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La meilleure administration depuis Serge Savard

Les dirigeants du Canadien ne seront entièrement satisfaits que s’ils ajoutent une 25e Coupe Stanley à la glorieuse histoire de l’organisation. Mais on peut déjà dire que chacun d’entre eux a remporté un premier pari.

Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin
Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2025-10-15T04:00:00Z

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Les dirigeants du Canadien ne seront entièrement satisfaits que s’ils ajoutent une 25e Coupe Stanley à la glorieuse histoire de l’organisation. Mais on peut déjà dire que chacun d’entre eux a remporté un premier pari depuis son entrée en scène.

Rappelons-nous nos réactions quand Geoff Molson a nommé Jeff Gorton, un Américain, vice-président des opérations hockey. On était déçus que l’élu ne soit pas Québécois. 

Puis, comme il l’avait laissé entendre, Gorton est sorti des sentiers battus en faisant appel à un agent de joueurs, en l’occurrence Kent Hughes, pour camper le rôle de directeur général.

Hughes a suivi cette ligne de pensée en faisant de Martin St-Louis son entraîneur. L’expérience de celui-ci dans le métier se limitait, jusque-là, à un poste d’adjoint au niveau bantam.

Aujourd’hui, on ne voudrait pas que ce triumvirat quitte.

Une longue attente

Le Canadien n’a rien gagné encore, mais il y a longtemps que l’organisation ne s’est aussi bien portée à tous les niveaux. Il faut remonter aux jours de Serge Savard, donc il y a entre 30 et 40 ans.

La dynastie du Tricolore avait alors fait place à celle des Islanders. Puis, il y eut les Oilers de Wayne Gretzky et les Penguins de Mario Lemieux.

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N’empêche, le Tricolore de l’ère Savard, sans miser sur des noms célèbres comme ceux grandes des formations des années 1970, était compétitif. À l’instar de l’administration Gorton-Hughes, le régime Savard avait fait le plein de jeunes talents à ses premières années.

À ses 10 premières saisons sous la direction de Savard, le Canadien a atteint la finale de son association à cinq reprises, remportant la Coupe Stanley deux fois en trois présences en grande finale.

Des flashes

Le Canadien a connu de bons moments entre 2002 et 2015, mais il était à court d’ingrédients pour aspirer aux grands honneurs. Ses succès reposaient en grande partie sur ses gardiens.

Il y a eu d’abord José Théodore, suivi de Jaroslav Halak pour un printemps. Carey Price s’est amené ensuite.

Jeff Gorton et Kent Hughes ont pour leur part hérité d’une équipe en lambeaux. Shea Weber et Price n’étaient plus là pour porter le flambeau. Les deux nouveaux venus ont eu le courage et l’honnêteté de dire à Geoff Molson qu’une refonte en profondeur s’imposait pour relancer le club.

Quatre ans plus tard, l’équipe est bien fixée sur les rails. 

Les gens du recrutement et du développement des joueurs accomplissent du bon boulot.

Le CH est en train de redevenir une organisation à la hauteur de sa réputation.

L’impact de St-Louis

Ce renversement est en partie attribuable au doigté de Martin St-Louis. 

Le coach ne fait pas sentir à ses joueurs qu’il est un membre du Panthéon du hockey. Ce sont ces derniers qui le voient comme tel et qui lui vouent le respect qu’il mérite pour avoir fait sauter les préjugés sur sa petite taille et franchi les obstacles qui se dressaient sur son parcours.

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St-Louis ne cherche pas à se faire passer comme un grand stratège non plus. Il en est encore à apprendre sur le tas, mais il comprend vite.

Sa plus grande qualité est de savoir communiquer avec ses joueurs et de ses servir des leçons qu’il a apprises pendant son dur apprentissage pour les transmettre à ses hommes. Sa présence derrière le banc a fait boule de neige auprès de ses protégés.

Les jeunes joueurs formant le noyau de la formation se sont engagés à poursuivre leur carrière ici jusque dans la prochaine décennie. Nick Suzuki est lié au CH jusqu’en 2030; Cole Caufield et Kaiden Guhle jusqu’en 2031; Juraj Slafkovsky et Noah Dobson jusqu’en 2033; Lane Hutson jusqu’en 2024.

Ivan Demidov et Jacob Fowler devraient se joindre à ce groupe au cours des prochaines années. David Reinbacher et Michael Hage semblent avoir ce qu’il faut pour faire belle figure dans la Ligue nationale.

C’est sans oublier Zachary Bolduc qui a connu des débuts fracassants lors du premier voyage de l’équipe, la semaine dernière.

Avant que l’on m’accuse de porter des lunettes roses, je dis oui, tout n’est pas encore à point. Le produit n’est pas fini, il y a des brèches à combler. On ne sait toujours pas si Kirby Dach est l’homme de la situation au poste de centre du deuxième trio.

Mais pour la première fois en ce XXIe siècle, le peuple, celui qui a le CH dans la peau, peut enfin rêver. 

Pardonner l’anglicisme, mais il y a un buzz dans l’air.

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