La Santé publique satisfaite, mais prudente à Québec
L’amélioration de la situation est réelle, mais insuffisante pour relâcher les mesures


Pierre-Paul Biron
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Malgré une amélioration de sa situation épidémiologique, la Capitale-Nationale est toujours loin de la coupe aux lèvres, prévient son directeur de santé publique. «On a encore des mois d’efforts devant nous», insiste le Dr André Dontigny, invitant tout le monde à demeurer réaliste.
Avec un nombre de cas qui tourne aux alentours de 100 par jour et une baisse des hospitalisations, la situation peut sembler sous contrôle à Québec, mais André Dontigny refuse de se réjouir trop vite. Oui la situation s’améliore, mais elle s’améliore lentement, trop encore pour envisager un relâchement.
«[On souhaite] une année 2021 où on espère que la ligne d’arrivée sera plus tôt que tard, mais la ligne d’arrivée n’est pas pour tout de suite», rappelle le directeur régional.
Loin d’un retour au «orange» ou au «jaune»
Avec 127 nouveaux cas mardi et à peine 85 lundi, peut-on envisager un peu de lest après la date du 8 février, actuellement ciblée par le gouvernement pour la fin du couvre-feu? Trop tôt pour le dire, martèle la direction du CIUSSS.
Et quel serait le scénario idéal, la cible à atteindre, pour que le Dr Dontigny soit à l’aise de baisser un tant soit peu la garde?
«L’idéal serait de pouvoir se comporter comme la Nouvelle-Zélande, où on a une presque élimination [du virus]. Ou comme en Gaspésie ou en Abitibi, où on a presque zéro cas par jour. J’aimerais bien, mais ce n’est pas ce qu’on a vécu depuis l’automne», explique le directeur de santé publique.

«Toute baisse est appréciée», ajoute-t-il. «Et plus cette baisse est importante, plus on va pouvoir se retrouver dans des situations où on espère passer de la zone rouge à la zone jaune. Mais on n’y est pas pour l’instant, pas du tout. On a besoin de plusieurs semaines.»
Les voyageurs peu en cause
Malgré son optimisme prudent, la Santé publique a tout de même tenu à souligner les efforts de la population. Les cas liés à des partys des Fêtes ont été très rares et les voyageurs représentent un faible pourcentage des cas dans la région.
«Entre le 1er et le 15 janvier, on parle d’environ 2,5% des cas qui sont liés à des voyageurs», précise le Dr Jacques Girard, adjoint médical au directeur de santé publique. On parle donc d’une quarantaine de cas liés aux voyages à l’étranger, des dossiers «toujours sous enquête épidémiologique».
La Santé publique affirme qu’elle gardera un œil sur les éclosions en milieu de travail et sur le réseau scolaire au cours des prochaines semaines. «Parmi les situations où on devra être attentifs, il y a le retour en classe des jeunes cette semaine», indique le Dr Dontigny.
Retard de Pfizer: délai avant de débuter dans les RPA à Québec
Comme l’ensemble du pays, le CIUSSS de la Capitale-Nationale est dépendant de l’apport en vaccin et devra décaler son calendrier en raison du bris d’approvisionnement confirmé mardi matin par Pfizer.
Le début de la vaccination en résidences privées pour aînés (RPA) devra être retardé.
Vaccination décalée
La Santé publique régionale a confié en point de presse avoir appris la nouvelle par l’entremise des médias mardi midi.
«On l’a appris en même temps que vous tous», affirme le Dr Jacques Girard, adjoint médical au directeur de santé publique du CIUSSS de la Capitale-Nationale. «On va probablement être contraints de décaler. [...] Le retard qu’on va afficher va certainement toucher les RPA», ajoute le spécialiste.
Ce dernier a insisté à quelques reprises sur l’aspect incontrôlable de la situation.
«On n'a pas beaucoup le choix. On va espérer que la situation sera temporaire comme on nous l’annonce. Et on verra aussi si AstraZenaca déposera une demande d’approbation, est-ce que ça pourrait devenir un plan B? Tout est possible», a assuré le Dr Girard.
Ouverture à ExpoCité
Le CIUSSS de la Capitale-Nationale ouvre d’ailleurs mercredi son mégacentre de vaccination au Centre de foires d’ExpoCité. À son maximum, la clinique d’inoculation de 60 000 pieds carrés pourrait vacciner jusqu’à 60 000 personnes par semaine.
«La région a 700 000 de population, donc on peut faire le calcul. Si on avait les vaccins qu’on a besoin, nous sommes très bien positionnés pour rencontrer nos objectifs rapidement», croit Jacques Girard.
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