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Église Saint-Coeur-de-Marie: la poursuite qui a «sali des réputations» contre la Ville de Québec abandonnée

L'ancienne église Saint-Coeur-de-Marie
L'ancienne église Saint-Coeur-de-Marie Photo d'archives
Photo portrait de Stéphanie  Martin

Stéphanie Martin

2021-03-23T17:53:57Z
2021-03-23T21:23:32Z

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Le propriétaire de l'ancienne église Saint-Coeur-de-Marie, sur la Grande Allée, abandonne sa poursuite de 17 M$ contre la Ville de Québec, une requête qui avait «sali» plusieurs réputations à la Ville, déplore le maire.

La nouvelle a été dévoilée par la Ville en début d'après-midi mardi. Le promoteur Louis Lessard avait intenté une poursuite en 2017. Il accusait la Ville de favoritisme et d'avoir bloqué son projet de tour à condos indûment. 

Mardi, le maire Régis Labeaume a fortement réagi. «On savait qu'il avait une mauvaise cause entre les mains. Il l'a peut-être réalisé. Ce qui est malheureux dans tout ça, c'est qu'il y a des réputations qui ont été salies dans ce dossier», a-t-il exprimé. «La réputation de la Ville, d'élus et des fonctionnaires. La personne qui a souffert le plus de tout cet épisode est Julie Lemieux. Je veux lui dire que [maintenant] que cette entreprise laisse tomber sa poursuite, j'espère que tout le monde va comprendre que cette femme-là est extrêmement honnête.»

L'ancienne conseillère et bras droit de Régis Labeaume avait en effet été écorchée dans cette affaire. 

Le promoteur Lessard avait laissé entendre que la Ville lui avait «fortement suggéré» de s’associer à la firme d’architectes ABCP. Le conjoint de Mme Lemieux est un associé dans cette firme. 

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Au moment de quitter la vie politique, quelques mois plus tard, elle avait assuré que la poursuite n'avait rien à voir avec sa décision. Mais mardi, le maire a affirmé que l'épisode l'avait «blessée profondément».

«Épouvantable»

En entrevue, Julie Lemieux confirme que ce furent des moments «très difficiles». «Me faire attaquer sur ce front, c'est épouvantable», raconte-t-elle.

«Oui, ça a joué dans ma volonté de m'en aller. Ça m'a dégoûtée de la politique, cette histoire-là. J'ai trouvé ça épouvantable. Ça a été difficile personnellement, professionnellement. J'ai subi vraiment dans les mois qui ont suivi et même après [...] un stress. J'avais de l'amertume, de la frustration, de la peine. Ça a fait mal et je trouvais ça injuste.»

Elle ressent maintenant un «grand bien» après le retrait de la poursuite, qui, pour elle, est un aveu du promoteur que sa cause était perdue. Mais elle ne ferme pas la porte à des recours judiciaires pour l'atteinte à sa réputation. «Je vais l'envisager. [...] J'ai envie de ne pas laisser ça là, mais je verrai.»

Les deux volets de la poursuite, celui d'une valeur de 12 M$ pour les pertes de profits alléguées liées au retard dans le projet et celui de 5 M$ qui réclamait à la Ville les coûts de démolition de l’église en 2019, tombent donc en même temps. Le promoteur s’est désisté alors qu’un procès de deux semaines s’était ouvert le 15 mars 2021 devant la Cour supérieure. Le maire de Québec avait qualifié en 2017 les prétentions du promoteur de «tissu de mensonges». «On n’a jamais fait ça en 10 ans, on ne commencera pas aujourd’hui à faire du favoritisme», avait-il déclaré.

La municipalité a toujours jugé le projet proposé par le promoteur non conforme à la réglementation d’urbanisme. 

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