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La majorité des joueurs n’ont pas besoin d’agents

Photo Catherine Hardy
Photo portrait de Alexandre Picard

Alexandre Picard

2026-03-14T04:00:00Z

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L’engagement du jeune Liam Tep avec l’ancienne agence de Kent Hughes, Quartexx, à l’âge de 12 ans illustre une tendance grandissante dans le hockey mineur : les agents qui courtisent désormais des joueurs de plus en plus jeunes.


En 2020, j’ai accepté mon premier mandat en tant qu’entraîneur-chef dans le hockey mineur en dirigeant au niveau midget espoir. Rapidement, j’ai réalisé qu’à peu près tous mes joueurs avaient un agent. Un véritable non-sens à mes yeux.

Tout d’abord parce que c’était du midget espoir et, donc, que ça ne regroupait pas nécessairement les meilleurs joueurs de 15 ans. Les meilleurs jouent au niveau M18 AAA à cet âge.

Sans manquer de respect à quiconque, je savais que la moitié de mes joueurs auraient de la misère à se placer la saison suivante. J’ai même eu de la misère à en placer certains au niveau collégial division 2.

Malgré tout, les parents payaient plusieurs centaines de dollars afin que leurs jeunes soient représentés par des agences qui, en fin de compte, n’offraient absolument rien. Tout ce qu’ils faisaient, c’était de m’appeler une fois par moi pour faire un suivi et ce n’était même pas rare que l’agent se trompe de nom en parlant de son propre joueur.

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Pas nécessaire à tout prix

Comprenez-moi bien : il y a des agences très crédibles et réputées qui offrent des services d’excellente qualité à leurs joueurs. On les connaît et elles n’ont pas besoin de présentation.

Là où je mettrais les parents en garde, c’est quand des agences un peu plus indépendantes t’approchent. Souvent, c’est davantage un moyen pour eux de faire de l’argent qu’autre chose.

Et je comprends que, de nos jours, tellement de jeunes sont représentés que les parents ont l’impression qu’ils vont manquer le bateau s’ils n’utilisent pas eux aussi les services d’un agent. La réalité est que ce n’est pas tous les joueurs qui en ont besoin.

Si tu es vraiment un espoir de premier plan, les grosses agences vont venir te voir. Tu n’as pas besoin d’accepter le premier venu et d’accepter n’importe quoi.

C’est quoi, un bon agent ?

Si un agent vous approche, voici ce que je vous recommande : écoutez et posez des questions. Demandez-lui pourquoi il s’intéresse à votre jeune et quel est son plan précis ainsi que les services qu’il s’engage à offrir.

Un bon agent, c’est quelqu’un qui va offrir un plan d’encadrement personnalisé, un psychologue sportif et un service de nutrition et qui est capable de t’envoyer dans une place où tu peux t’entraîner avec des entraîneurs qualifiés. Parfois, ils vont peut-être même débourser une partie des frais d’équipement.

Un bon agent, c’est aussi quelqu’un qui sera en mesure de placer le joueur au meilleur endroit possible pour son développement et qui n’aura pas peur de déroger du parcours normal pour aider le joueur à progresser.

De mon côté, j’ai commencé à travailler avec un agent lors de mon repêchage dans la LHJMQ, pas avant. Ça ne m’a pas empêché d’être un choix de première ronde dans le circuit junior québécois, avant de jouer sept saisons dans la LNH.

- Propos recueillis par Kevin Dubé

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