La Slovénie: Un petit paradis niché au cœur de l’Europe
Anaïs Chabot
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La Slovénie tient dans un mouchoir de poche, mais condense des paysages de carte postale dignes des plus grands pays de montagne et de la Méditerranée. Entre lacs alpins, ports vénitiens et capitale à taille humaine, le pays s’impose comme une escapade idéale pour qui rêve de nature, de culture et de dolce vita adriatique.
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Bled et Bohinj: véritables cartes postales alpines

Au cœur des Alpes juliennes, le lac de Bled aligne tous ces clichés qui font rêver: une eau vert émeraude, une île coiffée d’une église et un château médiéval juché sur une falaise. Pour bien l’admirer, en faire le tour à pied est vraiment la meilleure activité: tous les points de vue sont différents, mais tout aussi beaux. On peut en profiter pour s’arrêter dans un café, le temps de goûter au fameux gâteau à la crème de Bled.

À moins de 40 minutes de route panoramique de Bled, on arrive à Bohinj. Ici, on change complètement de décor. Plus vaste, bordé de montagnes abruptes, ce lac glaciaire est le paradis des amoureux de grands espaces. Ici, les bateaux sont limités, l’atmosphère plus sauvage, et l’on vient pour nager, pagayer en kayak ou randonner sur les sentiers qui montent vers les alpages et les sommets du parc national du Triglav. La traversée du lac en bateau électrique est un must pour admirer les montagnes. On peut aussi faire le tour de la moitié du lac à pied via la piste cyclable.
En visitant les deux lacs sur deux ou trois jours, on passe d’un univers à l’autre: le matin, on profite d'un paysage de carte postale tandis que l'après‐midi, c'est l'aventure... De quoi avoir l'impression d’explorer deux pays en un seul!
La côte adriatique: la mini‐Riviera slovène
La Slovénie ne possède qu’une quarantaine de kilomètres de côte sur l’Adriatique, mais cette bande littorale compacte concentre ports vénitiens, places animées et eaux tièdes où l’on se baigne dès le printemps. Le long de cette mini‐Riviera, une route panoramique mène de Koper à Piran en enchaînant criques de galets, marinas colorées et villages où l’italien se mêle au slovène sur les terrasses de cafés.
Koper, cœur battant de la côte

Port industriel et troisième ville du pays, Koper ne se dévoile vraiment qu’une fois franchi le front portuaire. Derrière les grues et conteneurs, la vieille ville révèle un dédale de ruelles médiévales, une grande place pavée – la place Tito – et un ensemble de palais gothiques et Renaissance hérités de la domination vénitienne. Il faut s’arrêter, avant de déambuler dans les petites rues du centre historique, pour un café à la place Tito et prendre le pouls de la ville. Depuis le clocher de la cathédrale, la vue embrasse les toits ocre, les silos du port et, au loin, les collines couvertes de vignes, rappelant que l’on est ici à la croisée des mondes italien, balkanique et alpin. Le soir, les étudiants remplissent les bars et les adresses de cuisine de rue autour du centre historique, donnant à Koper une énergie plus urbaine que ses voisines. C’est notre véritable coup de cœur de la côte adriatique.
Izola, parenthèse de pêcheurs

À quelques minutes de route, Izola cultive un charme plus discret: ancien village de pêcheurs, elle aligne façades pastel un peu patinées, volets défraîchis et placettes ombragées où sèchent encore filets et bouées. Son port en demi‐lune reste le cœur du village, avec son marché aux poissons le matin et ses terrasses de restaurants qui servent calmars grillés et risotto aux fruits de mer le soir. Pour admirer Izola vue de haut, on ne peut que recommander le restaurant Kamin. La bouffe y est bonne et la terrasse, ouverte sur l’Adriatique, possède une vue à couper le souffle. Un des plus beaux endroits de la Slovénie.

