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La guerre de l'Arctique: la Chine veut une route et un port dans nos eaux arctiques

De telles infrastructures renforceraient la présence de ce pays chez nous

Pour asseoir ses ambitions arctiques, la Chine pousse ses citoyens les plus fortunés à faire du tourisme le long de la «route de la soie arctique», comme ici au Pôle Nord. Un touriste sur trois en Arctique et en Antarctique est désormais Chinois.
Pour asseoir ses ambitions arctiques, la Chine pousse ses citoyens les plus fortunés à faire du tourisme le long de la «route de la soie arctique», comme ici au Pôle Nord. Un touriste sur trois en Arctique et en Antarctique est désormais Chinois. Photo Shutterstock, MAXIMILLIAN CABINET

Anne Caroline Desplanques, Ninon Pednault, Bureau d'enquête

2023-02-12T21:00:00Z
2023-02-13T00:45:30Z

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Une compagnie détenue par le gouvernement chinois veut développer une route et un port en Arctique pour exploiter un des plus importants gisements de zinc et de cuivre du Canada. 

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MMG Ressources, une entreprise détenue par la China Minmetals, lorgne depuis plus d’une décennie le développement d’une gigantesque route arctique de plus de 600 kilomètres reliée à ce qui deviendrait le tout premier port en eau profonde au cœur du très stratégique passage du Nord-Ouest, au Nunavut.

Ce projet nommé Grays Bay permettrait à l’entreprise de développer des mines au cœur d’une formation géologique extrêmement riche en minéraux et en métaux, la province géologique des Esclaves, dans les Territoires-du-Nord-Ouest.

Mais des experts craignent que cela facilite aussi les activités militaires et de surveillance de la Chine.

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Pour le moment, le secteur est sous-développé puisqu’aucune route ne permet d’y accéder et aucun port à proximité n’assure une porte de sortie pour l’exportation. 

Les Inuits font du lobby depuis plus de 30 ans auprès d’Ottawa pour le corridor Grays Bay.

Intérêt pour la marine

«Cet énorme projet est très important sur le plan économique», indique Clara Evalik, vice-présidente du développement économique de l’Association de développement inuite de Kitikmeot (KIA), «mais aussi pour la marine qui protège nos eaux côtières tout au long du passage du Nord-Ouest.»

Actuellement, la marine canadienne ne dispose d’aucun port en eau profonde pleinement opérationnel dans le passage du Nord-Ouest, un chenal qui permet de relier l’océan Pacifique à l’Atlantique Nord en traversant l’archipel arctique. 

L’installation navale de Nanisivik, au nord de l’île de Baffin, dans laquelle Ottawa a englouti des millions de dollars, ne sera pleinement opérationnelle que quatre semaines par an à la fin des travaux en 2025, d’après la vérificatrice générale du Canada, Karen Hogan. Or, s’inquiète Mme Hogan, le trafic maritime dans le secteur a plus que triplé depuis 1990 en raison de la fonte de la banquise.

  • Écoutez l'entrevue avec Anne-Caroline Desplanques, journaliste à l’émission de Sophie Durocher diffusée chaque jour en direct 15 h 15 via QUB radio :

Des milliards de dollars

Mais Grays Bay n’est pas donné. La portion du projet située au Nunavut est évaluée à 500 millions $, tandis que celle dans les Territoires-du-Nord-Ouest grimpe à 1,1 milliard $. En août 2020, Ottawa, les deux territoires et KIA se sont engagés à fournir 60 millions $.

L’ex-grand patron de MMG, Geoffrey Gao, retourné ensuite dans le giron de la China Minmetals, a applaudi l’annonce, déclarant qu’elle était «clef» pour ouvrir un corridor qui abrite «un des dépôts de zinc et de cuivre les plus attractifs au monde».

Mais l’entreprise en veut plus. Combiné au développement des multiples mines du secteur, MMG estimait en 2012 que 6,5 milliards $ d’investissement seraient nécessaires pour pleinement tirer profit des ressources du secteur.

La compagnie alimentée directement par les banques chinoises est prête à couvrir 25 % de la note, mais réclame que les contribuables canadiens assument le reste.

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