Les joueurs de l'Avalanche ne savent pas grand-chose des Nordiques

Stéphane Cadorette
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DENVER | En ressortant le chandail bleu fleurdelisé, l’Avalanche tient à souligner le passé de l’équipe à Québec. À la lumière de quelques entrevues réalisées dans le vestiaire lors des derniers jours, les joueurs seraient les premiers à bénéficier d’un petit cours d’histoire 101 des Nordiques et de l’immense rivalité avec le Canadien.
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La remarque n’a rien de mesquin. C’est juste amusant de constater que la rivalité qui a marqué son époque n’a visiblement pas franchi le mur des générations.
Le Canadien sera de passage samedi soir au Ball Arena pour un match qui rappellera l’inoubliable rivalité qui a surchauffé le Québec dans les années 1980 et 1990. Preuve que l'événement est majeur, même le plus célèbre Nordiques d'entre tous, nul autre que Badaboum, sera sur place à Denver. Pour vrai!
Avec la visite montréalaise, l'occasion était trop belle de faire un clin d’œil spécial à l’incessante bataille de la 20 entre le Canadien et les Nordiques.
Que reste-t-il de ce pan de l’histoire du hockey parmi les joueurs de la cuvée actuelle de l’Avalanche? Que des miettes!
Plusieurs n’étaient même pas encore une pensée dans l’esprit de leurs parents lorsque les Nordiques ont quitté Québec en 1995. D’autres avaient encore la couche aux fesses et se souciaient davantage du biberon que du but refusé à Alain Côté ou de la bataille du Vendredi saint.
«Je ne sais pas grand-chose de cette rivalité, honnêtement. Quand les Nordiques sont partis, je n’avais même pas 1 an. Plus tard, j’en ai évidemment entendu parler un peu, mais c’est tout ce que je peux te dire», a répondu en toute franchise le joueur vedette du club, Nathan MacKinnon, qui n’avait pas tout à fait 4 mois, dans sa Nouvelle-Écosse natale, quand les Nordiques ont mis le cap sur le Colorado.
«Ce que je sais, c’est que les gars adorent le chandail. Ce n’est pas juste un vieux chandail vintage, il est sincèrement très beau. Les chandails des Nordiques ont tous été vendus en quelques jours et je suis convaincu que la direction de l’équipe a fait pas mal d’argent avec ça!» a souri MacKinnon.
Pas la moindre idée

Il est fascinant de constater que même certains vétérans qui ont plus que deux poils au menton, comme l’infatigable défenseur de 40 ans Brent Burns, ne connaissent absolument rien de la rivalité qui a déchiré le Québec pendant 16 ans.
Burns était pourtant un candidat de choix à qui extirper quelques vagues souvenirs, lui qui a grandi pas trop loin, en Ontario, et qui avait 10 ans au départ des Nordiques.
«Ils sont partis en quelle année?» nous a-t-il demandé d’emblée quand on l’a approché.
«Je n’en sais pas beaucoup sur cette rivalité parce que j’ai grandi en suivant surtout les Maple Leafs. Je ne fais pas exprès d’être plate et je voudrais vraiment t’en dire plus, mais tout ce que je sais de cette rivalité, c’est que le chandail des Nordiques est vraiment super», nous a lancé le sympathique barbu et drôle de pistolet.
On a aussi tenté notre chance avec un autre vétéran, Brock Nelson, âgé de 34 ans. Peut-être, après tout, a-t-il bénéficié d’un enseignement privilégié de nul autre que Patrick Roy? L’ex-gardien détient probablement un doctorat honorifique sur cette rivalité historique, et Nelson a évolué sous ses ordres chez les Islanders pendant une saison et demie.
«Il y a quelques fois où Patrick s’est servi des histoires datant de ses années à Montréal pour nous décrire de quelle façon l’équipe arrivait à gagner, mais sans parler de la rivalité avec les Nordiques. Je ne suis pas familier avec cette rivalité, mais sans doute que l’histoire entre les deux équipes est remarquable», a-t-il fait savoir.
Le coach sauve l’honneur

Quand les joueurs ne passent pas le test, il faut se tourner vers l’entraîneur. Jared Bednar, lui-même un ancien joueur et qui a grandi en Saskatchewan, a sauvé la mise en étalant ses connaissances.
«Je me souviens que pendant un moment, j’étais un gros fan des Nordiques. J’aimais suivre Mats Sundin et Joe Sakic. Avec La soirée du hockey au Canada, on voyait souvent les équipes canadiennes. Ça a toujours été la plus grosse soirée de télé chez nous. Quand les Canadiens et les Nordiques s’affrontaient, on savait que c’était une féroce rivalité.
«Ce chandail des Nordiques est fantastique. Je pense que c’est bien pour nos joueurs, pour nos partisans et, je l’espère, pour les gens du Québec, qui revoient ce chandail sur la glace.»
Merci, coach!