La raison pour laquelle le CH peut rêver d’être dans le «mix»

Jean-Charles Lajoie
Partager
Je vais vous le dire comme je le pense, la victoire du Canadien, hier, à Philadelphie, est impressionnante!
Pas que celle contre les Blues de St. Louis, samedi, ne l’était pas, mais elle l’était moins. Après trois jours complets sans matchs, un de congé et deux d’entraînements, en plus de l’absence du centre numéro un des Blues Robert Thomas, j’aurais été perplexe si le CH s’était enfargé devant ses partisans.
Dimanche, par contre, sur un dos à dos à Philadelphie, l’histoire aurait pu être très différente et pourtant...
Ce n’était pas parfait, ce n’est pas ce que l’on demande de toute façon, mais c’était senti et engagé. Et ça a donné un bon résultat.
J’ai moins aimé le relâchement en fin de troisième période hier soir, mais les Flyers, qui étaient eux aussi sur un dos à dos, avaient joué à domicile en après-midi la veille, donc ils étaient présumément plus en ressources en fin de rencontre.
Je ne cracherai pas dans la soupe ce soir, mais il y a des choses qui demeurent très préoccupantes. Le travail dans son territoire du Canadien est au bas mot permissif. Hier soir, un nombre important de chances de qualités ont été offertes aux «Orange», qui n’ont juste pas les ressources des équipes de pointe pour en profiter.
Cayden Primeau a très bien fait, tout comme Monty samedi soir face aux Blues, mais il ne doit pas incomber à la somme de la paire de gardiens du Canadien de sauver le derrière de tout le monde trop souvent.
Le cas Logan Mailloux est intrigant. Autant la game de Mailloux est bien ajustée dans le tiers offensif, autant il lui manque une cruelle fraction de seconde dans le tiers défensif.
Il a réussi à corriger cette fraction de seconde défensive dans la Ligue américaine la saison dernière, donc j’ai bon espoir qu’il y parviendra aussi dans la Ligue nationale. En attendant, il a souvent l’air fou parce qu’il est en retard, il met ses partenaires de jeu dans le trouble et n’aide pas la cause de ses gardiens.
Il donne l’impression de ne pas comprendre en temps réel ce qui se déroule sous ses yeux. Sa prise de décision est lente et ça coûte à son équipe. J’aimerais aussi qu’il compense avec plus de robustesse dans son territoire. Avec un physique pareil, Mailloux doit faire payer les aventureux davantage.
Sinon, Kirby Dach bénéficie finalement de Nick Suzuki et de Cole Caufield. Suzuki a installé sa moyenne au-dessus d’un point par match et Caufield est pratiquement à un but par match... je sais bien pas ce que l’on pourrait reprocher à ces deux gars-là?!
Et ce dont on ne parle vraiment pas assez à mon sens et qui est très positif depuis le tout premier match de la saison, c’est le rendement des unités spéciales.
Je l’ai toujours dit, une équipe qui n’atteint pas un minimum de 100 en additionnant les deux pourcentages d’efficacité joue clairement dans le tiers-monde du hockey. Il faut même idéalement flirter avec le 104-105 pour démontrer aplomb et ambition.
Je continue de penser que pour rêver d’être dans le mix, le Canadien doit se tenir autour du top 15, idéalement dans le top 10, de la ligue sur les unités spéciales.
Avec 25,8% en avantage d’un homme, le CH pointe au 8e rang des 32 clubs de la ligue. Et, avec un ronflant 90,3% avec un homme en moins, il est installé au 3e rang de tout le circuit Bettman. Au combiné, c’est un score de 112,9 pour Montréal, au 6e échelon de toutes les équipes de la LNH.
Cette performance est la plus encourageante de tout l’environnement de la «Flanelle» après bientôt 10 matchs. Et même si Martin dit que le data ne l’intéresse pas beaucoup en raison du faible échantillonnage, moi, ça m’intéresse énormément.
Si le Canadien parvient à défendre à forces égales comme il le fait avec un homme en moins, l’équipe aura tout le loisir de surprendre et de se loger dans le mix tard dans la saison. Chose certaine, elle se tiendra loin du spectre de la loterie 2025, ce qui, il me semble, n’est pas trop demander.
Autrement dit, la semonce de la semaine dernière semble porter ses fruits. Martin durcit un peu le ton, pas assez à mon goût, mais quand même. Il confesse d’un bord de la bouche ne pas entendre le bruit et, en même temps, de l’autre bord de la même bouche, il dit que le bruit négatif le motive comme auparavant dans sa carrière de joueur.
Je comprends très bien la réaction de Martin et je la respecte autant que l’homme qu’il est. Plus il va diriger ses joueurs avec des spectres de Ligue nationale, plus il gagnera le respect dévolu aux excellents coachs, respect inconditionnel qu’il a reçu avec raison à titre de joueur!