La Place des Arts aura 60 ans cette année : voici à quoi le secteur ressemblait avant


Jean-Michel Clermont-Goulet
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Au siècle dernier, la Ville de Montréal a exproprié à quelques reprises une partie de sa population pour faire place à des projets grandioses. C’est arrivé dans le secteur de la Place des Arts, qui avait une toute autre allure il y a 60 ans.
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Au cas où vous ne connaissez pas l'endroit, la Place des Arts est aujourd'hui l'un des principaux lieux de diffusion culturelle de la métropole, en plus d'être l''un des plus grands complexes artistiques multidisciplinaires du Canada, avec ses cinq salles et son esplanade. Si vous avez déjà marché dans le centre-ville de Montréal, vous l'avez probablement croisé. Ça ressemble à ceci.

Pour remonter à ses origines, il faut retourner en 1954. Le fameux maire de l'époque, Jean Drapeau, avait laissé savoir qu’il souhaitait que Montréal ait un centre culturel de renommée internationale.
Où installer ça? Après une étude, un site de 26 305 mètres carrés délimité à l’ouest par la rue Jeanne-Mance, au nord par la rue Ontario, à l’est par la rue Saint-Urbain et au sud par la rue Sainte-Catherine a été choisi pour la construction de la future Place des Arts. Tout y a été rasé.

Certains immeubles avaient les mêmes attributs que des maisons de l'iconique carré Saint-Louis, sur le Plateau-Mont-Royal, notamment. Le photographe Florent Charbonneau, qui a photographié et filmé le changements du quartier, a d'ailleurs pris des clichés de l'intérieurs de certaines résidences qui ont été détruites

Il semble que la population pouvait également mettre la main sur portes et fenêtres retirées des bâtiments qui allaient prochainement passer un mauvais quart d'heure.

Au total, 23 bâtiments ont été rasés entre 1958 et 1960, forçant l’expropriation de plusieurs résidents du quartier. La première pelletée de terre officielle a été faite le 11 février 1961.

Des rues de ce petit quartier du centre-ville ont disparu de la carte. C’est le cas des rues du Plateau et Winning. La rue de Montigny — aujourd’hui de Maisonneuve — a quant à elle été modifiée.
Sur les images d'archives de la Ville, on peut clairement distinguer l’édifice qui abrite aujourd’hui le quartier général du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), sur la rue Saint-Urbain, à l’angle de la Sainte-Catherine.

Sur certains plans, il est également possible d’apercevoir le futur édifice Jean-Lesage d’Hydro-Québec, sur le boulevard Dorchester, bien avant qu’un gros Q soit perché au sommet. Sa construction a été entamée en 1959 puis complétée en 1962.

Si Montréal a longtemps été surnommée «la ville aux 100 clochers», avec sa multitude d’églises, de cathédrales et de chapelles, force est de constater qu’il y en a plusieurs qui ont disparu.

C’est le cas notamment de l’oratoire Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, construit vers 1850 et anciennement située sur la rue Sainte-Catherine, près de Saint-Urbain. Aujourd’hui, c’est une partie du Théâtre Maisonneuve qui s’y trouve.
La salle Wilfrid-Pelletier, l'un des principaux bâtiments de la Place des Arts, ressemble tout à fait aux esquisses qui avaient été produites.

L'installation de la Place des Arts a décidément transformé le quartier, qui a beaucoup évolué, tout comme le centre-ville en général.

En septembre prochain, la Place des Arts soufflera sur ses 60 bougies. S'il y a un constat à faire, c'est que le paysage a bien changé. D'ailleurs, le Complexe Desjardins n'arrivera que 13 ans après l'inauguration de la Place des Arts, en 1976.

− Avec les informations des Archives de la Ville de Montréal
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