Tous les résultats
Publicité

La LNH au Canada et aux États-Unis: deux poids, deux mesures

Après 332 salles combles de suite, les Jets connaissent quelques ennuis aux guichets à Winnipeg.
Après 332 salles combles de suite, les Jets connaissent quelques ennuis aux guichets à Winnipeg. Photo d'archives, AFP
Photo portrait de Stéphane Cadorette

Stéphane Cadorette

2024-02-28T20:30:00Z

Partager

Quand les Jets de Winnipeg connaissent des baisses au niveau des assistances, c’est toute une histoire. Pourtant, quand les mêmes problèmes touchent les équipes américaines, la LNH fait la sourde oreille.

• À lire aussi: Patrick Roy a-t-il démarré une nouvelle mode dans la LNH?

• À lire aussi: LNH: les Sénateurs ont vécu l’une des soirées les plus embarrassantes de leur histoire

Ça brasse depuis quelques jours à Winnipeg. Il faut dire que c’est le copropriétaire Mark Chipman qui a lui-même allumé le feu en déclarant que «la situation dans laquelle on se trouve maintenant, ça ne fonctionnera pas à long terme».

Il est facile d’imaginer la frayeur des partisans des Jets, qui n’ont certainement pas envie que leur équipe chérie les quitte pour une deuxième fois après le départ douloureux de 1996.

Après une lune de miel d’une dizaine d’années avec plus de 13 000 détenteurs d’abonnements de saison, Winnipeg vit un premier creux. Le nombre d’abonnés a chuté à 9500 et la liste d’attente qui regroupait 8000 noms il n’y a pas si longtemps s’est évaporée.

Cette saison, les Jets attirent en moyenne 13 140 spectateurs au Canada Life Center. C’est 87,6% de l’aréna qui est donc rempli. Compte tenu du fait que l’équipe joue bien, la situation est évidemment préoccupante.

Publicité

C’est toutefois particulier que personne ne fasse de cas des Sabres de Buffalo, dont le KeyBank Center est rempli à 83,7%. Même indifférence du côté des Sharks de San Jose, avec leur SAP Center rempli à seulement 79,6%.

Faut-il vraiment parler des éternels ennuis des Coyotes? Ou du fait que des équipes comme les Panthers et les Hurricanes ont connu leur part d’assistances dégarnies avant de finalement voir la lumière?

À la dernière saison avant la pandémie, cinq clubs aux États-Unis attiraient moins de 15 000 spectateurs par match dans leur amphithéâtre. Pas besoin d’une rencontre au sommet dans ces circonstances. Les gradins clairsemés au sud de la frontière, c’est business as usual pour la LNH.

Pas de menace, mais...
En 2011, Gary Bettman avait averti les partisans de Winnipeg que leur aréna devrait être constamment rempli.
En 2011, Gary Bettman avait averti les partisans de Winnipeg que leur aréna devrait être constamment rempli. Photo d'archives, Agence QMI

On se souvient du ton menaçant de Gary Bettman quand les Jets sont déménagés d’Atlanta vers Winnipeg en mai 2011. Pour que l’équipe reste à long terme à Winnipeg, il faudrait que l’aréna soit plein tout le temps.

De passage à Winnipeg mardi, il a été beaucoup plus rassurant, il faut le dire. Dans le contexte, il fallait bien qu’il évite d’ajouter une bûche dans le feu.

Bettman a donc joué le rôle de cheerleader pour remonter le moral de tout le monde. Il a dit qu’il n’était pas en ville pour invoquer un potentiel déménagement, mais qu’il était simplement sur place en visite, par pur hasard. C’est vrai que Winnipeg en février a tout d’une destination prisée...

Publicité

Bref, le commissaire a encensé le marché de Winnipeg et calmé la crise, mais il est étonnant à la base que ce dossier ait fait tant de bruit.

Depuis le temps que la LNH se prête aux pirouettes les plus loufoques pour chanter les louanges du hockey en Arizona, il aurait été bien mal vu que Bettman pointe Winnipeg du doigt dès le premier signe de faiblesse.

Quand même, pensez-vous que si la situation devait perdurer pendant quelques années, Bettman afficherait la même patience légendaire qu’en Arizona? Poser la question, c’est y répondre.

Même si les marchés canadiens sont l’essence de ce que devrait être le hockey de la Ligue nationale, ils ne seront jamais défendus bec et ongles par la ligue comme peuvent l’être des canards boiteux qui ont l’insigne honneur d’évoluer sous les palmiers.

Et l’expansion?
Le propriétaire du Jazz de l'Utah dans la NBA, Ryan Smith, est ouvertement intéressé par un club d'expansion dans la LNH.
Le propriétaire du Jazz de l'Utah dans la NBA, Ryan Smith, est ouvertement intéressé par un club d'expansion dans la LNH. Photo d'archives, AFP

Cet amour indéfectible et même pas subtil des marchés américains se vit aussi lorsqu’il est question de l’expansion des cadres de la LNH.

Non seulement Bettman daigne à peine parler de Québec et quand il le fait, c’est en se pinçant le nez, mais il a souvent affirmé, en différents termes, qu’il valorisait avant tout la discrétion absolue. Il ne faudrait surtout pas que Québec dérange et manifeste son intérêt trop fort. Ce serait clairement déplacé.

Pourtant, quand Las Vegas et Seattle ont levé la main pour une équipe, c’était le signe d’un intérêt flatteur porté à la toute grande LNH.

À la fin de janvier, quand le groupe de Ryan Smith à Salt Lake City a formellement demandé à la LNH de lancer un processus d’expansion, on aurait pu croire que ce serait mal vu de débarquer avec de si gros sabots dans le country-club.

Et pourtant...

Non seulement la ligue a apprécié l’approche, mais on sentait que tout avait été habilement chorégraphié. Au point où la LNH a même senti le besoin de publier un communiqué faisant l’apologie du marché de Salt Lake City et témoignant sa hâte de poursuivre les discussions.

Québec n’a pas droit à la moitié du centième de tels égards.

Non, Gary Bettman et la LNH ne sont pas «anti-canadiens» comme plusieurs théories semblent le croire. Il est toutefois difficile de prétendre que les marchés canadiens et américains dansent sur le même pied devant leur grand manitou.

Publicité
Publicité