«La terre, quand elle t’appelle, tu ne peux plus t’en passer»: l’horticultrice Marthe Laverdière a trouvé le mode de vie qui la rend heureuse
À 62 ans, la populaire horticultrice veut partager le bonheur de jardiner, qu’elle estime à la portée de tous

Anouk Lebel
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Plonger les mains dans la terre, manger un sandwich avant d'aller au lit, apprécier la beauté du monde: des Québécois ont trouvé leur bonheur dans une panoplie de petites et grandes choses. Voici une série de témoignages pour vous inspirer.
Elle parcourt le Québec avec un spectacle acclamé du public, elle a sa propre émission de télévision et elle a publié dix livres... Mais ne vous trompez pas: c’est en se mettant les mains dans la terre que l’horticultrice Marthe Laverdière a trouvé le bonheur.
«La terre, quand elle t’appelle, tu ne peux plus t’en passer. Ce n’est pas un passe-temps, ce n’est même pas un métier, c’est une façon de vivre», résume celle qui partage ses conseils horticoles publiquement depuis quelques années.
«On peut courir après le prestige, l’argent, mais ce n’est pas ça qui amène la paix et le bonheur [...] Le show, les abonnés, mon émission, ça peut arrêter demain. Mais le contact que j’ai avec la terre, je peux l’avoir jusqu’à la fin de ma vie. Même si je suis rendue juste avec un petit pot de fleurs», ajoute Marthe Laverdière.
La touche-à-tout de 62 ans n’est jamais plus heureuse que chez elle, à Armagh, dans la région de Chaudière-Appalaches, à plus de trois heures de route de Montréal, parmi les chants des oiseaux. Et elle croit fermement que le bonheur de jardiner est à la portée de tous.
«Même en appartement, avec un petit balcon, tu peux faire quelque chose», insiste celle qui partage sa vie avec son amoureux, surnommé «minou», depuis 47 ans.
De comptable à horticultrice
La grand-mère de huit petits-enfants manque de mots pour décrire tout ce que le jardinage lui apporte. Elle évoque la patience et la capacité à s’émerveiller de tout: une fleur qui ouvre, le printemps qui arrive, l’odeur du sol...
«Je suis une maniaque. L’automne, quand je me promène et que je vois des fleurs qui donnent leurs graines, je les ramasse. J’ai toujours des petites enveloppes dans mes poches. Au printemps, je les sème. La vie, elle est partout, c’est ça qui est beau!» s’enthousiasme-t-elle.
«Quand tu mets tout ça ensemble, tu ne peux pas passer à côté du bonheur», croit-elle sincèrement.

Mme Laverdière n’a pas toujours semé et planté. Avant d’acheter ses serres sur un coup de tête, à 24 ans, elle était... comptable en recouvrement.
«C’était l’enfer au pluriel. Tu te fais haïr tout le temps. Il y a de quoi virer fou», dit-elle.
Plus jeune, elle ne savait pas jardiner. Mais elle a appris avec un cours d’horticulture, en se collant près de ceux qui avaient déjà reçu l’appel de la terre. Depuis près de 40 ans, elle ne peut plus se passer de ce contact avec la vie.

Revenir à l’essentiel
C’est d’ailleurs la terre qui l’a aidée à se remettre d’une grave dépression, dans les années 2000.
«Je voulais être la femme parfaite dans toutes les sphères de ma vie. C’était complètement stupide. La terre me ramenait toujours à l’essentiel» souligne la communicatrice.
«La terre, c’est des petites choses, avec beaucoup de patience et de respect. C’est une des seules choses dans ta vie qui ne t’est jamais enlevée», dit-elle.