La Hongrie espère renouer avec les succès d'antan
Agence France Presse
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Avec un Premier ministre qui leur met la pression, un jeune capitaine prometteur et un entraîneur chevronné, les Hongrois portent des attentes élevées pour l'Euro-2024, qui pourraient toutefois être déçues dans le groupe A où trône le pays hôte.
« On est des hommes, des vrais. On y va pour vous battre, mes chers amis les Boches, les Suisses et Écossais en jupe », a tonné peu diplomatiquement dans les médias le nationaliste Viktor Orban, grand amateur de ballon rond.
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Selon lui, chaque rencontre en phase de poules peut tourner en faveur des Magyars. Invaincus depuis 14 matches, ils vont d'abord se frotter aux Helvétiques le 15 juin avant d'avoir à faire au redouté géant germanique le 19 puis à l'équipe d'Écosse le 23.
Après une quatrième place à l'Euro en 1972, la Hongrie a connu une longue éclipse jusqu'à son retour dans la compétition en 2016 - elle s'était alors hissée jusqu'aux huitièmes de finales.
Réussira-t-elle la même performance, ou même mieux?
Les experts appellent à tempérer les ardeurs. Comme Janos Hrutka, un ancien joueur pro devenu commentateur: « nos adversaires ont des joueurs qui évoluent dans les meilleurs championnats » d'Europe, rappelle-t-il.
L'Allemagne se démarque évidemment et la bataille sera serrée entre les trois autres pays pour engranger les points.
« L'Écosse a une équipe super physique dont le style de jeu n'est pas adapté au nôtre et la Suisse regorge d'éléments talentueux », détaille-t-il sans vouloir décourager ses compatriotes, qui ont aussi quelques atouts.
« Moment spécial »
Le sélectionneur Marco Rossi d'abord, qui a déjà décroché la qualification à deux Euros depuis qu'il est là. L'entraîneur d'origine italienne, 59 ans, est engagé à Budapest depuis 2018 et a été naturalisé l'année dernière.
« Cela fait maintenant six ans qu'il est là et la continuité que sa présence apporte joue énormément sur les performances de l'équipe nationale », estime le spécialiste.
Un collectif qu'il a patiemment constitué, sportif par sportif, en jouant la sécurité avec la défense en priorité. Stratégie payante: les résultats progressent depuis quatre ans et les Hongrois peuvent désormais se montrer « créatifs » et surprendre même en attaque.
Second point fort, le talentueux milieu de terrain de Liverpool Dominik Szoboszlai, 23 ans. Le plus jeune capitaine du tournoi a bien envie d'en découdre, après avoir manqué la messe en 2021 en raison d'une blessure.
« Szoboszlai n'est pas cantonné au côté droit ou gauche, il peut se déplacer sur le terrain et je pense que dans notre sport, c'est un avantage énorme », expliquait Marco Rossi lors d'une récente conférence de presse au centre d'entraînement de Telki (ouest).
« On est moins fixé sur nos positions maintenant et on privilégie davantage les interactions entre joueurs », dit-il.
Alors gare à la chute: le champion et d'autres joueurs clés sont « irremplaçables », note Janos Hrutka.
Si le capitaine est en forme pour mener ses troupes, atteindre les quarts comme certains l'espèrent ne serait pas un doux rêve de nostalgique des années en or, quand chacun plaçait le pays sur la carte du football.
De 1950 à 1954, les « Magyars magiques » régnaient sur le football mondial grâce à l'attaquant Ferenc Puskas, qui a donné en 2019 son nom à l'Arena de Budapest, pensée par Orban comme le symbole d'une renaissance du football hongrois.
En cas d'accession aux huitièmes de finale, Marco Rossi a promis de faire le tour du lac Balaton à vélo: 200 kilomètres de pure euphorie si la mission est accomplie.
« On va tout donner, on aimerait un moment spécial pour nos supporteurs mais bien sûr, cela ne dépend pas que de nous », sourit-il.