La mode comme moyen d’expression pour l’actrice Léanne Désilets
Alicia Bélanger-Bolduc
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Léanne Désilets n’a que 23 ans, mais elle continue d’accumuler les projets et les rôles. Elle revient dans la deuxième saison de Denis Danger sur Télé-Québec, tout en étudiant en cinéma à l’université afin de diversifier ses compétences. Entrevue avec une artiste pour le moins colorée !
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Qu’est-ce qui se passera pour ton personnage dans la deuxième saison de Denis Danger ?
Mise en contexte sur la série : mon personnage, Anne-Marie Fiori, est la réincarnation d’une vedette d’arts martiaux des années 1990, dont elle est une grande admiratrice. Cette vedette, Denis Danger, m’apparaît comme un fantôme VHS et me confie la quête de retrouver son assassin. On finit par arrêter quelqu’un, mais il s’avère que ce n’est pas le bon coupable. Anne-Marie devra donc reprendre l’enquête dans cette deuxième saison. Plusieurs nouveaux personnages s’ajoutent à la distribution, ce qui risque de beaucoup amuser les téléspectateurs, encore une fois.
Comment c’était de retrouver l’équipe pour cette suite ?
C’était comme revoir sa famille, parce que le lien était déjà créé. J’étais très heureuse de retrouver Mickaël Gouin, mon principal partenaire de jeu. On est très proches, mais on ne se voit pas souvent en dehors du travail. Vincent Bolduc, le réalisateur, est allé chercher des gens avec qui il aimait collaborer, ce qui a créé une ambiance formidable. Tout était naturel.
À quoi a ressemblé l’entraînement pour ce genre de rôle ?
Dans la première saison, il y avait davantage de mouvements de karaté et d’arts martiaux, mais la base était déjà acquise pour la deuxième. Je vois ça comme une danse à chorégraphier plus qu’un entraînement. Je n’avais pas de base en karaté, mais j’ai fait plusieurs années de danse, donc mon corps s’est adapté naturellement à ces mouvements.
Quel est ton lien avec les séries jeunesse dans ta carrière ?
Mon premier grand rôle à la télévision était dans La vie compliquée de Léa Olivier, où j’interprétais la meilleure amie de Léa, Marilou. Ça a duré plusieurs années et j’ai été très bien accompagnée. On était tous jeunes et on débutait notre carrière : on a appris et grandi ensemble. Le réalisateur, Martin Cadotte, est devenu comme un père pour nous. Par la suite, j’ai tourné davantage avec des adultes, et c’était très formateur : ils arrivent avec leur expérience. J’ai toujours travaillé avec des gens ouverts, qui voulaient apprendre des jeunes autant que nous voulions apprendre d’eux. Il y a quelque chose de plus léger dans les projets jeunesse : c’est plus facile d’aller puiser dans ce qu’on connaît. Cela dit, j’ai hâte d’interpréter des femmes de mon âge et de relever de plus grands défis.
Mukbang a justement été un projet très différent de ceux dans lesquels on a pu te voir auparavant. Comment c’était de porter ce rôle assez flamboyant ?
Une chance en or ! C’était un projet qui sort de l’ordinaire, dans un format encore peu connu au Québec. Même si c’était une série web tournée rapidement et avec peu de moyens, je sentais un réel souci sur le plan de la création. Tout le monde voulait proposer quelque chose d’unique, et je l’ai ressenti du début à la fin. C’était un projet de cœur. Mon personnage allait dans des zones complètement opposées, abordait des thèmes sensibles : c’était un défi complexe, mais très gratifiant. C’était aussi la première fois que je jouais un personnage de mon âge.
Quel a été le processus pour créer ton personnage ?
J’avais une description du personnage de près de 200 pages, ce qui est fascinant ! J’ai lu le livre à deux reprises et regardé quelques vidéos de mukbang pour comprendre le phénomène, même si ça me rend inconfortable. Nous avons eu beaucoup de discussions avec l’auteure et Kevin T. Landry, le réalisateur. J’ai aussi fait des recherches sur l’origine du phénomène et les raisons de son succès. Les gens s’y intéressent souvent pour manger par procuration. Mon personnage avait des troubles alimentaires : c’était une façon pour elle de combler un vide. Cependant, je suis surprise que la série n’ait pas suscité une plus grande réponse...
