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La guerre tarifaire: le Canada face à l’arbitraire de Trump

Donald Trump
Donald Trump Photo AFP
Photo portrait de Yasmine Abdelfadel

Yasmine Abdelfadel

2025-03-04T16:30:00Z

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C’est officiel: la guerre tarifaire est lancée. Pas par nécessité économique, pas par stratégie commerciale, pas même pour défendre un quelconque principe. Non, cette offensive a été déclenchée au mépris des faits, de la réalité et d’une histoire commune vieille de plusieurs générations.

Donald Trump, fidèle à son style, ne fait pas dans la nuance. Il a choisi d’asphyxier économiquement ses plus proches alliés, dont le Canada, pour prouver une chose: sous son administration, la loyauté n’a aucune valeur. Ce qui compte, c’est l’instantanéité du rapport de force, la démonstration brutale de la domination.

Le Canada a tout tenté

Nos dirigeants n’ont pourtant pas ménagé leurs efforts. Ils ont investi des sommes colossales pour renforcer la frontière, multiplié les rencontres diplomatiques, envoyé délégation après délégation, nommé un «tsar du fentanyl» pour tenter d’apaiser les tensions, et même agité la menace de représailles. En vain. Face à une décision qui échappe à toute logique politique, stratégique, économique ou morale, nous nous heurtons à un mur.

Aujourd’hui, l’épée est tombée. Les sanctions tarifaires entrent en vigueur, et leur impact ne fera pas dans la dentelle. Le Canada ripostera bien sûr avec ses propres contre-tarifs, espérant infliger quelques douleurs aux industries américaines. Mais soyons clairs: ces mesures punitives frapperont aussi durement, sinon plus, notre propre économie.

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Une nouvelle réalité économique

Les conséquences seront immédiates. Il faudra soutenir les entreprises les plus exposées en leur offrant des liquidités et des stratégies de pivotement. Il faudra épauler les travailleurs qui perdront leur emploi, leur donner des alternatives concrètes, leur ouvrir de nouvelles portes. Trouver d’autres marchés. Réorienter notre économie.

Et surtout, il faudra ranger au placard nos ambitions de retour à l’équilibre budgétaire. Les finances publiques, déjà fragiles, encaisseront de plein fouet cette tempête commerciale.

Quelle réponse adopter?

Face à cette épreuve, deux écoles de pensée s’affrontent.

D’un côté, le gouvernement fédéral persiste à croire à la force des chiffres, des arguments rationnels, des appels à la raison. Il veut croire qu’avec assez de données et de diplomatie, Washington finira par comprendre son erreur.

De l’autre, Doug Ford adopte un ton résolument plus ferme. Il refuse de tendre l’autre joue et choisit de parler le seul langage que Trump respecte: celui de la force.

Et nous, où nous situons-nous? Continuons-nous à espérer un dialogue constructif, au risque de nous faire piétiner? Ou acceptons-nous que, face à un adversaire qui ne respecte que la confrontation, il faille frapper du poing sur la table?

Le choix est là. Et il n’est plus théorique.

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