme les vêtements qu’elle confectionne, est en train de designer la carrière à laquelle elle aspire.
S’extirper de son horaire de 9 à 5 a toutefois nécessité une adaptation pour Isabelle.
« Passer du métro-boulot-dodo au monde du showbizz, pendant les enregistrements de La Voix, m’a forcée à me repositionner. C’était très stressant, mais maintenant j’ai plein d’outils et je me sens plus forte », a souligné cette amoureuse des chanteuses Loreena McKennitt et Enya, qui a mis en chantier un spectacle qu’elle aimerait présenter incessamment.
« Je veux vraiment me lancer dans la musique. La Voix a alimenté la flamme parce qu’on dirait que je ne croyais pas totalement à la possibilité de faire carrière. Pour moi, ça pouvait rester un passe-temps, mais La Voix a brisé les barrières que j’avais et j’ai le goût de voir où tout ça va m’emmener. »
Isabelle n’écrit pas encore – c’est un projet qu’elle caresse –, mais quand elle sera prête à plonger, elle souhaite créer du matériel dans la langue de Vigneault.
« Ce serait bien d’apporter du français dans mon univers médiéval contemporain, car j’aime beaucoup ma langue. »
Dimanche, France D’Amour a choisi de garder Isabelle et Gabrielle Nesse à la chaise musicale des qualifications. C’est Zac Provençal, 17 ans, de Lac-Etchemin, qu’elle a choisi de laisser aller.