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La réglementation sur les boxeurs transgenres se fait attendre

Ariane Fortin est maintenant présidente de Boxe Québec.
Ariane Fortin est maintenant présidente de Boxe Québec. Photo d'archives, Mathieu Belanger
Photo portrait de Mylène Richard

Mylène Richard

2023-10-31T22:03:16Z

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La présidente de Boxe Québec, Ariane Fortin, constate que l’encadrement autour des athlètes transgenres n’a pas évolué depuis l’époque où elle enfilait les gants.

• À lire aussi: Une Québécoise refuse d’affronter une boxeuse trans pour sa sécurité

 Au milieu des années 2010, l’ancienne double championne du monde amateur a vécu une situation similaire à celle survenue lors d’une compétition provinciale la fin de semaine dernière. 

«C’était venu à mes oreilles que ma prochaine adversaire était trans, mais je n’en ai jamais eu la confirmation. Ça m’avait inquiétée, se rappelle Fortin. J’avais voulu connaître la réglementation là-dessus. J’ai appelé Boxe Canada: on ne m’a pas donné de réponse. J’avais appelé l’IBA, qui était la fédération nationale: on ne m’a pas donné de réponse non plus. J’étais insécurisée. Cela dit, j’ai fait mon combat, j’ai gagné et on est passé à autre chose.» 

Dans le ring, celle qui a participé aux Jeux olympiques de Rio en 2016 n’avait pas senti «la même force de frappe qu’avec [ses] partenaires masculins à l’entraînement». 

«On patine»

Son expérience personnelle lui permet tout de même de se mettre dans la peau de Katia Bissonnette, qui sur les conseils de ses entraîneurs, s’est désistée après avoir appris que sa rivale était née homme, craignant pour sa sécurité. La Saguenéenne devait se battre dans la catégorie novice 0-5 combats 75 kg lors des Gants dorés.

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«Je comprends vraiment Katia et j’ai vraiment hâte qu’une politique sorte pour qu’on puisse être éclairé, parce que pour le moment, on patine, admet Fortin. J’ai hâte d’avoir une ligne directrice claire. [...] Mais c’est plate aussi pour l’athlète trans qui veut pratiquer son sport.»

Katia Bissonnette (en bleu) avait remporté son premier combat de boxe, face à Sarah Noël, le 14 juillet 2023, à Sorel-Tracy.
Katia Bissonnette (en bleu) avait remporté son premier combat de boxe, face à Sarah Noël, le 14 juillet 2023, à Sorel-Tracy. Photo fournie par Katia Bissonnette

Les recommandations de Boxe Canada

L’ex-pugiliste de 38 ans confirme que la fédération québécoise était au courant qu’une boxeuse transgenre était inscrite aux Gants dorés. 

«On n’a pas notre propre livre de règlements, on applique la réglementation de Boxe Canada, et présentement, il n’y a pas de règles qui encadrent les athlètes trans», soutient Fortin.

«Pour être sûr de bien faire les choses, on s’est référé à Boxe Canada, assure-t-elle. On nous a dit que cette personne pouvait concourir, qu’elle avait réussi les tests médicaux comme tous les autres boxeurs. On nous a aussi recommandé de ne pas en parler, même pas aux officiels, pour éviter la discrimination.»

Rien d’officiel

Même s’il est possible de trouver sur le web une Politique sur les athlètes transgenres de Boxe Canada datant de novembre 2020, l’organisme national convient qu’il ne s’agit pas d’un document officiel et par conséquent, qu’il n’est pas en vigueur.

«Un comité a été créé pour développer une politique, qui a été partagée avec les fédérations provinciales afin d’en discuter. Nous attendons des révisions avant de les soumettre et d’obtenir une approbation», a indiqué au Journal le directeur général de Boxe Canada, Christopher Lindsay.  

▶ Dans certains sports, les critères d'admissibilité s’appuient entre autres sur le taux de testostérone ou le fait que l'athlète ait effectué sa transformation avant la puberté. 

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