La méthode St-Louis fonctionne

Jean-Charles Lajoie
Partager
Ils sont irrésistibles! Ils sont beaux, ils sourient tout le temps, ils sont dans le plaisir et ils nous en procurent beaucoup.
• À lire aussi: «Il faut mettre des écouteurs et des oeillères»
• À lire aussi: Du gros hockey de la part des gros gaillards
Ils sont contagieux et leur innocence n’a d’égal que leur capacité à défier leurs adversaires comme si aucun danger ne leur planait au bout du nez.
Ils sont glorieux, ils sont tissés serrés. La Sainte-Flanelle est de retour! Halte-là, halte-là, halte-là... les Canadiens sont là.
«Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous», disait Paul Éluard. Le Canadien de Martin St-Louis incarne cette célèbre citation à merveille.
Le travail parcimonieux qui nous a paru lent et pénible porte ses fruits. L’équipe est assemblée, l’équipe est rassemblée. Et ce n’est pas un hasard puisque Larousse, Robert et nos parents nous ont toujours confirmé la même affaire, il n’y a que dans les dictionnaires que le mot «succès» vient avant le mot «travail».
L’approche de St-Louis a fait craindre le pire. Une colonie de vacances, une école de hockey, une gestion d’enfants rois gardés bien en sécurité dans du papier bulles. Tout y est passé.
Eh bien, l’approche St-Louis risque fort de faire des petits. Pas certain que dans tous les marchés, on va permettre à un coach de perdre plus de 60% de ses matchs et d’encaisser des raclées sans poser de questions au-delà de deux saisons.
St-Louis a reconstruit chacun de ses joueurs individuellement. Pas mêlant, plus personne ne souhaite le rachat de Gallagher ou d’Anderson et une majorité de partisans voudraient qu’on offre une prolongation de contrat à Joel Armia, tout en gardant Jake Evans ici au même tarif que les Kings de Los Angeles ont décidé de payer pour Phillip Danault.
Après avoir reconstruit chacun de ses joueurs individuellement, St-Louis s’applique désormais à construire un grand et beau collectif. Et ça marche!
La demande pour les billets explose, la valeur de revente augmente sans cesse. Les cotes d’écoute à la télévision flirtent de nouveau avec la barre des 700 000 en pointe, 600 000 en moyenne. Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous.
Les prochaines semaines seront fascinantes. Comment Kent Hughes et Jeff Gorton vont-ils s’y prendre pour garder leur train sur les rails? Je ne doute aucunement de leur capacité à ne pas s’emballer, à demeurer très calmes et la tête bien froide.
Et c’est justement ce qui m’inquiète. Il y a certainement moyen d’éviter le spectre d’Ozzy Osbourne et de faire dérailler son train fou avec un geste de location absurde. Pourquoi ne pas plutôt accélérer quelque peu le train de nuit en faisant une acquisition structurante qui joindrait le mouvement au-delà de la fin de l’actuelle campagne?
Chose certaine, la dernière chose à laquelle doivent s’attarder les architectes de la reconstruction, ce sont les gardiens de but. Les deux font la paire.
Dobes connaît des débuts fracassants, il gagne tout le temps, et Montembeault s’en trouve redynamisé et désireux d’assurer la réplique, ce qu’il fait avec distinction.
Patrik Laine l’a très bien résumé dans le vestiaire après la victoire face aux Rangers, dimanche dernier. «Nous sommes confiants, tant avec Jakub qu’avec Monty, car les deux nous donnent une vraie chance de gagner à tous les matchs.»
Voilà un luxe que trop peu d’équipes de la Ligue nationale peuvent se permettre. Il n’y a pas de controverse de gardiens de but et il ne doit pas y en avoir non plus.
Le Canadien a d’autres petits chats à flatter afin de nous faire vivre une fin de saison et au moins une série éliminatoire excitante le printemps venu.
Au fait, il en reste combien, parmi vous, qui préféreriez actuellement une longue et pénible série de défaites afin d’assurer à l’équipe de parler top 5 au prochain repêchage amateur?