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La Semaine fête ses 20 ans: le jour où Anne-Soleil Proteau parle de ses troubles alimentaires

Elle en a parlé publiquement pour la première fois.

François Hamel

2025-10-16T10:00:00Z

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À l'adolescence et pendant environ quatre ans, Annie-Soleil Proteau a souffert de troubles alimentaires. Elle en parle publiquement pour la première fois dans nos pages en 2020.

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À la suite de certains commentaires de son amoureux, la problématique s'est sournoisement et graduellement installée dans sa vie. «Ça s'est passé quand j'ai commencé à prendre la pilule, à 14 ans. Mon chum de l'époque m'avait dit que ça m'avait fait prendre du poids, et nos amis communs m'avaient rapporté plusieurs de ses paroles qui m'avaient beaucoup blessée.» Dès lors, Annie-Soleil est peu à peu happée par la spirale des troubles alimentaires. «À la maison, j'étais obsédée par la nourriture. C'était une obsession maladive qui me détruisait. Parfois, je ne pouvais pas me rendre à mes cours de danse, parce que je ne me sentais pas bien physiquement. J'étais anorexique, puis je suis devenue boulimique. Pendant ma phase d’anorexie, j'étais maigre, mais je gérais bien la situation, car je me sentais en contrôle. Mais plus on prive son corps, plus il a besoin de se venger. J’ai été suivie à Sainte-Justine par le Dr Wilkins. Pour bien faire, il m'avait présenté un documentaire; et ce que j'en ai retenu, pour l'essentiel, c'est comment faire pour me faire vomir... C'est là que j'ai basculé dans la boulimie. Je pouvais passer mes soirées à manger. Ç’a été un enfer!»

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La mort d'un être particulièrement cher a commencé à la faire profondément réfléchir sur son parcours morbide. «C'est la mort de mon grand-père qui m'a chavirée. J'ai toujours été extrêmement proche de mes grands-parents, et on passait tous les étés ensemble à la campagne. Cet été-là, je ne mangeais pas, je me défonçais dans le sport, et j'étais terriblement maigre. Mon grand-père avait eu le cancer auparavant et sa santé était restée fragile. Un jour, il m'a dit qu'il s'inquiétait pour moi. Lui, cet homme brave que j'adorais, lui que j'avais pratiquement toujours vu très malade et qui se battait pour survivre, s'inquiétait à cause de ma santé à moi... Je m'en voulais beaucoup de mettre ma famille dans cet état, mais c'était plus fort que moi. Quelques semaines après, il a fait son dernier voyage en ambulance, sous mes yeux, et il n'est jamais revenu... En général, je n'ai pas de regrets, mais pour ça, je m'en voudrai toujours.»

Le temps et un certain nombre de facteurs l'ont éventuellement sortie de sa route autodestructrice, et l'aide du Dr Wilkins, spécialisé en médecine de l'adolescence et troubles des conduites alimentaires, s'est en bout de piste avérée très précieuse. «J'allais le voir régulièrement, il prenait mes signes vitaux, vérifiait mes électrolytes, s’assurait que mon cœur battait normalement. En même temps, j'étais en thérapie avec le Dr Arsenault, un psychologue. C'est la combinaison de ces deux volets qui m'a aidée. J'avais aussi une amie qui souffrait d'anorexie de manière extrême. Ça m’encourageait à devenir plus maigre, mais paradoxalement, ça m’inspirait également à vouloir guérir.»

Annie-Soleil Proteau témoigne ainsi en pensant aux nombreux jeunes qui, à leur tour, sont aux prises avec des troubles alimentaires. «J'ai choisi d'en parler maintenant pour une seule raison: j'aimerais que ceux qui en souffrent sachent qu'il y a une lumière après ce long tunnel. Je tiens à dire aux jeunes que même quand ça dérape, on peut s'en sortir.»

Isoler, embrasser une réelle passion, ne pas en démordre, le tout pourrait s'avérer très salutaire. «Trouver son essence et ses passions, ça permet d'avancer et de passer à travers des moments difficiles. Alors, si des jeunes me lisent, je leur suggère de tout faire pour poursuivre leurs rêves. Les tempêtes, on peut toujours passer à travers et finir par trouver ce qui nous rend heureux.»

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