LNH: la loterie imparfaite


Marc de Foy
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Le résultat de la loterie de la LNH a de quoi réjouir les partisans des Blackhawks de Chicago. Si Connor Bedard remplit ses promesses, les Blackhawks pourront miser sur un joueur de concession pour les 10 à 15 prochaines années. Mais ça ne fait pas l’affaire de tout le monde.
Les mécontents accusent les Blackhawks d’avoir vidé leur formation pour obtenir les meilleures chances possibles de gagner le gros lot. L’été dernier, notamment, ils ont échangé Alex DeBrincat et Kirby Dach, âgés alors de 24 et de 21 ans respectivement.
DeBrincat était déjà un joueur établi. Quant à Dach, il ne progressait pas au rythme espéré. Mais ce n’était pas une raison pour s’en départir, a protesté son ancien coéquipier et capitaine Jonathan Toews.
Dach avait encore du temps devant lui et il l’a démontré à Montréal cette saison.
Bettman pas assez sévère
L’histoire ne s’arrête pas là.
Ils sont plusieurs à dire que Gary Bettman aurait dû déclarer les Hawks inadmissibles à la loterie en raison de l’affaire Kyle Beach.
Que le commissaire de la LNH ait imposé une amende de deux millions à l’organisation et forcé Stan Bowman et Joel Quenneville à démissionner des postes qu’ils occupaient lorsque le scandale a éclaté au grand jour ne suffit pas pour les contestataires.
Il faut se rappeler que Quenneville ne dirigeait plus les Blackhawks, mais plutôt les Panthers de la Floride.
Le président John McDonough, quant à lui, avait déjà disparu en douce.
Pour ce qui est du propriétaire Rocky Wirtz, il est difficile de croire qu’il n’était pas au courant de l’affaire, comme il l’a prétendu.
Carrière brisée
Priver les Blackhawks de leur premier choix au repêchage aurait été une sanction sévère, mais peut-être équitable dans les circonstances.
Le grand coupable dans cette sordide affaire, Brad Aldrich, qui était entraîneur au service vidéo, a hypothéqué la vie et brisé la carrière de Beach, lui-même un choix de première ronde en 2008.
C’est grave.
Les Blackhawks auraient dû être sanctionnés plus sévèrement pour leur absence d’empathie à l’endroit de Beach et pour avoir tout fait pour étouffer l’affaire.
Ils ont le cul béni !
Pas le premier
Bedard n’aura pas été le premier ni le dernier jeune joueur à faire l’objet d’une grande convoitise au repêchage.
Au début des années 2000, les Blackhawks, encore eux, ont glissé au classement pour faire le plein de sang neuf.
Ils ont pu repêcher Patrick Kane en première position et Jonathan Toews au troisième rang, sans oublier des joueurs comme Duncan Keith, Brent Seabrook et d’autres qui leur ont permis de remporter la Coupe Stanley à trois reprises, entre 2010 et 2015.
Les Penguins de Pittsburgh, avec Sidney Crosby et Evgeny Malkin, les Capitals de Washington avec Alex Ovechkin et Nicklas Backstrom et le Lightning de Tampa Bay, avec Steven Stamkos, Victor Hedman et Nikita Kucherov, sont repartis aussi à neuf pour atteindre le sommet.
C’est ce que le Canadien cherche à faire. Bâtir, on le sait, passe en très grande partie par le repêchage.
On peut toujours dire que le système a ses failles. La loterie est ce que la LNH a trouvé pour empêcher une organisation en difficulté de repêcher première à répétition. C’est mieux qu’à l’époque où il n’y en avait pas.
La bataille pour le grand Mario
Les moins jeunes se souviennent de 1984, l’année d’admissibilité de Mario Lemieux au repêchage.
Les Penguins de Pittsburgh et les Devils du New Jersey avaient tourné la LNH en ridicule en se battant de maladresse pour finir derniers dans un circuit qui comptait 21 équipes à ce moment-là.
Les Penguins avaient amassé 38 points contre 41 pour les Devils.
Lemieux s’est retrouvé à Pittsburgh, ce qui avait fait dire au directeur général, Eddie Johnston, que les Penguins venaient d’éviter la démolition du Civic Arena. Sans Lemieux, le domicile des Penguins aurait fait place à un terrain de stationnement, répétait le bon vieux Eddie.
Et qui les Devils avaient-ils choisi au deuxième rang ?
Kirk Muller, qui, neuf ans plus tard, aidait le Canadien à remporter sa dernière Coupe Stanley à ce jour.
Un troisième Rousseau à la Coupe Memorial ?
La finale de la Ligue de hockey junior majeur du Québec commençait, hier soir, au Centre Vidéotron. D’un côté, les Remparts, de l’autre, les Mooseheads d’Halifax, les deux premières équipes au classement général en saison régulière.
Que les meilleurs l’emportent !
Cette série revêt un cachet particulier pour la famille de William Rousseau, le solide gardien des Remparts. Si l’équipe de Patrick Roy l’emportait, William deviendrait le troisième membre de sa famille à prendre part au tournoi de la Coupe Memorial.
Son grand-père Robert, qui a porté les couleurs du Canadien pendant 10 saisons pour ensuite évoluer avec les North Stars du Minnesota (1 an) et les Rangers de New York (4 ans), a remporté la Coupe Memorial avec les Canadiens de Hull-Ottawa en 1958,
Le frère de Robert, Rolland, a pour sa part gagné le championnat du hockey junior canadien avec le Royal junior en 1950.
Un contrat pro ?
William connaît toute une saison.
Sa moyenne de 2,33 buts accordés pour l’ensemble de la saison régulière et des séries éliminatoires est actuellement la meilleure pour une saison dans l’histoire de la LHJMQ.
N’ayant pas été repêché, ses performances pourraient lui valoir une offre de contrat d’une organisation de la Ligue nationale.
On lui souhaite.
Au club de golf
Son père Pierre et son oncle Richard ont pris la relève de leur père Robert à la gestion du club de golf de Grand-Mère.
L’ancien numéro 15 du Canadien est atteint de la maladie d’Alzheimer. Il se porte encore relativement bien.