La loi 2 suspendue: Québec s’entend avec les médecins de famille
Patrick Bellerose et Alain Laforest
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Québec s’est entendu avec les médecins de famille. Le compromis trouvé sera «le changement le plus important» dans leur mode de rémunération depuis la création du régime d’assurance maladie, assure François Legault.
Les détails de l’entente demeurent secrets, jeudi, mais ces derniers jours le gouvernement Legault a semblé prêt à mettre de l’eau dans son vin.
À l’origine, la loi prévoyait des pénalités si les médecins échouaient à atteindre certaines cibles de performance tandis que le ministre de la Santé Christian Dubé réclamait la prise en charge de 1,5 million de patients orphelins. Mais cette semaine, le premier ministre évoquait soudainement des «avantages financiers» pour y arriver et tablait sur le nombre de 500 000 patients sans accès à un médecin ou à un groupe de médecine familiale (GMF).
La solution finalement retenue sera présentée vendredi matin aux membres de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) et le vote s’échelonnera sur les sept jours suivants.
«Si c’est accepté par les membres, parce qu’on va tous être prudents, ça serait le changement le plus important dans la rémunération des médecins de famille depuis l’instauration du régime d’assurance maladie», a déclaré François Legault jeudi matin.
L’entente serait positive à la fois pour les médecins, le gouvernement et les patients, a-t-il assuré, sans dire s’il avait concédé des sommes supplémentaires à la table de négociation.
Loi repoussée
Entretemps, l’entrée en vigueur de la loi 2, prévue le 1er janvier prochain, est repoussée. Le gouvernement Legault tentera de faire adopter vendredi un court projet de loi, avec l’accord des partis d’opposition, afin de reporter son application au 28 février 2026.
Ce délai lui permettra d’apporter les modifications prévues dans l’entente de principe avec la FMOQ. La suspension s’appliquera également aux membres de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), même si aucun accord n’a encore été conclu avec eux.
Dans une communication à ses membres jeudi matin, la FMSQ affirme avoir soumis la veille des «propositions» au gouvernement qui pourraient mener à la «conclusion d’une entente de principe rapidement».
Meilleure prise en charge
Par voie de communiqué, la FMOQ a dit accueillir «favorablement cette entente de principe, qui constitue une étape importante dans le contexte actuel».
Pour sa part, la présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, chargée de piloter les négociations, assure que le gouvernement a atteint ses objectifs, soit changer le mode de rémunération des médecins et augmenter la prise en charge.
À ses côtés, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a également affirmé que le compromis trouvé permettra de «renforcer la première ligne». «J’ai toujours dit que la loi 2 était perfectible et qu’on voulait prendre le temps de faire les ajustements nécessaires», a-t-il plaidé, sans dire si son gouvernement avait finalement reculé sous la pression.
Une loi mal-aimée
Québec avait mis le feu aux poudres dans la profession médicale en octobre dernier avec l’adoption, sous bâillon, d’un projet de loi pour lier 10% de l’enveloppe salariale à des cibles de performance, une approche qualifiée de médecine «fast-food».
Depuis, de nombreux GMF ont menacé de fermer leurs portes tandis que des médecins ont annoncé leur départ, soit pour la retraite, soit pour exercer dans une autre province.
- Avec la collaboration de Jean-Philippe Guilbault.
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