La Victoire au Centre Bell: un match toujours aussi spécial


Patric Laprade
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Le Centre Bell n’accueille peut-être plus les fantômes qu’on retrouvait au Forum de Montréal à l’époque, mais l’édifice demeure tout de même très spécial.
C’est l’amphithéâtre qui a vu Saku Koivu revenir d’un cancer. L’amphithéâtre qui a explosé pour Georges St-Pierre lorsqu’il a regagné son titre de l’UFC. Et bien sûr, l’amphithéâtre qui a vu tant de grands moments de hockey, comme le 100e anniversaire des Canadiens de Montréal ou, plus récemment, le match de la Confrontation des 4 nations entre le Canada et les États-Unis.
L’an dernier, le Centre Bell a également tenu son premier match de la LPHF et a créé un autre grand moment lorsque plus de 20 000 personnes ont offert à la capitaine de Montréal, Marie-Philip Poulin, une ovation dont tout le monde se souvient encore.
« Quand ils ont annoncé Pou (Marie-Philip Poulin), j’ai dû contrôler mes émotions, a expliqué l’entraîneuse-cheffe Kori Cheverie après une séance d’entraînement plus courte que d’habitude vendredi matin. Parce que vous savez, j’ai tout vu. J’ai tout vécu. J’ai vécu tous les moments du hockey féminin depuis que je suis tombée amoureuse du hockey. Et donc, d’être à ce moment-là, c’était comme si je pouvais le ressentir pour elles, parce que j’en rêvais toute ma vie. »
La vétérane Laura Stacey était sur la formation partante l’an dernier contre Toronto et c’est un souvenir dont elle se souviendra à jamais.
« Je n’oublierai jamais ma première présence sur la glace du Centre Bell. Moi, Kristin (O’Neill) et Marie (Poulin) étions sur la même ligne et nous avons littéralement eu une présence de 15 secondes. On a tout donné, nous sommes toutes revenues au banc et nous avons dit ‘Oh mon Dieu!’ Nous ne pouvions plus respirer. Il s’est passé tellement de choses, tellement d’émotions. Surtout après cette ovation que Marie a reçue lors de la présentation de l’alignement partant. C’était incroyable. On voyait des gens pleurer dans les gradins. Je pense que nous étions tellement remplies d’émotions que nous n’avions aucune idée de ce que notre corps faisait là-bas. Donc, nous nous sommes dit, ok, faut respirer profondément. Et honnêtement, une fois cette première présence complétée, nous nous sommes toutes assises sur le banc, nous en avons parlé, nous avons exprimé nos sentiments et nous nous sommes dits d’accord, maintenant c’est un match de hockey, rien n’est nouveau. Gardons la tête et le cœur entre les bandes et concentrons-nous sur le jeu. »
Rien à voir avec la Suède
De nouvelles venues comme Jennifer Gardiner et Lina Ljungblom font partie d’un groupe de 10 joueuses qui n’ont pas eu la chance de vivre ce match l’an dernier.
« Oui, j’ai l’impression que, d’après ce que j’ai entendu, c’est l’édifice le plus bruyant dans lequel certains joueurs ont joué, a déclaré Gardiner, qui était sur la glace du Centre Bell la semaine dernière pour le concours d’habiletés en compagnie des joueurs des Canadiens de Montréal. Donc, je m’attends à ce que Montréal apporte toujours et c’est un environnement incroyable à chaque match. Et, oui, nous savons que l’endroit va vibrer et nous espérons que nous pourrons offrir un bon match aux partisans là-bas. »
Avant de se joindre à la LPHF, la plus grande foule devant laquelle Lina Ljungblom a joué en Suède était d’environ 6 000 partisans. Toute une différence avec ce qui se passera samedi.
« Je pense que nous essayons simplement d’en profiter. Il y avait beaucoup de partisans là-bas l’an dernier et j’ai entendu dire qu’ils étaient vraiment bruyants. Je pense que si je me prépare différemment, cela va devenir plus gros dans ma tête que ça ne le sera en réalité. Je dois essayer de jouer un bon match et aussi essayer d’en profiter parce que c’est une très grande opportunité de jouer ce match. »
« C’est normal de prendre un moment et de l’absorber! »
Bien qu’elle ait été là l’an dernier, Laura Stacey réalise que le match au Centre Bell est quelque chose de spécial pour tout le monde. Même si en fin de compte, l’objectif demeure le même : gagner un match de hockey!
« Je pense que nous sommes toujours excitées pour ce genre de matchs. C’est un autre match, mais jouer devant une telle foule, cela nous donne encore des frissons quand on pense à l’an dernier. Nous allons être dans le moment présent, nous allons tout absorber, nous allons regarder autour de nous lors de l’échauffement, nous allons en profiter. Et puis, lorsque la rondelle va tomber, nous savons que nous jouons contre Boston. C’est une bonne équipe. Trois points sont en jeu et chaque point compte. Donc, en fin de compte, c’est un autre match de hockey.
En tant que représentante des joueuses et membre du groupe de leadership, Stacey a été questionnée sur ce match par certaines de ses coéquipières et ses conseils ne pourraient être plus sages.
« Je pense que tout le monde l’a vu en ligne, tout le monde en a entendu parler. C’était assez difficile de manquer ce match l’an dernier. Et c’est normal de prendre un moment et de l’absorber, de regarder dans la foule, de voir les pancartes, d’avoir ces frissons, d’avoir ces papillons. Ce sont tous de bons sentiments. Cela signifie que vous êtes excitées, cela signifie que vous le voulez. C’est comme, allez-y, absorbez tout, regardez dans la foule, trouvez votre famille, voyez ces quelque 20 000 partisans dans les gradins, absorbez tout. Et puis, dès que la rondelle tombe, respirez profondément. C’est le même jeu que nous pratiquons depuis que nous sommes enfants. C’est le même jeu que nous aimons. Allez-y et jouez comme vous êtes capables, parce que rien ne change une fois que la rondelle tombe. »
Est-ce que Dubois et Laskova joueront?
Pour une rare fois cette saison avant un match, Kori Cheverie a donné quelques informations sur le statut de deux de ses joueuses et si elles vont jouer au Centre Bell demain, soit Catherine Dubois et Dominika Laskova.
« Dubois portait un chandail blanc, donc c’est positif pour nous, a déclaré Cheverie avec un sourire aux lèvres. Elle nous aide sur la glace, mais je ne vous dirais jamais la formation auparavant. Les joueuses ne le savent même pas en ce moment. »
Malgré tout, le sourire sur le visage de Cheverie a fait croire aux journalistes sur place que Dubois jouerait. La coach de la Victoire ne montre généralement aucune émotion lorsqu’elle parle des joueuses blessées et de leur statut.
En ce qui concerne Dominika Laskova, qui ne se trouve plus sur la liste des blessées, mais qui n’a pas encore joué, la question a été posée différemment.
« Penses-tu que le match du Centre Bell serait le bon match pour la ramener? »
Et la réponse de Cheverie semble indiquer qu’elle ne lancera pas sa joueuse de défense dans la mêlée.
« Probablement pas. Elle n’a pas encore joué un match, alors peut-être que la mettre dans une situation où ce sera le match le plus bruyant et le plus important de l’année ne l’aidera probablement pas. Donc, nous verrons. La formation n’est pas encore déterminée. »