La nouvelle vie de Martin Brodeur entre le New Jersey et St. Louis
Il a choisi sa famille avant tout


Dave Lévesque
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NEWARK | Martin Brodeur n’est pas ministre, mais il a fait comme Lionel Carmant et a choisi sa famille quand il a eu à prendre une décision professionnelle.
Le gardien québécois a disputé vingt saisons avec les Devils du New Jersey et seulement sept matchs avec les Blues de St. Louis, à sa toute dernière année dans la LNH et, pourtant, c’est dans le Missouri qu’il a choisi de faire sa vie après le hockey.
Il y a bien sûr le fait que le directeur général Doug Armstrong lui a offert un poste de conseiller quand Brodeur a pris sa retraite en 2015, mais quand il est rentré au bercail en retournant chez les Devils, en 2018, il est resté dans le Midwest.
«Ma femme était toujours la femme de Martin ici, au New Jersey, confie-t-il lors d’un généreux entretien dans un Prudential Center désert à quelques heures d’un match contre le Canadien. On a tellement bâti notre vie à St. Louis. Elle a été gérante de l’équipe de hockey, à l’école, elle travaillait à la librairie et elle s’est bâti un très grand cercle d’amis.
«Gen peut être Gen là-bas, alors je ne vais pas déménager ici pour la rendre malheureuse. Et mon fils avait déjà commencé l’école. Il est arrivé là à 4 ans, il s’était fait des amis et avait commencé à jouer au hockey.»
Dans ses bagages
Martin Brodeur voulait donc être maître de son temps quand il a accepté un poste de vice-président du développement des affaires en 2018. Deux ans plus tard, il est devenu vice-président des opérations hockey quand Ray Shero a été congédié et que Tom Fitzgerald est devenu président et directeur général.
«Il a été question qu’on déménage ici, mais j’ai commencé par essayer les déplacements et c’est super le fun ce que je fais», raconte Brodeur avec sa dégaine détendue habituelle.
«C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de revenir au New Jersey, j’ai plus de flexibilité. J’ai un petit gars de 15 ans et c’était important pour moi d’être là.
«Je n’ai pas eu la chance de vivre des expériences d’adolescence avec mes autres enfants parce que je jouais, j’étais en plein milieu de ma carrière. Je n’ai pas pu profiter des moments quand ils ont commencé à conduire, quand ils sont entrés à l’école secondaire [...]. [Je n’ai pas pu] aller voir leurs matchs de hockey scolaire.»
Brodeur passe habituellement quatre jours par semaine à Newark et il rentre à St. Louis pour le week-end: c’est un vol de 1h45 dans un sens et de 2h10 dans l’autre. Avec le recul, on se dit que ce sont des publicités pour une compagnie aérienne qu’il aurait dû faire plutôt que pour une entreprise de location d’autos.
Comme à la maison
Brodeur a expliqué comment sa conjointe s’est rapidement enracinée à St. Louis, mais lui aussi y a vite trouvé son compte.
«St. Louis, c’est le plus gros réseau d’anciens de la Ligue nationale. Tous les joueurs qui ont joué ici reviennent.»
S’ensuit une enfilade de noms bien connus du monde du hockey qui gravitent autour de Brodeur dans cette ville qui semble plutôt tranquille quand on ne la connaît pas.
«Je joue au golf avec Chris Pronger, Keith Tkachuk, Scott Mellanby et Barret Jackman. Mon voisin c’est Andy McDonald. Doug Armstrong n’habite pas loin, Al MacInnis habite à cinq minutes de chez moi. Même si je ne connaissais pas la ville, j’ai été capable de me faire des amis rapidement.»