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La retraite pour un double olympien qui a travaillé pendant 20 ans pour réaliser son rêve

Photo AFP
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2026-04-07T20:56:28Z

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L’heure de la retraite a sonné pour le double olympien Pierre-Luc Poulin.

Des changements à Canoë Kayak Canada (CKC), qui a décidé de regrouper ses effectifs en Nouvelle-Écosse, et une promotion avec son employeur ont mené à sa décision.

« C’est une décision réfléchie, assure le kayakiste de 30 ans. Je me suis gardé en forme en 2025, mais je suis rendu ailleurs, tout comme CKC, qui a fermé son centre national à Montréal pour regrouper tous les kayakistes en Nouvelle-Écosse. Je n’avais pas le goût d’un autre déménagement. L’équipe canadienne est en reconstruction et je ne pense pas que j’aurais été d’une bonne aide. »

De retour à Québec pour son boulot avec le Groupe Océan, Poulin a envisagé la possibilité de poursuivre sa carrière tout en retenant les services d’un entraîneur à Québec, mais il a décidé finalement de quitter le milieu de la compétition. « Si j’avais poursuivi, j’aurais voulu travailler de nouveau avec Frédéric Jobin, mais j’ai arrêté ma décision avant de lui parler du projet. C’est bien de porter les couleurs du Canada, mais ça ne me suffit pas. En raison de ma progression dans l’entreprise, je n’avais plus le temps nécessaire à consacrer pour bien performer. Si je continuais, c’était pour faire une autre finale au championnat mondial et retourner aux Olympiques. »

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Un rêve qui est né en 2001

Le rêve olympique de Poulin a pris forme en 2001 quand il a côtoyé les Caroline Brunet, Maxime Boilard, Mylanie Barré et Richard Dober Jr au club de canoë-kayak de Lac-Beauport.

« J’ai vu ces olympiens et j’en ai fait mon rêve, raconte-t-il. Vingt ans plus tard, j’ai réussi en me qualifiant pour les Jeux de Tokyo. Il s’agit d’une grande fierté. J’y suis allé étape par étape. En 2015, quand le Canada n’a pas obtenu ses quotas pour les Jeux de Rio un an plus tard, j’ai découvert une nouvelle perspective. »

« Cette décision m’a fait réaliser qu’une sélection olympique ne te tombe pas dans les mains, de poursuivre Poulin. Ça m’a donné une perspective différente. Tu dois travailler beaucoup, beaucoup, mais les astres doivent s’aligner. C’est 90 pour cent d’efforts et 10 pour cent de chance. »

L’année 2015 a néanmoins eu du positif pour Poulin, qui se retrouvait sur l’équipe nationale pour la première fois. « Je me suis retrouvé dans le même bateau qu’Adam van Koeverden qui a été mon idole de jeunesse. Même si on n’a pas obtenu les résultats souhaités, ce fut un moment marquant. »

Secrétaire d’État au Sport et à l’activité physique au sein du gouvernement fédéral, van Koeverden a remporté quatre médailles olympiques, dont l’or en K-1 500 m aux Jeux d’Athènes en 2004.

Moments forts de sa carrière

Quelques courses sont encore bien gravées dans la mémoire de Poulin. « En 2022, au championnat mondial à Halifax, j’ai réalisé la plus belle course de K-4 de ma carrière, affirme-t-il. C’était très spécial de courir à la maison et on a terminé en cinquième place tout près du podium. C’était le meilleur résultat de l’histoire du Canada. Au cours de la saison 2022 et au mondial 2023, on a terminé très, très près du podium en K-2 avec Simon McTavish en flirtant avec les meilleurs au monde et c’est l’épreuve où j’ai repoussé mes limites le plus loin. »

« Ma médaille d’argent en Coupe du monde en 2018 à Duisbourg, en Allemagne, est un moment marquant de ma carrière, d’ajouter Poulin. Cette médaille en K-2 avec Nicholas Matveev fut la seule de ma carrière. Je suis aussi possiblement le seul à avoir gagné toutes les épreuves au championnat canadien. À un moment donné, j’ai été le meilleur dans chaque distance en solo ou en équipe. »

Poulin n’entend pas remiser ses rames. Il songe à donner un coup de main aux athlètes du club de Lac-Beauport à raison de deux fois par semaine.

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