Piran, la belle vénitienne

Tout au bout d’une étroite péninsule, Piran est sans complexe la star de la côte slovène. La ville, longtemps administrée par Venise, a gardé son architecture gothique vénitienne, ses ruelles labyrinthiques et ses remparts qui offrent un panorama spectaculaire sur les toits rouges, le clocher et la mer. À noter que les voitures ne peuvent entrer dans la ville; il vaut mieux loger dans la vieille ville, ou assez près pour pouvoir y accéder à pied. La place Tartini, grande ellipse bordée de façades pastel, sert de salon à ciel ouvert où se succèdent cafés, concerts improvisés et fêtes locales. Au coucher du soleil, il vaut mieux monter pour apprécier la beauté du paysage. Les abords du campanile sont une très belle option pour admirer la vue. Pour manger, on recommande le restaurant Fritolin pri Cantini, situé sur une petite place à l’abri de la foule. Piran est aussi reconnue pour ses gelato dignes de l’Italie!

Piran est aussi la ville du sel. On peut visiter les salines de Sečovlje, où l'on découvre la production traditionnelle du sel, grâce à des visites guidées.
Ljubljana, capitale à taille douce

Installée le long de la Ljubljanica, Ljubljana a tout de la capitale européenne... mais au format mini, avec un centre historique piétonnier où l’on traverse la ville en quelques minutes à pied. Le château, posé sur une colline boisée, domine les toits rouges. On doit absolument y monter à pied tant la promenade est agréable. À la descente, on peut s’arrêter au café Cokl, fréquenté en majorité par des locaux.
Les ponts, dont le fameux Pont triple, relient les deux rives ponctuées de terrasses, de marchés et de façades Art nouveau. On trouve entre le pont triple et le pont du Dragon le fameux marché, qui est une véritable splendeur architecturale. Tout près du marché, on trouve la cathédrale Saint-Nicolas, dont la porte en bronze et l’intérieur sont spectaculaires. L’église franciscaine de l’Annonciation, monument baroque emblématique de la place Preseren, vaut aussi le détour pour ses fresques intérieures. Pour une pause-café, pourquoi ne pas s’arrêter chez Makalonka, où on a la vue sur cette église rouge, les pieds presque dans l’eau!

Le jour, on flâne au bord de la rivière, dans les rues du centre historique, puis du marché central au parc Tivoli, vaste poumon vert qui étire ses allées jusqu’aux tremplins de ski plantés aux portes de la ville. On trouve aux abords du parc plusieurs musées qui valent le détour, ainsi que l’Église orthodoxe Saints-Cyrille-et-Méthode. Le joli quartier de Krakovo mérite aussi une balade. Bordés de ruelles, de vieilles maisons typiques et de potagers, on a tout simplement l’impression d’être à la campagne et non pas dans une capitale européenne. À ne pas rater: la vrtna ulica et la kladezna ulica. Psitt! N’oubliez pas de faire quelques arrêts chez Vigo, pour goûter à leurs saveurs de gelato des plus originales. Un vrai coup de cœur! La terrasse sur le toit du gratte-ciel Neboticnik est également un must, pour profiter d'un verre ou d'un café avec une magnifique vue sur la ville et les Alpes, pour des prix plus que raisonnables!

Le soir, les quais se transforment en longue guirlande de bars et bistrots, fréquentés autant par les étudiants que par les familles, dans une atmosphère sûre et conviviale qui surprend souvent les visiteurs. Pour s’éloigner un peu de la foule, le restaurant Pri Skofu, à Krakovo, vaut le détour, à moins de 10 minutes à pied du centre. La nourriture y est faite maison, et les prix sont nettement plus bas qu’au centre.
Trieste: la voisine italienne

À moins de deux heures de route de Ljubljana ou 45 minutes de Piran, Trieste s’atteint facilement en voiture, bus ou train, ce qui en fait une escapade naturelle pour qui séjourne en Slovénie. Cette ville italienne tournée vers la mer a longtemps joué un rôle de carrefour, à la fois port de l’Empire austro‐hongrois, vitrine de la Méditerranée et point de contact entre monde latin et slave. Aujourd’hui, Trieste séduit par sa grande place ouverte sur l’Adriatique, Piazza dell'Unita d's, ses cafés historiques où l’on refait le monde à l’ombre des lustres, ses façades néoclassiques qui rappellent Vienne plus que Rome et ses petites ruelles où il fait bon se perdre. À noter que l'auteur James Joyce y a longtemps vécu. Il faut absolument y faire un petit crochet quand on visite la Slovénie!