La fin pour Rafael Nadal, le guerrier hors-norme: revivez sa carrière en 14 chiffres spectaculaires

Jessica Lapinski
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La nuit parisienne était fraîche, même si le printemps flirtait à ce moment avec l'été. Dans les estrades du central Philippe-Chatrier, les manteaux faisaient légion, les jolies robes et les chemises élégantes ayant été laissées au placard. Et sur le court, devant un Novak Djokovic au sommet de son art, un Rafael Nadal meurtri, bien plus qu'on ne le croyait à ce moment, était pour une rare fois le négligé sur sa terre.
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Nous aurions pu choisir une dizaine de moments phares de la carrière de l'Espagnol pour nous remémorer sa légende, mais c'est cette nuit de juin que nous avons voulu raconter. Une nuit où, sur un seul pied, l'autre étant gelé pour faire taire la douleur, Rafa a vaincu le Djoker en quarts de finale, pour finalement s'adjuger son 14e et ultime titre sur l'ocre de Roland-Garros quelques jours plus tard.

C'est peut-être parce que Le Journal y était que nous avons opté pour ce moment précis. Nous aurions aussi pu jeter notre dévolu sur cette finale de Wimbledon en 2008 contre Roger Federer (la finale de toutes les finales!), celle des Internationaux d'Australie, quatre ans plus tard contre Novak Djokovic, ou son premier titre à Paris, en 2005, à seulement 19 ans.
Nadal, le conquérant
Mais cette nuit de juin 2022 résume à la fois la résilience et l'inébranlable esprit de conquérant de Rafa. Nadal ne souhaitait pas jouer pendant la séance de soir de Roland-Garros, une nouveauté cette année-là.
Le temps plus frais n'avantageait pas son jeu sur terre battue. Il n'aidait pas son corps meurtri par sa longue carrière et son style spectaculaire, mais tellement exigeant.
Amazon avait toutefois les droits sur ce match en France et c'est la plateforme de diffusion qui a tranché. Le clash Nadal-Djokovic, le 59e de leur rivalité, allait être diffusé à heure de grande écoute.
Et dans la nuit, sur un seul pied, c'est l'Espagnol de 36 ans qui l'a emporté en quatre manches sur le Serbe d'un an son cadet.
En simple, en double ou sur le banc?
Cette semaine, à Malaga, à l'occasion de la Coupe Davis, Nadal tirera le rideau sur une carrière qui l'a vu s'ériger comme le meilleur joueur de terre battue de l'histoire et l'un des plus dominants toutes surfaces confondues. Nous vous présentons d'ailleurs quelques chiffres marquants ci-bas.
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Une carrière auréolée de 22 titres du Grand Chelem, mais aussi de blessures redoutables, qui auraient maintes fois pu le forcer à jeter l'éponge beaucoup plus tôt.
Cette fois, le corps n'en peut plus. Nadal s'en doutait depuis un moment: il n'a presque plus joué depuis ce triomphe de 2022. Lors de ses dernières sorties, nous n'avons pu qu'entrevoir le grand champion qui s'est battu sur chaque point pendant presque 23 ans.

D'ailleurs, l'Espagnol ne sait même pas s'il foulera réellement le terrain avec l'équipe espagnole cette semaine. Jouera-t-il en simple, en double, les deux ou pas du tout?
Nadal n'a pas voulu répondre devant la centaine de journalistes de partout dans le monde venus l'écouter en conférence de presse, lundi, à la veille de la rencontre face aux Pays-Bas (à 11h, heure du Québec).
Son plus bel au revoir
Une chose est sûre: si sa grande carrière sera assurément soulignée en grande pompe durant le tournoi, il faudra attendre le dernier point disputé par l'Espagne avant de vivre les célébrations. C'est Rafa qui en a fait la demande.
«Mon plus bel au revoir serait la joie de gagner avec tout le monde. [....] Mais si je suis sur le court, j'espère pouvoir contrôler mes émotions. Je ne suis pas ici pour prendre ma retraite. Je suis ici pour aider l'équipe à gagner», a-t-il déclaré pendant que son capitaine, David Ferrer, affirmait qu'il révélerait sa formation une heure avant l'affrontement, comme le font les autres pays.

