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La solution de Camille Estephan pour ramener des foules monstres au Québec

Photo VINCENT ETHIER
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2025-09-13T04:00:00Z

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LAS VEGAS | On peut bien avoir les boxeurs les plus prometteurs au monde, les plus gentils, les plus spectaculaires, les plus divertissants ou même un gars avec trois bras... Ça ne permettra pas d’attirer 15 000 personnes pour un gala de boxe au Québec, comme dans le temps.

«Au Québec, ça prend un winner», tranche Camille Estephan, président d’Eye of the Tiger (EOTT) et promoteur de Christian Mbilli.

Je l’ai rencontré jeudi matin et j’ai déjeuné avec lui. Il m’a payé un yogourt. Je déclare donc cette apparence de conflit d’intérêts s’il y avait des caméras. Mais j’ai juste pris la moitié du miel.

La boxe est en santé au Québec, à son avis. EOTT organise plusieurs galas auxquels les mordus de boxe se déplacent. Son écurie compte plusieurs prodiges. Mais le grand public ne suit pas comme avant.

Ça prend des victoires

Selon lui, c’est parce que dans la boxe au Québec, plusieurs boxeurs ont failli à la tâche lors de grands moments. «Dès qu’on aura un vrai winner, tu vas voir, les 10 000, 15 000 et 20 000 personnes vont revenir», ajoute le promoteur québécois, qui y est allé de plusieurs déclarations patriotiques durant l’entrevue.

Photo fournie par TKO WORLDWIDE LLC
Photo fournie par TKO WORLDWIDE LLC

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«Et si Christian Mbilli s’appelait Christian Bédard, ce serait différent?» l’ai-je relancé.

«Bonne question. Je ne veux pas faire l’hypocrite. À talent égal, je prends un Québécois avant un autre, c’est sûr. [...] Écoute, quand David Lemieux s’est battu au Madison Square Garden, 6000 personnes du Québec ont suivi. Je te jure, j’avais des frissons, il y avait des drapeaux du Québec partout», raconte-t-il.

Camille Estephan est né au Liban. Il avait 3 ans quand la guerre a éclaté là-bas. Ce conflit qui s’est étiré sur 15 ans a fait près de 250 000 morts. À 15 ans, il a déménagé à Montréal. Son père avait 3000$ dans ses poches. C’est tout.

«Écoute, je suis un Québécois hardcore. Je suis un Libanais d’origine et j’en suis fier. Mais je suis tellement chanceux d’avoir eu la vie que j’ai eue grâce au Québec», de dire celui qui voyage beaucoup, mais qui refusera toujours de bouger du Québec.

Mbilli en demande plus

Si Christian Mbilli ne semble pas trop nerveux de monter dans le ring, c’est différent pour son patron, qui admet avoir quelques papillons qui le chatouillent.

Photo fournie par TKO WORLDWIDE LLC
Photo fournie par TKO WORLDWIDE LLC

«Ce combat est tellement important pour la boxe au Québec!» se justifie-t-il, rappelant sa promesse que Christian Mbilli fera toujours du Centre Vidéotron sa maison pour ses combats.

«En plus, quand tu connais la personne [Mbilli], tu veux encore plus qu’il gagne. Je suis proche de lui. J’apprécie les gens comme lui, des bonnes personnes, qui travaillent fort. Lui, je te le dis, c’est un vrai champion. J’ai eu des boxeurs intimidés par le moment, par la pression. Lui, il en veut plus. Il en demande plus.»

Si Mbilli gagne, je vous confirme que ça ne me tentera pas d’aller voir leur party. «Après une victoire, je fais toujours la même chose. Je vais manger un McFish [filet de poisson] au McDo», me confie Camille Estephan.

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