La Finlande rêve de battre la Suède
Les victoires sont rares quand les meilleurs hockeyeurs au monde sont impliqués


Dave Lévesque
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On parle de la rivalité qui oppose le Canada et les États-Unis, mais celle entre la Suède et la Finlande n’est pas piquée des vers non plus.
Comme les deux pays nord-américains, les Suédois et les Finlandais partagent une frontière, ce qui fait que la rivalité est parfaitement naturelle, même que si l’on se fie à Filip Forsberg, ça transcende le hockey.
«C’est une rivalité qui remonte pratiquement à l’époque médiévale», assure-t-il.
«Il y a toujours eu une rivalité quand j’étais jeune, peu importe le sport dont il est question», confirme le Finlandais Anton Lundell.
Et le match de samedi après-midi entre les deux équipes en rajoute une couche puisque la Suède a un point et la Finlande n’en a pas. La victoire est essentielle pour les deux nations. En plus, le match sera présenté à 13h, heure de Montréal, soit à heure de grande écoute un samedi soir dans les deux pays nordiques.
Longue attente
Selon le site TheSports.org, la Suède a un léger avantage sur la Finlande, historiquement, avec une fiche de 63-57-9 depuis 1910. Les Suédois ont remporté onze Championnats du monde et deux titres olympiques, tandis que leurs voisins ont quatre victoires au Championnat du monde et ont obtenu l’or olympique une seule fois.
Ce qui frappe cependant l’esprit, c’est que la dernière victoire finlandaise lors d’une compétition qui réunit les meilleurs hockeyeurs au monde remonte à la ronde de quarts de finale des Jeux olympiques d’hiver de 1998, à Nagano.
Depuis, les Finlandais ont essuyé des revers contre la Suède lors de la finale des Jeux de Turin en 2006, en phase de groupe des Jeux de Vancouver en 2010, en demi-finale des Jeux de Sotchi en 2014 et en phase de groupe de la Coupe du monde de 2016.
La dernière victoire de la Finlande contre la Suède dans une compétition d’envergure remonte à la phase de groupe des Jeux de Beijing, en 2022, mais les joueurs de la LNH n’y étaient pas. Depuis, les Finlandais ont perdu trois fois contre les Suédois lors du Championnat du monde de hockey.
Un souvenir
Quand on demande à Mikko Rantanen quel est son souvenir de jeunesse relié à cette rivalité, il en évoque deux.
«C’était avant ma naissance, mais j’ai beaucoup entendu parler du Championnat du monde de 1995, la première médaille d’or remportée par la Finlande, et ensuite en 2011, j’avais neuf ou dix ans. Chaque fois, c’était contre la Suède et en 1995, la compétition avait lieu en Suède.
«Il y a aussi les Jeux olympiques de 2006. Ce n’est pas mon plus beau souvenir parce que la Suède a gagné en finale, mais je me souviens de la façon dont l’équipe a joué tout au long du tournoi.»
Dans le contexte, on comprend mieux pourquoi Rantanen compare ces rencontres à un match numéro sept en séries éliminatoires.
Des frères
La rivalité s’inscrit dans un contexte régional et est peut-être alimentée par un certain complexe d’infériorité des Finlandais, qui sont coincés entre la Suède, à l’ouest, et la Russie, à l’est.
«C’est une rivalité amour et haine fraternelle qui dure depuis longtemps entre les deux pays, comme un grand frère et un petit frère», précise l’entraîneur suédois Sam Hallam, sans indiquer quel rôle est joué par chacun des pays.
«Les Finlandais et les Suédois commencent à s’affronter à 16 ans sur la scène internationale, alors une fois qu’ils sont rendus chez les séniors, les gars se sont affrontés 20 ou 25 fois», ajoute Hallam.
Cette lecture de la situation est partagée par Lucas Raymond, qui aime cette rivalité.
«La rivalité se construit alors que nous sommes tous jeunes et habituellement, ça donne des matchs amusants pour les spectateurs et nous.»