Le conflit en Iran va frapper votre portefeuille dès cette semaine

Julien McEvoy
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Le conflit en Iran, c’est des bombes sur Téhéran et des familles dévastées, mais aussi un choc qui s’en vient à la station-service du coin.
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Depuis les frappes américano-israéliennes contre l’Iran samedi, les marchés pétroliers s’emballent. Le baril de Brent bondissait de près de 10 % lundi matin, frôlant les 80 $.
Avant même la reprise des marchés, des analystes anticipaient une hausse de 5 % à 15 % dès l’ouverture. Si le baril atteint 100 $, scénario jugé plausible par plusieurs experts, préparez-vous à payer entre 20 et 30 sous de plus le litre à la pompe.
Sur un plein de 60 litres, ça représente de 12 $ à 18 $ de plus à chaque arrêt.
Au cœur de la crise : le détroit d’Ormuz. Ce corridor maritime de 50 kilomètres de large, qui longe la côte iranienne, est le passage obligé de 21 millions de barils de pétrole par jour, soit près de 20 % de la consommation mondiale.
Deux pétroliers y ont déjà été touchés par des missiles en fin de semaine. Des dizaines d’autres navires se sont immobilisés à l’entrée, en attente.
Lundi matin, Carol Montreuil, vice-président de l’Association canadienne des carburants, a expliqué à Mario Dumont, sur les ondes du 99,5 Montréal, ce qui attend les consommateurs.
La hausse de prix à la pompe, c’est pour quand ?
« Il ne faudrait pas être surpris dans les prochains jours de voir un impact. La relation est assez directe entre le prix de la matière première et le prix à la pompe. Les compagnies fonctionnent sous le système qu’on appelle last in, first out : le dernier baril qui rentre, c’est le premier qui sort. Il n’y a pas de jeu d’inventaires. À la hausse ou à la baisse, ça se produit très rapidement. »
Le détroit d’Ormuz est techniquement encore ouvert. Les Québécois peuvent-ils se sentir rassurés ?
« Les gens ne comprennent pas pourquoi les bateaux ne passent plus. Les coûts d’assurance, dans les derniers jours, ont augmenté d’environ 100 000 $ par voyage, de 250 000 $ à 350 000 $ pour assurer un seul transport. Les compagnies d’assurances avisent les transporteurs, et les transporteurs disent à leur capitaine : les bateaux restent garés au port. Donc, même si le détroit est techniquement ouvert, en pratique, il n’y a personne qui va s’aventurer là. »
Le Canada produit son propre pétrole. Sommes-nous à l’abri ?
« Le Canada est un très grand producteur, les États-Unis aussi. Donc très peu de pétrole du Proche-Orient vient chez nous. Par contre, tous les marchés sont connectés. Les pays asiatiques (Chine, Inde, Japon) vont aller cogner à la porte d’autres pays pour remplacer leurs approvisionnements. C’est le jeu des vases communicants. Ce n’est pas parce qu’il manque nécessairement de barils dans le monde, mais c’est l’accessibilité à ces barils dans un délai acceptable qui va affoler les marchés et faire monter les prix. La hausse que l’on voit ce matin n’est peut-être pas la dernière. »
Cette entrevue a été condensée et éditée à des fins de clarté.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :