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La Victoire niaise encore avec les Québécoises

Photo portrait de Patric Laprade

Patric Laprade

2025-12-13T15:48:19Z

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Il y a quelques semaines, je vous parlais de la gardienne de but Tricia Deguire qui, à ma grande surprise, n’avait pas été choisie comme troisième gardienne avec la Victoire de Montréal. Je parlais d’un manque de respect étant donné que Deguire avait dépanné l’équipe la saison dernière au moment où Ann-Renée Desbiens s’était blessée. 

Ce manque de respect a continué cette semaine.

En effet, il m’a été permis d’apprendre que la Victoire a demandé à Deguire de venir dépanner l’équipe à l’entraînement.

C’est que la LPHF est en pause internationale et que Montréal a vu deux de ses gardiennes, Ann-Renée Desbiens et Sandra Abstreiter, être choisies pour représenter leur pays respectif. On avait donc besoin d’une autre gardienne pour accompagner Megan Warrener lors des pratiques. S’entraîner avec juste une gardienne n’est pas l’idéal.

Une fois de plus, c’est donc vers Tricia Deguire qu’on s’est tourné et je dois vous dire, ça m’a fâché. Je ne pouvais pas croire qu’on avait eu le culot de lui demander de revenir après lui avoir claqué la porte au nez.

C’est l’équivalent de rompre avec ta blonde, mais de la rappeler trois semaines plus tard pour t’aider avec ton ménage parce que ta nouvelle blonde est en voyage d’affaires.

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C’est pas cool.

100$ par entraînement

Originaire de Sherbrooke, l’athlète de 28 ans était un peu à la croisée des chemins cette saison. Puisqu’il n’y a pas de ligue de développement et qu’il est presque impossible pour une gardienne de se trouver du travail en Europe rendu au mois de novembre, Deguire, comme bien d’autres joueuses de hockey, est tout simplement retournée sur le marché du travail après avoir été retranchée.

Et malheureusement, cette fois-ci, sa carrière professionnelle ne lui permettait pas, à quelques jours d’avis, d’aider l’équipe.

Surtout qu’une joueuse qui vient seulement s’entraîner avec la Victoire est payée 100$ par pratique. À raison de quatre entraînements par semaine, moins l’essence pour les aller-retour Montréal-Sherbrooke, ça ne remplace pas un salaire de base. Sans Deguire, Montréal s’est tournée vers les gardiennes de l’équipe nationale de l’Italie, qui sont en ville afin de se préparer pour les Olympiques.

C’est pratique une Québécoise

Et le tout m’a fait questionner sur les intentions de l’équipe envers certaines Québécoises.

Était-ce le plan à l’interne? Mettre sous contrat l’Ontarienne Warrener à un contrat régulier sachant qu’on pourrait toujours compter sur la bonne Québécoise pour dépanner en cas de besoin?

Si on a le choix entre une Américaine et une Québécoise, est-ce qu’on signe la première sachant qu’il est plus facile de convaincre la Québécoise d’être réserviste?

Le salaire des réservistes est peu élevé, mais les Québécoises peuvent compenser avec un emploi à temps partiel. Elles ne jouent pas souvent, mais font partie de l’équipe et peuvent la représenter dans des entrevues, cérémonies ou séances d’autographes.

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C’est pratique avoir des Québécoises sur la liste des réservistes.

D’ailleurs, neuf des 11 réservistes dans la courte histoire de l’équipe ont été des Québécoises.

Une équipe-école 100% Québec

Je le dis et je le répète, l’organisation montréalaise a une certaine responsabilité dans le développement du hockey féminin au Québec et en ce moment, trop de Québécoises se retrouvent dans une situation défavorable.

Je lance une idée comme ça.

Pourquoi ne pas innover du côté de Montréal et d’avoir son propre club-école, et ce, même si la LPHF n’y est pas impliquée. En faire un projet de société, dans lequel on pourrait trouver des investisseurs qui permettraient à des Québécoises de continuer à jouer.

Parce qu’en ce moment, une Québécoise qui termine sa carrière universitaire, qui n’est pas sous contrat avec une équipe de la LPHF et qui ne veut pas s’expatrier en Europe n’a pas d’options à part les ligues de garage.

Une équipe-école pourrait jouer des matchs d’entraînement face à la Victoire lorsque l’équipe est en pause pendant 10 ou 12 jours. Elle pourrait jouer des matchs d’exhibition contre des équipes universitaires, féminin comme masculin. Ou comme ce serait le cas en ce moment, jouer des matchs hors-concours contre l’équipe nationale de l’Italie.

Tricia Deguire, Audrey-Anne Veillette, Catherine Daoust, Brooke Stacey, Lillian Perreault, Gabrielle David, Brigitte Laganière, Élizabeth Giguère, Rosalie Demers, Laurianne Rougeau, Maude Poulin-Labelle, Jessika Boulanger, les sœurs Philbert, Mélodie Daoust, Christine Deaudelin, Sarah Lefort, Kristina Shanahan, Rosalie Bégin-Cyr, Alexandra-Anne Boyer, Maude Pépin.

Toutes des Québécoises qui ont joué ou flirté avec le professionnel. Toutes des Québécoises qui ne jouent plus ou qui ne jouent pas en Amérique du Nord en ce moment.

Ça commence à faire du monde à messe!

Pensez-y.

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