La vie est trop courte pour se priver d’un match 7
Vous avez rendez-vous spécial lundi soir. Un rendez-vous comme vous n’en avez pas souvent. C’est le plus beau moment du sport

Jean-Nicolas Blanchet
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Votre lundi soir sera plus l’fun que prévu. Je vous le garantis.
Cela fait un mois que vous retardez le moment de passer votre balai à gazon ? Vous savez, le gros rouleau qui donne tellement mal dans le dos. Bien, ce ne sera pas lundi.
Vous procrastinez au lieu d’aller remplir vos deux bonbonnes de propane ? Ce ne sera pas lundi.
Il faut refaire le maudit paillis de vos plates-bandes ? Ce n’est surtout pas lundi que ça va se faire.
Car vous avez rendez-vous spécial lundi soir. Un rendez-vous comme vous n’en avez pas souvent. C’est le plus beau moment du sport : un match numéro 7.
Vous voyez, j’essaie de voir les choses positivement.
Sweet Caroline
Soyez certain que je suis autant en beau joualvert que tous les fans du CH.
J’étais prêt en batinse à faire ma valise et à m’envoler vers la Caroline. Gros soleil. Entre 30 et 33 degrés. Les partisans font des gros tailgates avant les matchs. Je me voyais déjà en train de tout vous raconter ça. Je partais lundi, tout était réservé avec la possibilité d’annuler.
J’étais au Centre Bell pour ce sixième match. Ça respirait la confiance. J’ai croisé le plus grand fan des Sabres, Martin Biron. Même lui n’avait pas trop l’air confiant.
On a vu les images aussi dans l’aréna et dans les rues de Buffalo après la victoire convaincante du Canadien, jeudi. Les Montréalais semblaient avoir éteint les Sabres et même être devenus propriétaires de l’équipe.
Tout était là pour une soirée parfaite à Montréal. Mais, c’était quasiment trop parfait. Comme quand tu n’entends pas trop tes enfants durant 5 minutes et que tu réalises qu’un d’eux est en train de faire un trou dans le mur pour se faire une cachette (ça m’est arrivé récemment).
Le mirage
Et la soirée est partie comme dans un rêve pour les partisans. Trois buts en quatre tirs, dont un boulet d’Ivan Demidov qui a failli détruire le filet. Le gardien des Sabres était chassé du match. Le party était pogné.

Mais c’était un peu un mirage ces trois buts. Les Sabres étaient aussi menaçants.
Puis, il est arrivé ce qui arrive dans une bonne série avec deux bons clubs. Car il faut le rappeler. C’est tout un club de hockey, Buffalo. Martin St-Louis l’a d’ailleurs rappelé samedi, quand tout le monde cherchait à comprendre le match difficile de sa troupe.
Le vent a tourné et le Canadien s’est mis à l’avoir dans la face comme un chihuahua qui sort sa tête de l’auto.
Jack Quinn a montré que le tir sur réception de Demidov n’était pas si impressionnant, finalement.
Rasmus Dahlin s’est mis à contrôler le jeu comme s’il avait une manette de PlayStation.

On a commencé à voir des lacunes qu’on refuse peut-être de voir depuis le début de cette série.
À part le trio de Demidov, Alex Newhook et Jake Evans, qui a été splendide, le reste des unités a connu une pénible soirée à 5 contre 5. À la gang, ils ont obtenu deux chances de marquer. C’est trois de moins que le trio d’Evans.
Ajoutez à ça quatre buts des Sabres en avantage numérique et l’affaire était ketchup pour Buffalo.
Même s’il a été chassé du match, Jakub Dobes n’a pas été mauvais. Il a même été solide à plusieurs reprises dans la première moitié du match.
Un rendez-vous de rêve
Mais bref, on peut sombrer et se dire que ça aura été un beau chemin quand même, au-delà des attentes, de s’avouer vaincu au 7e match du deuxième tour.
Ou on peut se dire que cette équipe va nous donner un spectacle jusqu’à la limite. Et qu’on va encore avoir du méchant fun lundi.

J’ai 38 ans, et ce sera la 11e fois que je pourrai voir un 7e match du Canadien. C’est arrivé 25 fois dans leur histoire. Voilà pourquoi je vous dis que c’est un rendez-vous qu’on est gâté d’avoir.
Le CH a gagné 16 de ses 25 septièmes matchs. Les Sabres en ont remporté un sur sept.
Vous allez me dire que ça ne veut rien dire. Je sais, désolé.
Ce qui veut dire quelque chose, en revanche, c’est que le Canadien a torché les Sabres trois fois en six matchs durant cette série. Les jeunes Sabres apprennent sur le tas. Ils ont souvent été capables de pire et pas souvent du meilleur, sauf samedi.
En remettant les compteurs à zéro pour un mythique septième match, j’ai tendance à favoriser le club qui a eu le dessus dans la série, et c’est le CH. Et si Montréal gagne, ça va avoir encore meilleur goût.