«La Grande Séduction» inversée: de Harrington Harbour à un match du Canadien
«Un voyage spécial avec mon fils dont je vais me souvenir pour le reste de ma vie»


Benoît Rioux
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Vous vous souvenez du film La Grande Séduction? Un père et son fils ont fait le chemin inverse à celui du docteur Christopher Lewis, partant du petit village de Harrington Harbour pour se rendre à Montréal, jeudi soir, afin d’assister au match opposant le Canadien à l’Avalanche du Colorado.
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Le vaillant Kelly Bobbitt, âgé de 54 ans et employé de la Coopérative communautaire de fruits de mer là-bas, a donc quitté l’île Harrington en motoneige, mercredi matin. Il a ensuite pris cinq vols consécutifs en avion durant cette même journée, en compagnie de son fils Miguel, avant d’arriver dans la grande région de Montréal en fin de soirée. D’abord de Chevery à Natashquan, puis de Natashquan à Sept-Îles. Avant de se rendre à Québec, il fallait passer par Baie-Comeau. Le dernier vol fut celui entre Québec et l’aéroport de Saint-Hubert, sur la Rive-Sud de Montréal.

«Nous sommes un peu fatigués, mais c’est un voyage spécial avec mon fils dont je vais me souvenir pour le reste de ma vie, a-t-il témoigné. C’est beaucoup d’excitation.»
Une première fois pour Miguel
Miguel Bobbitt, 19 ans et grand amoureux de hockey, avait évidemment les yeux pétillants pendant la partie, lui qui assistait à un match de la LNH pour la première fois de sa vie. Son père avait déjà vécu l’expérience à une reprise, il y a près de 30 ans, à Buffalo.
«C’est incroyable!» s’est exclamé le plus jeune, lorsque rencontré au terme de la deuxième période, alors que le Canadien menait déjà par le pointage de 5 à 2.

Le hasard a bien fait les choses pour ces gagnants d’un concours organisé par le transporteur aérien Air Liaison, qui dessert notamment la Côte-Nord et la Basse-Côte-Nord. Si l’Avalanche portait les couleurs des Nordiques pour l’occasion, le paternel se décrit justement comme un ancien partisan du club de Québec, à l’époque des frères Stastny. Miguel s’était d’ailleurs acheté un jersey des Nordiques pour la partie.
«Personnellement, je suis un partisan des Oilers d’Edmonton et de Connor McDavid, a-t-il expliqué avec un sourire en coin. Pour ma première fois, je me trouve très chanceux de voir jouer une équipe dans l’uniforme des Nordiques, surtout avec Nathan MacKinnon et Cale Makar.»
Des souvenirs du tournage
Durant la victoire de 7 à 3 du Canadien contre l’Avalanche, le jeune Miguel a finalement pu admirer davantage les prouesses de Nick Suzuki, qui a mené l’équipe montréalaise avec deux buts et une mention d’aide. Lane Hutson et Ivan Demidov ont aussi contribué au succès avec chacun deux passes. MacKinnon a pour sa part terminé la rencontre avec un différentiel de -3.
Quoi qu’il en soit, ce fut en quelque sorte une soirée La Grande Séduction, mais à l’envers. À propos du célèbre film québécois, sorti en 2003, Kelly se souvient encore très bien du tournage, alors que le village avait été temporairement renommé Sainte-Marie-la-Mauderne.

«Je m’étais même impliqué un peu avec la production, a-t-il noté. Pour la scène où un match de cricket était organisé, j’avais aidé à transporter les choses, en bateau, sur la petite île d’à-côté et j’avais moi-même installé, en partie, le jeu de cricket.»
Parmi ses autres anecdotes, Kelly mentionne que sa tante Betty avait même joué un rôle muet dans le film, incarnant le personnage de Marlène Giroux, membre de la famille du «guichet automatique» incarné par Benoît Brière.