La résilience, ce n’est pas toujours nécessaire


Jonathan Bernier
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Mike Matheson n’était pas de bonne humeur. Il en avait long à dire aux arbitres à la suite du but gagnant de Jack Hughes, marqué en prolongation. Il considérait que Timo Meier l’avait obstrué dans sa tentative de rejoindre l’autre attaquant des Devils. Le défenseur du Tricolore n’avait pas tout à fait tort, mais il n’avait pas complètement raison.
De toute façon, de la manière dont le Canadien a joué, il pouvait se considérer chanceux de sortir du Centre Bell avec un point, au terme de ce revers de 4 à 3. Oui, il s’est battu le ventre à terre, il a fait preuve de résilience et il est, une fois de plus, revenu de l’arrière pour amener les Devils en prolongation.
C’est noble et c’est tout à l’honneur des troupiers de Martin St-Louis. Cependant, ils n’auraient pas eu à se donner autant de mal s’ils ne s’étaient pas creusé un trou en première période.
« Je suis d’accord. Ce serait plus facile si on ne tirait pas 0-2 après la première période, a convenu Alexandre Carrier, auteur de son premier but dans l’uniforme du Canadien. Pourtant, on avait de l’énergie. Je pense que ce sont surtout des erreurs mentales qu’il faut éliminer. »
Des erreurs mentales, des revirements, des couvertures déficientes, le Canadien s’en est rendu coupable à quelques occasions. Surtout quand Jesper Bratt était sur la surface de jeu.
Le chaos devant Dobes
C’est lui qui a été à l’origine des deux premiers buts des Devils. Le premier en traversant le territoire du Canadien dans sa largeur, sans être ennuyé, avant de remettre le disque à Nico Hischier. Le second, en faisant ce qu’il voulait de Kaiden Guhle avant de surprendre Jacob Dobes d’un tir au ras de la glace.
Le pauvre gardien recrue s’en voulait. Même après la rencontre, il a soutenu qu’il en devait une à ses coéquipiers.
« Je n’ai rien à lui reprocher. Il nous a donné une chance d’aller chercher des points », a répliqué son entraîneur.
St-Louis fait bien de le dire. Dobes, qui a subi son premier revers dans la LNH, a fait face à 44 lancers. C’est un de moins que les 45 qu’a affrontés Samuel Montembeault, jeudi à Detroit.
Et ça, c’est sans compter la bagatelle de tirs qui ont été bloqués devant le gardien tchèque. Sur une seule et même présence, à mi-chemin de la troisième période, en l’espace de 20 secondes, les coéquipiers de Dobes se sont lancés devant cinq tirs.
« On veut tous gagner. On veut tous jouer des matchs qui veulent dire quelque chose à la fin de la saison, a indiqué Juraj Slafkovsky, qui a bloqué l’un de ces tirs. C’était le chaos. On aurait probablement pu se défendre d’une meilleure façon. »
Pas le temps de pratiquer
L’analyse du Slovaque, complice des buts de Nick Suzuki et de Cole Caufield, est juste. Il y a du travail à faire défensivement. Un aspect sur lequel St-Louis et ses adjoints comptent se pencher au cours des prochains jours.
« On ne peut pas toujours donner autant d’occasions et espérer récolter des points, a convenu l’entraîneur-chef du Canadien. Lundi, on va pouvoir commencer à travailler là-dessus un peu plus. Notre calendrier va nous aider à avoir plus d’entraînements au cours des prochaines semaines. »
Ça va faire du bien à Mike Matheson et Lane Hutson qui, une fois de plus, ont connu leur part d’ennuis.
Cela dit, c’est normal que la fréquence des entraînements ait été plutôt faible depuis un mois. Du 20 décembre au 18 janvier, le Tricolore a disputé 14 matchs de suite entre lesquels il a dû se déplacer d’une ville à l’autre. Au cours de cette période, il a dû affronter quatre séquences de deux matchs en autant de jours.
On comprend que, du côté de l’état-major de l’équipe, on a privilégié les journées de congé aux entraînements. Malgré ce fardeau, le Canadien a été l’équipe de l’heure dans la LNH au cours de ce mois.
Si on peut avoir le temps de peaufiner quelques trucs et de resserrer quelques brèches, ce sera de bon augure pour la suite.