Comment expliquer la popularité de Legault?


Josée Legault
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Au-delà d’une légère baisse, la popularité de François Legault tient bon. Depuis son arrivée au pouvoir le 1er octobre 2018, son terrain politique ne cesse même de s’élargir.
Un sondage Léger/Le Journal publié hier le confirme à nouveau. Malgré les ratés graves du printemps, même sa gestion de la pandémie lui vaut une note de 6,9. Imparfaite, elle dépasse néanmoins celle de Justin Trudeau, noté à 5,8.
La CAQ rafle 49 % des intentions de vote, dont 57 % des francophones. C’est 11,5 points de plus qu’au scrutin de 2018. Loin de s’étioler, la lune de miel s’amplifie.
Libéraux, péquistes et solidaires se disputent les miettes restantes. L’arrivée de deux nouveaux chefs – Dominique Anglade au PLQ et Paul St-Pierre Plamondon au PQ – n’y a rien changé.
Pour les partis d’opposition, la pandémie crée aussi un cruel effet d’éclipse. Depuis la mi-mars, le premier ministre Legault est l’unique capitaine à bord de la crise sanitaire.
Phénomène
Comment expliquer le « phénomène » François Legault ? Les crises tendent à souder les populations à leurs dirigeants. C’est sûr. Mais il y a plus que ça.
En créant la CAQ, l’ex-ministre péquiste-souverainiste-pressé, a su se « réinventer » en nationaliste plus traditionnel. Ce faisant, deux décennies après le dernier référendum, il s’est mis en phase avec la majorité des électeurs.
Selon le sondage, 33 % seulement des francophones voteraient en effet pour la souveraineté. Même si un référendum était tenu par le très populaire gouvernement Legault, leur aiguille du Oui monterait à peine à 36 %.
Idem pour son « pragmatisme » sur le front identitaire. En matière controversée de « laïcité », avec sa loi 21, M. Legault a su se placer quelque part entre les positions plus intransigeantes du PQ et l’inaction béate des libéraux.
Sa promesse de renforcer la loi 101 en 2021 empruntera sûrement le même procédé. L’année 2020 et une bonne partie de 2021 appartiennent cependant à la COVID-19.
Talon d’Achille
Sa gestion de la crise jouit d’un taux d’approbation élevé. C’est dans le détail que les failles se pointent. Une moitié seulement des répondants en approuve la gestion dans les écoles (mémo à son ministre de l’Éducation).
Surtout, ils sont 60 % à désapprouver sa gestion de la crise dans les CHSLD et résidences pour aînés. La résultante d’une première vague anormalement meurtrière au Québec pendant laquelle des milliers de femmes et d’hommes sont morts seuls et dans des conditions indignes d’une société avancée.
Le talon d’Achille du premier ministre, il est là. D’ici le scrutin de 2022, la seule manière dont il pourra en atténuer l’impact sera de redresser la situation de manière beaucoup plus marquée. La population vieillissante du Québec l’exigera.
Le sondage le confirme. À savoir quelles devraient être les priorités du gouvernement Legault pour 2021, les trois premières se dégagent fortement du lot : gestion du réseau de la santé, gestion de la pandémie et amélioration des conditions de vie des aînés.
Voilà qui est clair. Au Québec, la pandémie a exposé un système de santé et de services sociaux gravement détraqué. L’électorat s’attend à ce que le gouvernement le répare.