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La France franchit la barre des 100 000 morts

Un patient infecté par Covid-19 repose dans un lit de l'unité de soins intensifs de l'hôpital Saint Camille, à Bry-Sur-Marne, le 15 avril 2021.
Un patient infecté par Covid-19 repose dans un lit de l'unité de soins intensifs de l'hôpital Saint Camille, à Bry-Sur-Marne, le 15 avril 2021. Photo AFP

Agence France-Presse

2021-04-15T18:00:12Z

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La France a dépassé jeudi le lourd bilan de 100 000 morts depuis le début de la pandémie de COVID-19, en pleine troisième vague qui dure et laisse ouvertes les questions sur une réouverture du pays à partir de la mi-mai.

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«Nous n'oublierons aucun visage, aucun nom», a assuré le président Emmanuel Macron dans un message sur Twitter.

«Depuis le début de la pandémie, 100 000 Françaises et Français ont succombé au virus. Nous avons tous une pensée pour leurs familles, leurs proches, pour les enfants qui ont perdu un parent ou un grand-parent, les fratries endeuillées, les amitiés fauchées», a réagi le président français.

Le nombre de personnes atteintes de COVID dans les services de réanimation du pays a continué à progresser, à 5924 patients, soit 22 de plus que la veille.

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Un tel niveau de patients en réanimation n'avait plus été atteint depuis la première vague de l'épidémie en avril 2020, où plus de 7000 personnes étaient en soins critiques.

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En franchissant cette barre symbolique, le pays rejoint en Europe la Grande-Bretagne (127 000 morts) et l'Italie (115 000 morts), mais d'autres pays (Belgique, Portugal) ont une mortalité plus élevée par habitant.

«Toutes nos forces sont jetées dans la bataille contre l'épidémie (...) mais viendra évidemment ce moment de l'hommage et du deuil pour la Nation», a assuré mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

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Malgré la violence de la première vague (près de 30 000 morts entre mi-mars et mi-mai 2020), la grande majorité des décès sont survenus depuis fin octobre (environ 65 000), conséquence d'une deuxième vague qui ne s'est jamais échouée, puis d'une nouvelle forte reprise épidémique durant l'hiver, portée par le variant anglais plus contagieux du coronavirus.

Et si la vaccination massive dans les établissements pour personnes âgées a porté ses fruits, près de 300 morts s'ajoutent encore chaque jour à l'hôpital en avril.

«La troisième vague n'est pas derrière nous», a prévenu Gabriel Attal. «Le pic des hospitalisations n'a pas encore été atteint, cela signifie que nous avons encore devant nous des jours très difficiles», a-t-il ajouté.

Les embûches sont encore nombreuses. Cette semaine, la France a fermé à la hâte les liaisons aériennes avec le Brésil, en raison des inquiétudes autour du variant P1, considéré comme plus dangereux, mais encore très minoritaire en métropole. D'autres pays vont suivre, assure le gouvernement.

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Et au moment où les premières 200 000 doses du vaccin Johnson & Johnson viennent juste d'être livrées, l'annonce du fabricant américain de retarder son déploiement en Europe met un point d'interrogation sur les quelque 350 000 autres doses qui devaient être reçues fin avril.

Rare bonne nouvelle, la France va bénéficier d'au moins sept millions de doses de plus du vaccin Pfizer/BioNTech au 2e trimestre, ont annoncé mercredi plusieurs membres du gouvernement, conséquence d'une accélération des livraisons à l'Union européenne.

Dans ce contexte, la France pourra-t-elle suivre à la mi-mai, comme promis par le président Emmanuel Macron, l'exemple de la Grande-Bretagne, qui a rouvert ses terrasses cette semaine, ou de la Belgique, qui a prévu de le faire le 8 mai ?

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Le chef de l'État réunit une partie du gouvernement jeudi soir sur ce sujet. Au menu également, la réouverture progressive des lieux culturels, sous cloche depuis plus de cinq mois.

Restaurants, bars et salles de sports attendent aussi de savoir quand ils pourront accueillir du public en intérieur, alors que l'ensemble de la population vit de nouvelles vacances confinées, avec couvre-feu à 19h et télétravail obligatoire quand c'est possible.

Sur le front de la COVID-19, la situation tarde à s'améliorer. Mais les services de psychiatrie pour enfants, en manque d'effectifs en temps normal, sont aussi débordés, a pu constater le président Macron mercredi lors d'une visite dans un hôpital à Reims (Est).

Il a annoncé la mise en place d'un «forfait psy», qui permettra le remboursement à 100% de 10 séances de psychologue en ville pour les 3-17 ans.

Avant l'échéance de la mi-mai, une autre se profile le 26 avril, le retour à l'école des enfants dans le primaire, après trois semaines de fermeture.

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