La réalité rattrape le Canadien

Marc de Foy
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Le Canadien est rattrapé par ses faiblesses. L’instabilité de ses deux gardiens et ses carences défensives sont plus apparentes dans la défaite. C’est le signe que la deuxième moitié de saison, celle qui sépare les hommes des enfants, est enclenchée.
Est-ce grave, docteur?
Non, si vos attentes n’étaient pas démesurées.
Oui, si vous pensiez que la reconstruction était terminée et que c’était la saison où votre équipe partirait pour la gloire.
Ne nous trompons pas.
En tant que plus jeune équipe de la Ligue nationale, le Canadien s’en tire bien et demeure promis à un bel avenir. Le potentiel est là, mais il reste du travail à faire.
Pas le moment de tirer des conclusions
Vous direz que je radote et vous avez bien raison. Mais ce n’est pas pire que des gens du métier qui lancent des idées de transactions en croyant que ça va calfeutrer les brèches dans la formation, particulièrement au poste de deuxième centre.
Certains diront qu’en ayant été blanchi du sommaire à ses six derniers matchs, Oliver Kapanen est en train de démontrer qu’il n’est pas apte à remplir cette tâche.
Attendons avant de tirer pareille conclusion.
Ses 27 points, qui le placent cinquième chez les recrues de la LNH, ne sont pas le fruit du hasard. Quand un inconnu produit offensivement, les adversaires en viennent à encercler son nom parmi les joueurs à surveiller.
C’est dans ce genre de situation que l’on verra de quel bois Kapanen est vraiment fait.
Du côté défensif, on peut dire que le Canadien souffre des départs de Joel Armia, Christian Dvorak et David Savard en infériorité numérique. Un seul de ces joueurs serait parti que l’équipe n’en aurait peut-être pas subi de conséquences. Mais trois, c’est autre chose.
Pas de stabilité devant le filet
Et maintenant, les gardiens.
Samuel Montembeault était retombé sur ses pattes à la suite de son séjour avec le Rocket de Laval. Mais il est redevenu imprévisible à ses trois dernières sorties, étant capable du meilleur comme du pire.
Ce qu’on retient, c’est qu’il a accordé une douzaine de buts sur 71 tirs au cours de cette séquence pour une faible moyenne d’efficacité de ,831.
C’est à souhaiter qu’il retrouve ses repères au plus coupant. Car c’est à cette période de l’année que les siens auront le plus besoin d’une grosse contribution de sa part et de son acolyte Jakub Dobeš, le grand gardien au style anticonformiste qui revendique tout de même 15 des 28 victoires des siens.
Finalement, Carey Price n’était pas si pire que ça, n’est-ce pas?
Moment pour chaque chose
Pour revenir aux hypothèses de transactions, je retiens cette déclaration de Kent Hughes faite dans le cadre du balado de Basu and Godin au cours des derniers jours.
«Quand on sera prêts à compétitionner avec les Colorado de ce monde, c’est le moment où on pourra sacrifier de l’avenir», a déclaré le directeur général du Canadien.
Il lui faudrait donc recevoir une offre impossible à décliner pour échanger un Michael Hage, un David Reinbacher, un Alexander Zharovsky ou tout autre jeunot talentueux à qui vous pouvez penser.
C’est une question de circonstances. Les astres doivent être bien alignés.
Les Panthers de la Floride avaient commencé à faire de gros progrès au classement lorsque Matthew Tkachuk leur a fait la grâce de bien vouloir se joindre à eux via un échange avec les Flames de Calgary.
Tkachuk était la pièce manquante, tout comme l’excellent Marian Hossa l’a été pour les Blackhawks de Chicago pendant les bonnes années de cette équipe.
L’acquisition de ce dernier par les Hawks sur le marché des joueurs autonomes s’était matérialisée au bon moment. La formation de la Ville des vents a remporté la Coupe Stanley trois fois en six ans avec Hossa.
Le Canadien n’en est pas encore là.