Tous les résultats
Publicité

La pilule bleu-blanc-rouge du Québec

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2026-05-22T22:10:00Z

Partager

Martin St-Louis ne se gêne pas pour le dire : le hockey est un immense jeu d’erreurs. 

Cette admission du coach de la plus prestigieuse équipe au monde vaut son pesant d’or.

En même temps qu’elle nous permet de constater encore plus toute la grandeur de l’homme.

Pour des latins comme nous ici au Québec, un sport avec une aussi grande marge d’erreurs est affolant.

Devinez quoi ? Je ne changerais de nationalité pour rien au monde. J’adore notre rapport chauvin et de sang bouillant avec notre équipe favorite.

Si un jour je relativise toutes les défaites en les prenant en riant comme dans l’autre solitude à Toronto, vous me direz que je suis mort en dedans. Vous aurez raison.

On se rapproche beaucoup plus des fidèles supporters catalans du FC Barcelone que des cols blancs millionnaires qui emplissent le Scotia Bank Arena de Toronto pour vivre les revers répétés des Leafs.

Ce qui me ramène à jeudi soir en Caroline. Le début d’un nouveau chapitre. Une improbable finale d’association. De quoi être heureux quoi qu’il advienne... et pourtant...

Publicité

Un but des « Canes » après 33 secondes. Des murmures autour de moi.

« Pas encore ! »

« Maudit Matheson qui dérange toujours son propre gardien. »

Je vous épargne les saints descendus du ciel via des cordes vocales catastrophées.

Puis, 27 secondes plus tard : « yeah ! Caufield à cinq contre cinq. »

« On va rincer la Caroline. »

Getty Images via AFP
Getty Images via AFP

Pas besoin de vous dire que le reste de la première période a été propice aux célébrations. Pensant manger une poutine, certains ont plutôt commandé une excellente côte de bœuf.

Le temps de bien la rôtir au feu de charbons, elle a passé de travers en deuxième alors que le Canadien s’est remis à courir après la rondelle.

Vous comprenez le principe. Je ne souhaite plus utiliser le terme « bipolaire » pour caractériser le partisan moyen du Canadien. C’est une analogie à proscrire.

N’empêche qu’on aime un sport qui adore jouer avec nos nerfs.

Et qu’on raffole d’un club qui semble se plaire à nous en mettre plein la vue, avec tout ce que cela comporte de variations d’humeur dans la même demi-heure.

Il se passe quelque chose de particulier ce printemps. Le départage était grand lorsqu’il fallait déterminer le gagnant de la série entre le Canadien et le Lightning.

Publicité

La superbe victoire au terme du septième match nous a excités autant qu’elle nous a rendus nerveux devant le défi des Sabres.

On était confiants, une plus grande majorité favorisait le Canadien, mais avec cette petite nervosité au fond du ventre. Cette espèce de peur que nos favoris l’échappent et que le grand buzz prenne fin abruptement.

Puis, une autre montagne franchie en sept matchs. Plus aucune peur. Une confiance profonde. Un sentiment de devoir accompli avec panache et distinction.

Peu importe ce qui allait se produire face aux Hurricanes, le job était fait. Nos favoris nous en avaient donné plus que ce à quoi la vaste majorité des partisans s’attendaient.

Et la rondelle est tombée. En même temps que le delirium de vivre chaque seconde comme la dernière. Dans une montagne russe d’émotions.

Fin mai et le Canadien joue encore. Il y a moins de violence dans les rues et les chaumières. Moins de rage au volant. Certains oublient qu’ils devraient prendre soin d’eux. La guerre continue de faire rage, partout des innocents tombent sous les bombes. Pas qu’on s’en fout, loin de là. Mais on reste équilibrés et de bonne humeur. Grâce à la plus formidable des pilules pour réguler l’indice de bonheur de notre peuple. La pilule bleu blanc rouge du Canadien !!

Publicité
Publicité