Pour gagner ce fameux titre, aux côtés notamment de Carlos Alcaraz, l'héritier du trône du roi du tennis espagnol, son pays devra d'abord vaincre les Néerlandais, mardi, puis peut-être le Canada, vendredi, avant d'accéder à la finale de dimanche.
Dans ce qui serait, bien sûr, un scénario digne de Hollywood.
Mais, pour Rafa, les films sont une chance, le tennis en est une autre. «Il n'y a pas de fin idéale, a-t-il soulevé. Les fins idéales se produisent généralement dans les films américains.»
– Avec l'AFP
Sa légende en 14 chiffres
14
C'est évidemment LE chiffre qui vient en tête quand on évoque la légende de Rafael Nadal. Ses 14 triomphes à Roland-Garros, le plus grand nombre de victoires dans un seul tournoi majeur. À titre comparatif, chez les hommes, celui qui suit à ce chapitre, Novak Djokovic, a remporté 10 fois les Internationaux d'Australie.

112-4
La fiche de victoires et de défaites de Rafa à Roland-Garros, entre sa première participation en 2005 et son ultime cette année. À cela s'ajoute une défaite par forfait, au troisième tour, en 2016.
37
Le total de manches perdues par l'Espagnol au fil de ses 116 matchs disputés à Paris. À trois reprises seulement, il a été poussé à la limite des cinq sets par un rival. Du lot, on retrouve un certain Félix Auger-Aliassime, en ronde des 16, il y a deux ans.
22
Le nombre de titres en Grand Chelem de Nadal, le deuxième plus haut total en simple chez les hommes, derrière Djokovic et ses 24. Il a remporté son premier à Roland-Garros, en 2005, à 19 ans, et son dernier sur cette même terre battue, en 2022, à 36 ans.

117,4
C'est le total, en millions de dollars américains, des bourses que le Taureau de Manacor a récoltées depuis ses débuts chez les professionnels, en 2001. Une somme de 164,5M$ en devises canadiennes. Du lot, 26,8M$US (37,5M$ canadiens) ont été remportés à Roland-Garros.
92
Le nombre de trophées en simple remportés par Nadal au fil de sa carrière. Il se classe au cinquième rang à ce chapitre sur l'ATP, derrière Jimmy Connors (109), Roger Federer (103), Djokovic (99) et Ivan Lendl (94). Outre ses 14 triomphes à Roland-Garros, il a aussi remporté 12 fois le titre à Barcelone.
36
Nadal a remporté 36 titres de la série Masters 1000, la plus prisée derrière les quatre épreuves du Grand Chelem. À ce chapitre, il n'est devancé que par Djokovic, qui en détient 40. Du lot, il en a gagné 11 sur la terre battue de Monte-Carlo et 10 sur celle de Rome.
227
Le total de défaites que l'Espagnol a essuyées en simple en 23 ans sur le circuit, sur 1307 matchs. Cela signifie qu'à 1080 occasions, il a quitté le court dans la peau du vainqueur.
81
C'est le nombre de victoires consécutives de Nadal sur terre battue, une séquence qui a duré d'avril 2005 à mai 2007. Il s'agit de la plus longue de l'ère moderne sur une même surface.
4
Le total de tournois majeurs que Nadal a remportés sans perdre une manche, ce qui constitue aussi un record. Il a réussi l'exploit en 2008, en 2010, en 2017 et en 2020, chaque fois à Roland-Garros.
5
Rafa fait partie des cinq hommes de l'ère moderne qui ont remporté, au cours de leur carrière, les quatre titres du Grand Chelem. Il figure aux côtés de Rod Laver, d'Andre Agassi, de Djokovic et de Federer. Outre ses 14 titres à Roland-Garros, il a raflé quatre fois le trophée à l'US Open, deux fois à l'Open d'Australie et deux fois à Wimbledon.
209
C'est le total de semaines que Nadal aura passées au sommet du classement de l'ATP dans sa carrière, ce qui représente le sixième plus haut total de l'histoire. Il est aussi demeuré au premier rang mondial durant 56 semaines consécutives, ce qui le place au 12e échelon. Il est le seul joueur à avoir été numéro 1 dans trois décennies différentes (2000, 2010 et 2020).
2
Le nombre de médailles d'or olympiques remportées par le Majorquin. Il a mis la main sur le titre en simple à Pékin, en 2008, puis sur celui en double à Rio, en 2016, aux côtés de Marc Lopez.
5
Et pour les amateurs de tennis québécois, en voici un dernier: c'est le nombre de titres que Nadal a raflés à Montréal (2005, 2013, 2019) et à Toronto (2008, 2018). Un seul homme a fait mieux que lui: Ivan Lendl, avec six.