«La température a le dos large, mais c'est réellement une question d'entretien.» : que faire de tous ces nids-de-poule au Québec?
Équipe Salut Bonjour
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De plus en plus nombreux sur les routes du Québec, les nids-de-poule rendent les déplacements plus complexes et causent bien des maux de tête aux automobilistes et aux piétons. Alan Carter, professeur au département de génie de la construction de l’ÉTS et codirecteur du Laboratoire sur les chaussées et matériaux bitumineux était avec nous pour parler de la situation.
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Est-ce que c'est un début de saison qui est tôt? Est-ce qu'on est habitués de voir ce genre de chaussée-là en début d'année?
«Non, c'est tôt. Honnêtement, on ne devrait pas en avoir autant que ça, mais il y eu un redoux, on ne contrôle pas la température. Ce qui fait que oui, c'est peut-être un peu tôt, mais ce n'est pas si exceptionnel que ça. On a déjà vu ça à ce temps-ci de l'année. Les villes, Montréal et autres, sont habituées à ça, peut-être pas préparées autant qu'on voudrait, mais habituées.»
Est-ce qu'avec la météo des dernières semaines/mois, ce genre d'images [voir vidéo] est inévitable?
«Avec l'état des chaussées qu'on a actuellement, un peu, malheureusement. Mais ça pourrait être totalement évitable parce que pour avoir un nid-de-poule, il y a fallu qu'il y ait une dégradation, un problème avant ça qui a laissé rentrer l'eau. Donc, s'il n'y avait pas de problème, si la chaussée était en bon état, d'abord, on aurait pas un nid-de-poule qui est la version finale. Si les chaussées étaient mieux entretenues «point», et bien la problématique des nids-de-poule serait pour ainsi dire disparue.»
C'est l'entretien que l'on fait mal ou c'est la construction de nos routes ou un peu des deux?
«La construction ont la fait bien. Les matériaux qu'on utilise sont bons. On est totalement comparables à ce qui se fait ailleurs, il n'y a pas de problème. On en met beaucoup sur la température, la température a le dos large, mais c'est réellement une question d'entretien. C'est pas nécessairement évidemment de toujours mettre de l'argent là-dedans, mais il faut en mettre plus. On a un retard d'entretien qui est énorme et c'est juste ça. Ça fait énormément d'années qu'on n'a pas fait ce qu'il fallait. Là, on paie pour.»
Peut-être parce que c'est moins «sexy» d'annoncer de l'entretien que la construction de nouvelles routes?
«Exactement. Honnêtement, on ne devrait pas en faire de construction de nouvelles routes. Il n'y a pas de raison de faire ça au niveau du développement durable. Oui, une petite route dans un quartier résidentiel, des choses comme ça, mais des axes majeurs, on ne devrait pas en avoir. On est une relativement petite population au Québec, avec un très grand réseau, si on regarde le kilomètre de route par personne, ça nous en fait beaucoup à payer. Il faut entretenir ce qu'on a, il faut s'occuper de ce qu'on a avant de vouloir faire autre chose. On ne le fait pas ou on le fait mal. Mais c'est vrai pour tout, on regarde les ponts, on regarde les immeubles (...) c'est une question d'entretien. Ça appartient à tout le monde donc ça n'appartient à personne, on ne met pas d'argent là-dedans.»