La petite ninja québécoise qui fait écarquiller les yeux du monde entier

Mylène Richard
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L’un des secrets les mieux gardés du Québec n’a que 10 ans, et pourtant l’athlète de la Montérégie impressionne et domine partout où elle passe en Amérique en s’élançant d’un obstacle à l’autre avec rapidité, force, endurance et agilité.
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« Un commentateur américain a dit : “Je n’ai plus de mots pour définir sa vitesse.” C’est juste magique », raconte Dominic Simard, le père de Justine B Simard.
Le Journal les a rencontrés au Voltizone de Laval, l’un des gyms munis d’un circuit de Ninja Warrior où Justine B s’entraîne — elle se rend aussi à Montréal, à Granby et principalement à Saint-Hyacinthe pour s’exercer de cinq à huit heures par semaine.
C’est beaucoup de voyagement, sans compter les nombreuses compétitions aux États-Unis ou dans les Caraïbes. Mais ça ne la dérange pas.
« Quand j’ai fini mes tâches, comme faire mon sac et déjeuner, je peux aller m’entraîner. J’ai une routine de ninja, alors ça va vite ! », lance Justine B, qu’on a pu voir dans la revue de fin d’année Infoman 2025.

Un rare talent
La détermination du prodige de Saint-Jean-sur-Richelieu ne fait aucun doute. Même si ses mains lui font parfois mal — on s’y fait, selon elle —, rien n’estompe sa motivation.

L’élève de cinquième année est demeurée concentrée et attentive pendant près de deux heures, essayant aussi de faire du parkour pour la première fois, franchissant les murs comme une cascadeuse.
« Un talent comme ça, c’est rare ! Il faut le développer comme il faut et faire attention à comment on l’utilise, parce que ça se perd facilement, la magie. Il faut y aller avec parcimonie », soutient l’un de ses entraîneurs, Louis-Félix Primeau.
Pas besoin de répéter les consignes. Justine B les suit à la lettre. Et même si elle rate quelque chose, elle ne se décourage pas et recommence.
« L’échec, c’est de l’apprentissage. Si tu réussis du premier coup, tu n’as rien appris », philosophe le coach.

Concentration à toute épreuve
Avant d’essayer une nouvelle manœuvre, la fillette lâche un « tabarouette ».
« C’est vrai que ça fait parfois peur, mais on s’habitue. Tu te fais confiance. Si tu tombes, garde la barre dans tes mains pour qu’elle ne te tombe pas sur la tête ! », conseille-t-elle.

Même à l’entraînement, elle est concentrée. Pas le choix afin de ne pas « te péter la gueule », reconnaît M. Simard.
Établir une stratégie, visualiser et faire des « calculs de ninja » l’aident même à l’école, assure son père.
D’ailleurs, des élèves pensent que c’est facile et souhaitent la voir en action.
« Quand ils essaient, ils se plantent ! », rigole Justine B.
Elle avoue ne penser à rien avant de s’élancer en compétition. Elle fait le vide et demeure dans sa bulle.
« Je ne suis pas stressée en général. Des fois, lors d’événements internationaux ou plus importants, ça me sert dans la gorge, mais ce n’est pas grave. »

Reconnue au resto
Ses résultats et sa constance lui ont permis de se faire un nom. Elle a même été reconnue dans un restaurant du Missouri.
« Une petite fille est venue lui parler et avait des étoiles dans les yeux, relate M. Simard. Sa mère nous a expliqué qu’elle a commencé le Ninja en voyant ma fille dans la WNL [World Ninja League], qui est diffusée à travers les États-Unis. Justine B était son idole. »

▶ Pour suivre Justine B Simard sur Instagram et TikTok : JuBelia.s