La Mauricie de retour en zone orange

Eddy Verbeeck
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Le retour en zone orange de la Mauricie, aujourd'hui, marque un premier pas vers un retour à la normale pour plusieurs commerces et services. Tour d'horizon à Trois-Rivières.
Pas d'ouverture avant deux semaines pour le restaurant-bar le Gambrinus.
La copropriétaire du restaurant-bar le Gambrinus, Sophie Normandin, avait ciblé le 22 mars pour la réouverture de son établissement et ne compte pas changer d'avis.

La femme d'affaires s'attendait à ce que le gouvernement attende de voir les statistiques deux semaines après la semaine de relâche. «On ne pensait pas passer en zone orange avant cette date, alors on a entrepris des travaux de rafraîchissement», a-t-elle expliqué alors que des ouvriers décapent, placardent et repeignent à l'intérieur.
Un peu d'argent est entré pendant toute la durée de la fermeture parce que le Gambrinus produit ses propres bières et que les clients pouvaient venir s'approvisionner.
Mme Normandin formule un bémol quant au maintien du couvre-feu. «Je ne comprends pas cette mesure alors qu'on passe en zone orange. Ce qui risque d'arriver, c'est que les jeunes qui veulent sortir et s'amuser vont quitter le bar à 21h30 et s'en aller chez l'un d'eux pour finir la soirée. Si on devait fermer à minuit, ils rentreraient très probablement chacun chez eux», a-t-elle plaidé.
Le Sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap a revu ses consignes
Le sanctuaire Notre-Dame-du-Cap à Trois-Rivières est fin prêt à accueillir ses fidèles. Tout a été balisé à l'aide de rubans qui interdisent l'accès à une rangée sur deux, afin de faire respecter les deux mètres de distanciation sur 360 degrés.
Le père Wedner Bérard, directeur de l’accueil, des pèlerinages et de la promotion, voit à tous les détails, même s'il n'a pas encore toutes les consignes du diocèse de Trois-Rivières.

«On pourra recevoir 100 personnes dans la cathédrale, c'est à peu près tout ce que l'on sait pour l'instant. On a donc mémorisé ce que nous avions fait lors de la dernière période en zone orange», a-t-il détaillé.
Dans l'église, il faut suivre le droit chemin, notamment lors de la communion: on arrive par la nef et on repart sur les côtés. Les bénitiers sont vides; l'alcool ne peut faire office de liquide béni.
Le père Bérard avait hâte de recevoir plus de fidèles. «Dans la cathédrale, il y a de la place pour 1600 personnes en temps normal, on a beaucoup d'espace pour la sécurité», a-t-il noté.
Ouverture du restaurant Le Souvlaki: un ballet bien rôdé!
La propriétaire du restaurant Le Souvlaki, Marie-Josée Silva, a déjà des réservations pour cette semaine de clients qui lui disent avoir bien hâte de s'attabler chez elle devant une bonne grillade.

Dès l'annonce du passage en zone orange, elle a sorti son attirail de nettoyage, chargé les chariots de bouteilles de désinfectant et rappelé toute la brigade en cuisine. En ce qui concerne les membres du personnel sur le plancher, ce sont eux qui appelaient. «Ils me demandaient si je les reprenais! Je leur disais "bien sûr, je t'attends"», a expliqué Mme Silva, un grand sourire aux lèvres.
Les affaires, bien qu'au ralenti, n'ont jamais vraiment arrêté. «On faisait déjà les plats à emporter, alors on a augmenté un peu la cadence et il a fallu s'adapter, surtout avec les nouveaux modes de livraison, les Uber Eat, Door Dash, sites web, etc. Mais tout cela nous a permis de découvrir une clientèle plus jeune que notre clientèle habituelle», a souligné la restauratrice.
Autre exemple d'adaptation, Mme Silva a aussi lancé son plat du dimanche appelé «Apporte ton vingt», une formule qu'elle garde tellement elle est populaire.