La guerre de l'Arctique: la Chine convoite aussi notre territoire nordique

Anne Caroline Desplanques et Ninon Pednault
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De plus en plus de pays non arctiques revendiquent une part du pôle Nord. Parmi eux, le plus vocal et le plus puissant est la Chine.
Ce pays est celui qui inquiète le plus le colonel Pierre Leblanc, ancien commandant de la Force opérationnelle interarmées (Nord) du Canada.
«Ça ne me surprendrait pas que sous peu les flottes de pêche chinoises viennent pêcher dans nos eaux, avec la protection de la marine chinoise ou de la garde côtière chinoise, chose qu’ils ont faite d’ailleurs au Vietnam», dit-il.
Et les chalutiers chinois pourraient bien profiter des limites de nos capacités de surveillance et d’intervention dans nos eaux glacées.
Outre les poissons et les fruits de mer, dont regorge le secteur, la Chine s’intéresse aussi aux minerais et aux routes maritimes polaires, indique Guy Saint-Jacques, ambassadeur du Canada à Pékin de 2012 à 2016.
DÉTROIT DISPUTÉ
L’Empire du Milieu a d’ailleurs publié un guide de navigation du passage du Nord-Ouest, un chenal stratégique au cœur de l’archipel arctique canadien que le Canada n’a pas lui-même complètement cartographié.
«Ça a été fait sans consultation du gouvernement canadien, ça a pris pas mal de gens par surprise», indique le professeur Marc Lanteigne de l’Université Arctique de la Norvège.
Pour M. Saint-Jacques, «c’était à des fins de reconnaissance pour bien connaître le terrain, bien connaître les conditions avec l’idée que ça pourrait être utile à l’avenir si on veut transiter ou aller chercher des ressources».
ROUTE DE LA SOIE POLAIRE
L’ex-ambassadeur explique que l’objectif du président chinois, Xi Jinping, est que son pays soit la première puissance mondiale d’ici le centième anniversaire de la Chine moderne, en 2049.
Pour y parvenir, Pékin a élaboré l’initiative Ceinture et Route. Cette nouvelle route de la soie consiste en un réseau mondial d’infrastructures terrestres et maritimes qui permettent à la Chine de s’approvisionner en matières premières partout sur la planète et d’exporter globalement ce qu’elle produit. Un volet de cette route inclut l’Arctique.
La Chine est d’ores et déjà très présente de l’autre côté du pôle, en Russie. Elle est le principal partenaire économique de Moscou dans le développement d’infrastructures et l’exploitation de gisements en Sibérie. Les deux pays mènent aussi des exercices militaires communs dans la région.
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