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La PDG du CN prononce un discours presque exclusivement en anglais à Montréal

Sur une allocution de 22 minutes, seulement 175 secondes se sont déroulées en français

Photo Cercle canadien de Montréal
Photo portrait de Martin Jolicoeur

Martin Jolicoeur

2025-02-17T09:05:00Z
2025-02-18T21:46:39Z

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Trois ans après s’être engagée à apprendre le français, la PDG du Canadien National (CN), Tracy Robinson, ne parvient toujours pas à s’exprimer aisément dans cette langue.

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Devant une salle comble de quelque 600 personnes, à la tribune du Cercle canadien de Montréal, lundi midi, Mme Robinson a livré une allocution presque entièrement en anglais.

Sur les plus de 22 minutes qu’aura duré son discours, à peine 175 secondes, soit moins de 3 minutes, se déroulèrent en français, la langue officielle du Québec, a pu constater Le Journal.

Tracy Robinson, PDG du CN.
Tracy Robinson, PDG du CN. Cercle canadien de Montréal

Une situation devenue rare au Québec, mais qui n’est pas sans rappeler le tollé suscité il y a quelques années après que le PDG d’Air Canada, Michael Rousseau, eut aussi livré un discours essentiellement en anglais à Montréal. Ce dernier en avait même rajouté en se réjouissant d’avoir pu travailler et vivre au Québec pendant des années sans avoir à apprendre le français.

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Lundi, prétextant un horaire chargé, l’équipe de communications du CN, dont le siège est situé à Montréal depuis toujours, a su éviter un tel embarras à sa protégée en déclinant toute entrevue avec les médias et en évitant toute mêlée de presse. Cette dernière, nous a-t-on expliqué, serait disponible plus tard dans les prochains jours ou la semaine prochaine.

Trudeau époustouflé et frustré

Tracy Robinson, une gestionnaire unilingue anglophone de la Saskatchewan, a été nommée à la tête du CN en février 2022. Cela en dépit de l’avertissement servi par le gouvernement Legault, inquiet à l’époque de constater que la maîtrise du français ne faisait pas partie des critères requis pour occuper cette fonction.

Même si Mme Robinson s’est engagée à apprendre le français, la question linguistique est rapidement revenue hanter la haute direction du CN quelques semaines plus tard. En avril 2022, on apprenait qu’aucun des membres du conseil d’administration de l’entreprise ne maîtrisait le français.

• À lire aussi: Français au CN: Trudeau «époustouflé» et «frustré» par la situation

Il n’en a pas fallu plus pour que le premier ministre Justin Trudeau se dise «époustouflé» et frustré de cette situation et que les partis d’opposition de partout au pays s’en disent «scandalisés».

«Je comprends que les gens sont frustrés. Moi aussi, je le suis», a réagi Justin Trudeau, ajoutant avoir demandé à un «ministre approprié» de faire des représentations au CN pour qu’il «travaille rapidement pour rectifier la situation».

Devant le tollé, le CN s’est engagé à corriger le tir. Cinq mois plus tard, en septembre, le CN annonçait la nomination d’un nouvel administrateur francophone, en la personne de Michel Letellier, PDG d’Innergex.

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Obligations linguistiques

Conformément à l’article 15 de la Loi sur la commercialisation du CN, le CN a conservé ses obligations en matière de langues officielles après avoir été privatisé en 1995. La Loi sur les langues officielles continue de s’appliquer au CN en tant qu’institution fédérale au sens de cette loi.

Après son allocution, la PDG s’est entretenue une dizaine de minutes sur la scène avec un journaliste de Bloomberg qui a abordé la question du français de front.

«J’ai un tuteur, j’utilise des applications, j’écoute les nouvelles en français, a-t-elle répondu dans la langue de Shakespeare. Mais je réalise que la meilleure façon d’apprendre une langue est de l’utiliser dans la vie de tous les jours plutôt que d’essayer de trouver du temps pour l’apprendre.»

«Mon combat, ce sur quoi je dois m’améliorer, a-t-elle poursuivi toujours en anglais, est de trouver le courage d’oser utiliser la langue. Mon objectif est de trouver juste un peu plus de courage afin de la parler.»

Depuis un an, le titre de l’entreprise a reculé de 16,80%. À la fermeture des marchés vendredi, son action se négociait à 144,04$.

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