Est-ce que tu aimes prendre le temps de bien développer tes personnages ?
J’adore ce processus ! Je lis le scénario plusieurs fois et je me construis une chronologie claire avant de décortiquer chaque scène : comprendre ce que les mots signifient vraiment et quelles émotions traversent mon personnage. On tourne vite et dans le désordre, alors il faut être prêt. J’aime aussi en discuter avec ma mère et mon amoureux pour obtenir un regard extérieur.
Comment es-tu arrivée dans ce milieu ?
J’ai intégré une agence vers 12 ans, mais ça faisait déjà quelques années que je suppliais mes parents de m’inscrire. J’étais une enfant assez réservée, mais j’étais en option arts au primaire et je me voyais faire ça professionnellement. Je regardais des émissions jeunesse et je voyais des enfants de mon âge s’amuser : je voulais être comme eux.
J’habitais à Sainte-Adèle et ma mère m’accompagnait à Montréal chaque semaine pour des cours de jeu et des auditions. J’ai été chanceuse : mes parents avaient leur propre entreprise, ce qui facilitait la gestion de l’horaire. Je me suis toujours mis la pression de bien performer à l’école. Il n’a jamais été question d’abandonner : j’ai toujours été disciplinée et déterminée à mener les deux de front.

Tu fais justement un bac en cinéma à travers tes rôles.
Je termine ma deuxième année en ce moment. Heureusement que j’ai l’école : je m’y amuse beaucoup ! Si un rôle m’éloignait de mes cours pendant plusieurs mois, je les reprendrais plus tard, mais pour l’instant, tout s’aligne bien. J’aime les gens que je côtoie : ça me pousse à créer des projets différents, sans me concentrer uniquement sur le jeu, et à élargir mes connaissances. Je me vois continuer à étudier toute ma vie, même en suivant des cours libres.
Est-ce que le travail derrière la caméra t’intéresse ?
Dans mes cours, j’aime particulièrement la direction artistique. J’aimerais aussi réaliser un film de fin d’études. Rien ne remplace le jeu : ça reste ma priorité, mais ces projets trouvent bien leur place dans les périodes plus calmes.

À quoi ressemble ton futur idéal dans ce milieu ?
J’aimerais jouer dans un long métrage. J’ai fait beaucoup de télévision dernièrement, mais le cinéma m’attire énormément. J’aimerais que davantage de mes projets participent à des festivals, ou simplement pouvoir y assister comme spectatrice : ce sont des moments très formateurs et inspirants. Un autre objectif serait d’avoir une agence en France. Je veux aussi continuer à explorer ce que la direction artistique peut m’apporter.
Tu sembles aussi beaucoup t’amuser avec ton style. La mode est-elle un moyen d’expression pour toi ?
Mon identité se définit beaucoup par mon apparence. J’aime m’exprimer à travers mes vêtements depuis longtemps. Mon copain travaille en mode, donc nous partageons cette passion. Je trouve qu’on ne porte pas assez attention aux costumes dans les projets, alors qu’ils peuvent en dire long sur un personnage. Ma garde-robe est très diversifiée : je n’ai jamais le même look d’une journée à l’autre. J’aime agencer mes vêtements de différentes façons ; il est rare que je porte deux fois le même ensemble. Mon amoureux dit qu’il peut deviner mon humeur en voyant comment je m’habille le matin. J’achète tout dans les boutiques de seconde main : j’adore éplucher les friperies avec lui, il a l’œil pour repérer les belles pièces !
À quoi ressemble ta vie quand tu n’es pas sur les plateaux ?
Mes études sont exigeantes, puisque nous enchaînons les projets, mais je fais aussi beaucoup de bricolage. J’ai un rythme de vie très actif : même fatiguée, j’ai besoin de créer pour me vider la tête. En ce moment, je construis une maison de poupée, simplement pour le plaisir. Je suis partie de la maison familiale à 17 ans pour m’installer à Montréal. J’ai mon appartement et je me débrouille très bien.