La survie d'une PME sur cinq menacée par la guerre commerciale

Agence QMI
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Les tarifs douaniers coûtent cher aux petites et moyennes entreprises (PME) canadiennes, dont la marge de manœuvre se rétrécit après une demi-année de guerre commerciale avec les États-Unis.
De nouvelles données de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) révèlent qu’une PME sur cinq devra mettre la clé sous la porte d’ici six mois si la situation entourant le conflit tarifaire perdure. Plus du tiers d’entre elles (38%) ne survivraient pas au-delà d'un an.
Près d’une PME canadienne sur deux (48%) rapporte une baisse de ses revenus depuis six mois, tandis que 62% ont vu leurs dépenses augmenter.
Durement touchées par les tarifs douaniers américains et canadiens sur l’acier et l’aluminium (59%) et les contre-tarifs canadiens (58%), ces entreprises «devront prendre des décisions difficiles si rien ne change», plaide Michelle Auger, analyste principale des politiques à la FCEI.
De plus, près du tiers des PME canadiennes seront touchées par l’élimination de l’exemption de minimis, qui permettait d’exempter de droits de douane les marchandises d'une valeur de 800$ ou moins exportées vers les États-Unis. Cette mesure sera suspendue dès le 29 août prochain.
«Le pire scénario pour le Canada serait de conclure un accord défavorable avec les États-Unis, mais l’incertitude à laquelle les propriétaires de PME sont confrontés depuis six mois n’est pas un meilleur scénario», ajoute-t-elle.
Comment freiner la chute?
Plusieurs options pour soutenir les PME dans le contexte économique actuel ont été proposées par la FCEI, comme la réduction temporaire du taux fédéral d’imposition des petites entreprises à 0%, ou une remise inspirée de modèles précédents, comme celle sur la taxe carbone, souligne Mme Auger.
Par ailleurs, une forte majorité d’entrepreneurs (82%) soutient qu’Ottawa devrait réinjecter les revenus générés par les contre-tarifs dans les PME canadiennes touchées directement et indirectement par la guerre commerciale.
«Le Canada ne pourra pas résoudre sa crise de productivité sans donner plus de moyens à ses entrepreneurs», affirme Simon Gaudreault, économiste en chef et vice-président de la recherche à la FCEI. «Si le gouvernement veut bâtir une économie canadienne unifiée, il doit s’assurer que les PME fassent partie de la solution en les soutenant pour compenser le coût des tarifs», poursuit-il.
En avril dernier, Ottawa a lancé le Crédit pour les grandes entreprises touchées par les droits de douane (CGETDD), un programme de 10 milliards de dollars destiné aux sociétés touchées par les tarifs américains dont le chiffre d’affaires canadien atteint 300 millions ou plus et qui nécessitent un prêt minimal de 60 millions de dollars.