Police de Québec: la présidente du syndicat se dit victime d'acharnement


Stéphanie Martin
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La Ville de Québec a lancé une enquête disciplinaire contre la présidente du syndicat des policiers, qui se dit pour sa part victime d'acharnement et de mesures disproportionnées.
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«Ça fait 22 ans que je suis à la police de Québec et c'est la première fois que je suis convoquée à une enquête disciplinaire. Et c'est pour une action que j'ai posée à titre de présidente du syndicat», déplore Martine Fortier.
«C'est abusif, disproportionné. C'est de l'acharnement et ça occasionne beaucoup de frustration chez nos membres.»
Elle souligne que c'est la première fois, à Québec, que la personne à la présidence de la Fraternité des policiers de la Ville de Québec est convoquée en discipline.
«Mes prédécesseurs masculins ont dénoncé à plusieurs reprises diverses problématiques et jamais ils n'ont été traduits en discipline.»
La Ville et le Service de police ont convoqué Martine Fortier en enquête disciplinaire à la suite d'une intervention qu'elle a faite auprès de deux conseillers municipaux.
La présidente du syndicat dénonçait le manque d'effectifs policiers sur le terrain pour faire face aux débordements au parc Victoria lors du déconfinement de la fin mai.
Elle déplorait que seuls 50 policiers aient été présents pour contrôler quelque 2000 fêtards.
La Ville a d'abord réagi en demandant au tribunal d'empêcher Mme Fortier de divulguer des informations d'ordre tactique, opérationnel ou stratégique.
La Ville a perdu une première manche, mais continue sa démarche pour obtenir une demande d'injonction permanente.
L'administration avait ensuite fait parvenir à Mme Fortier un avis d'enquête interne le 30 juin.
«Il y a des limites», dit Labeaume
Jeudi, le maire de Québec, Régis Labeaume, a brièvement commenté la situation.
Pour lui, l'attitude de Mme Fortier met en péril la sécurité de la population et des policiers.
«S'il y a une enquête, c'est pas pour rien. C'est pas parce que tu diriges un syndicat que tu n'as pas obligation à respecter les règles de sécurité de ton emploi et les règles d'éthique. [...] Il y a des limites, à un moment donné.»
Il affirme que c'est du jamais-vu avec le syndicat.