La quête d’Alex Ovechkin: selon José Théodore, «on ne verra personne battre ce record»


Jonathan Bernier
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Au cours de sa carrière, José Théodore a cédé trois fois devant les tirs d’Alex Ovechkin. C’est peu comparativement à Marc-André Fleury (28), Henrik Lundvist (24) et Carey Price (22), les trois plus fréquentes victimes du «tsar».
Évidemment, on parle seulement des matchs de saison régulière. Parce que si on ajoute les entraînements, Théo les bat haut la main. L’ancien gardien de but du Canadien a été le coéquipier d’Ovechkin de 2008 à 2010. Au cours de ces deux campagnes, il en a vu passer de ses tirs.

«En raison de la courbe de sa palette et de la flexibilité de son bâton, quand il tire, c’est comme si c’était un lancer de crosse. La rondelle suit une trajectoire inhabituelle, comme une balle tombante au baseball», a expliqué Théodore, joint au téléphone plus tôt cette semaine.
Voilà pourquoi il parvient encore à mystifier les gardiens, match après match, même si tout le monde sait d’où il va décocher son boulet de canon. Un talent rarissime.
«Bientôt, il sera le meilleur buteur de tous les temps. Je ne crois pas qu’on verra quelqu’un battre ce record de notre vivant», a soutenu l’ancien numéro 60.
Le Floridien d’adoption rappelle que pour marquer 900 buts dans la LNH, il faut maintenir une cadence annuelle de 45 buts pendant 20 saisons. Avec 389 buts en huit campagnes et demie, c’est en plein le rythme que suit présentement Auston Matthews.
De vieilles jambes
Néanmoins, l’ancien gardien demeure sceptique sur les chances de l’Américain de surpasser la marque qu’établira Ovechkin.
«Oui, des gars comme Matthews vont connaître des saisons de 40 et 50 buts. Mais je ne pense pas qu’il aime le hockey autant qu’Ovi, a soutenu Théodore. Le jour où il va en inscrire 25 dans une saison, à 36 ans, il va peut-être dire qu’il en a assez.»
Pour garder la même régularité aussi longtemps, il faut adapter sa façon de jouer. D’abord pour éviter le plus possible les risques de blessures, ensuite pour pallier une baisse d’énergie, de vitesse et d’agilité.
Une transition qu’Ovechkin a réussie merveilleusement bien.
«Le jeune Ovechkin pouvait prendre la rondelle derrière mon filet et essayer de traverser la patinoire avec, a rappelé Théodore, qui regarde encore bon nombre de matchs à la télévision. Maintenant, de son filet à la ligne bleue adverse, il n’y touche pratiquement plus.»
«C’est quelqu’un qui la lui donne, rendu à la ligne bleue. À partir de là, il est capable de couper vers le filet et de faire ce qu’il a toujours fait», a-t-il poursuivi.
Loin d’être égoïste
Théodore se réjouit pour son ancien coéquipier. Il est heureux de constater que, depuis que les Capitals ont gagné la coupe Stanley, Ovechkin est reconnu à sa juste valeur.
«Son leadership est enfin reconnu. Contrairement à ce que les gens pensaient de lui, il n’a jamais été égoïste. Il était toujours aussi heureux après une victoire, même s’il n’avait récolté aucun point et obtenu aucun tir au but», a martelé Théodore.
À travers les branches, on dit que ce n’était pas toujours le cas avec les joueurs vedettes que Théodore a croisés chez le Canadien.