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La retraite après plus de 30 ans pour un grand bâtisseur du taekwondo canadien

L'entraîneur Alain Bernier entouré de François Coulombe Fortier, Sébastien Michaud et Karine Sergerie en 2012.
L'entraîneur Alain Bernier entouré de François Coulombe Fortier, Sébastien Michaud et Karine Sergerie en 2012. Photo Karl Tremblay
Photo portrait de Richard Boutin

Richard Boutin

2024-04-21T05:00:00Z

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Figure de proue du taekwondo canadien et international depuis plus de 30 ans, l’entraîneur Alain Bernier prend sa retraite après deux participations aux Jeux olympiques.

Directeur technique et entraîneur de l’équipe d’excellence du club de Sainte-Foy qui a formé trois Olympiens au fil des ans, Bernier a quitté ses fonctions en toute discrétion.

«Mettez la lumière sur les jeunes, a souligné Bernier peu friand d’être sous les feux de la rampe. À 62 ans, j’étais assez vieux pour arrêter. Au retour de la pandémie qui a tout mélangé, j’y allais une année à la fois. Tu réalises que la retraite approche quand tu côtoies d’anciens athlètes devenus entraîneurs qui sont maintenant rendus entre 40 et 45 ans.»

En 2012, aux Jeux de Londres, Bernier a réussi un fait d’armes qu’on ne reverra probablement plus jamais. Sous sa gouverne, trois des quatre athlètes de l’équipe canadienne provenaient du même club. Qualifiés aussi pour les Jeux de Pékin quatre ans plutôt, Karine Sergerie et Sébastien Michaud étaient accompagnés par François Coulombe-Fortier qui faisait ses débuts sur la scène olympique.

«Je suis fier des accomplissements au fil des années et reconnaissant d’avoir travaillé avec des athlètes et des personnes de qualité, a souligné Bernier. Être en mesure de qualifier trois athlètes sur quatre aux mêmes Jeux représente un record, mais il y en aura d’autres du club qui vont aller aux Jeux.»

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«La médaille d’argent de Karine en 2008 en Chine représente un moment fort de ma carrière à l’instar de toutes les participations aux Jeux, de poursuivre Bernier. Parce qu’elle me faisait confiance, Karine avait quitté Montréal pour venir s’entraîner dans notre club avant Pékin. Les championnats mondiaux représentaient aussi des moments uniques.»

Des éloges bien sentis

Si l’entraîneur qui a fait ses débuts au club de Sainte-Foy en 1992 préfère que les projecteurs soient tournés vers les autres, ses anciens athlètes ne tarissent pas d’éloges à son endroit.

«M. Bernier a été le meilleur entraîneur au monde et un deuxième père pour moi, a affirmé Coulombe-Fortier. Il avait tellement une grande capacité de s’adapter au style et à la personnalité de chacun. Il prenait un jeune à ses débuts et le menait au sommet. Aucun autre entraîneur d’une équipe nationale ne suivait le parcours d’un athlète de cette façon.»

Si les Jeux de Londres resteront un grand moment, Coulombe-Fortier qui a pris sa retraite en 2014 après le US Open se souvient très bien du championnat canadien junior en 1997. «À 13 ans, c’était la première fois que je partais en voyage avec mon entraîneur et que je prenais l’avion. J’ai toujours été encadré à la hauteur de mes besoins. M. Bernier a été un modèle pour moi qui a toujours fait passer les intérêts des autres avant les siens. On se voit peu souvent, mais ce sont toujours des moments exceptionnels.»

À la retraite depuis quelques jours seulement, Marc-André Bergeron a évolué 18 ans sous la gouverne de Bernier. «Après avoir raté ma qualification pour les Jeux de Paris la semaine dernière, M. Bernier est la première personne que j’ai appelée, a-t-il confié. Il a eu une grande importance dans ma vie. Je n’ai pas la réponse, mais je me questionne qu’est-ce que je serais sans lui. C’est un excellent technicien, mais aussi une personne très humaine.»

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Il part l'esprit en paix

Même s’il jonglait avec une éventuelle retraite depuis le retour de la pandémie, Alain Bernier voulait s’assurer de miser sur une relève de qualité avant de partir.

«C’était tellement important d’assurer la pérennité du club, a-t-il exprimé. J’ai ciblé un bon candidat avec la même passion pour que la relève soit prête au moment venu.»

Le conseil d’administration du club de Sainte-Foy qui a fêté son 50e anniversaire en 2023 a embauché Samuel Desjardins pour prendre la relève.

«Samuel possède une formation en intervention sportive, c’est un ancien athlète et il m’a accompagné dans les dernières années, a raconté Bernier. C’est maintenant lui le maître d’œuvre et il est prêt à voler de ses propres ailes. Je n’ai pas l’intention de jouer à la belle-mère tout en demeurant disponible.»

Au-delà des victoires et des tournois d’envergure, Bernier adorait la préparation et la relation avec ses athlètes. «Quand tu donnais la main à ton athlète avant le début d’un combat, c’était tellement un moment fort, tellement humain comme moment. C’est la raison pour laquelle tu es entraîneur.»

«Grands souliers à chausser»

Desjardins est conscient du riche héritage laissé par Bernier, mais il se dit prêt à assumer la relève. «J’ai de grands souliers à chausser, a-t-il reconnu. Il y a beaucoup d’attentes et je sens la pression même si on ne me le dit pas tous les jours. Une personne qui met le temps et les efforts comme Alain, ça ne court pas les rues. Je vais relever les défis un à un.»

«Dès ma retraite en 2016, j’ai toujours voulu ce job, d’ajouter Desjardins qui est aussi le directeur technique du club de Lévis. J’ai fait mes classes et la transition a été graduelle. C’était une sécurité de savoir que M. Bernier était à mes côtés. Je sais que sa porte sera toujours ouverte, mais je me sens prêt.»

Le conseil d’administration a divisé la tâche en deux. Desjardins est le responsable de l’équipe d’excellence alors que François Coulombe-Fortier occupe la chaise de directeur technique, lui qui a lancé le club de Portneuf en 2022 à Pont-Rouge et qui vient d’ajouter une antenne à Donnacona.

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