La Semaine fête ses 20 ans: le jour où Patrice Godin retrouve sa mère biologique
Patrice Godin dévoile un pan important de sa vie: il a retrouvé sa mère biologique à l'âge de 53 ans.
François Hamel
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Dans Toutes les vies possibles: Carnets minimalistes, son nouveau livre à saveur autobiographique, Patrice Godin dévoile entre autres un pan important de sa vie. Il a retrouvé sa mère biologique à l’âge de 53 ans.
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«Elle et moi voulons nous rencontrer. Nous espérons pouvoir le faire à l'automne.» Ces retrouvailles sont déjà accompagnées d’éléments de guérison: «Je dirais que cela a réparé quelque chose en moi. J'en parle d'ailleurs dans mon livre. Malgré mes parents et la vie que j'ai eue, j'ai toujours eu le sentiment d'avoir été abandonné et de ne pas avoir été aimé. Il n'y a pas d'autres raisons que celles liées au fait que je suis né ainsi. Je suis venu au monde et j'ai été “abandonné”, c'est-à-dire donné en adoption. Il y a pire, on s’entend... Je suis conscient que plein d’enfants vivent des choses pires que celle-là. Ma première rencontre avec Marie Ellen, qui est ma mère biologique, s'est faite par téléphone.»
Ce sentiment d’abandon a teinté tous les aspects de sa vie. «J’ai toujours eu l’impression d’avoir un trou dans le cœur, une espèce de vide que je ne comprenais pas et que j’essayais de combler de toutes sortes de manières. Le jeu en est une, car être acteur, c’est vouloir que les gens nous aiment. Il n'y a pas que ça qui m'a guidé vers ce métier, mais il y a un peu de ça. Ça n'a jamais été réparé. L’alcool a été une autre manière de combler ce vide.»
Mais dès le premier contact avec sa mère biologique, la donne a radicalement changé. «Lorsque j’ai parlé à ma mère biologique pour la première fois, compte tenu de ce qu’elle m’a raconté ce jour-là, j’ai instantanément senti ce trou se refermer. C’est fou! Elle m’a dit qu’elle ne m’avait jamais oublié... Ça, c’était la réponse que je n’avais jamais eue, et je l’ai enfin entendue.»
Leurs conversations lui ont également permis de se faire une idée à propos de son père biologique. «C’est un peu l’histoire de la série L’homme qui aimait trop... Le père peut s’en aller et ne jamais savoir qu’il a eu un enfant. La mère qui l'a porté et l’a mis au monde vit la situation autrement. Ça m'a fait réfléchir.»
Patrice Godin est né au Québec, mais il a aussi découvert que ses deux parents biologiques étaient américains. «C’est très drôle, parce que toute ma vie j’ai ressenti un profond amour pour les États-Unis. Je me suis rappelé que, vers l’âge de trois ans, je voulais être américain, même si je n’étais jamais allé aux États-Unis avec mes parents adoptifs. J’ai grandi en regardant des films américains. J’aime la littérature américaine. Cette espèce de fascination pour ce pays me suit depuis toujours.»
Il reste que, pour lui, ses parents adoptifs demeureront toujours ses parents. «Mes parents, ce sont mon père et ma mère qui sont là, toujours vivants. Ils m'ont aimé, ils ont pris soin de moi. C'est important pour moi de faire la distinction: mes parents, c'est eux. Marie Ellen, c'est ma mère biologique. Oui, j'ai de l'amour pour elle, mais ça reste Marie Ellen. C'est ma mère, mais je ne l'appellerai jamais maman.»